‹ Histoire de CharlemagneChapitre 12 sur 110 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

nique est rédigée sur les traditions et les chansons de gestes mêmes. Lii seconde source dont je veux parler, ce sont précisément les grands poèmes de chevalerie; ici se trouve une abondance de noms propres, de familles, de barons qui ont secondé, trahi ou glorifié Charlemagne; le prince n'est jamais seul; entouré du conseil de ses leudes, de ses hommes de guerre, il prend fies avis, il ne marche aux batailles (pie d'après les résolutions générales de ses cours plénières: il y a des familles entières qui se vouent aux actions héroïques, d'autres à la trahison. L'es récits font ainsi mouvoir autour de Charlemagne une multitude de comtes, de barons, qui lui servent de cortège.

Dans les grandes chroniques, quelques noms de paladins sont cités, et le premier en tète de tous, c'est Roland ; les textes le fout seulement comte et gardien des marches de Rretagne; ils le nomment llutland, et disent de lui que c'était un homme tort; il reçoit plusieurs missions pour réprimer le peuple de Bretagne et meurt à Roncevaux. Il est question également dans les chroniques d'un comte du nom de Bernard, oncle de Charlemagne, paladin d'expérience et de tactique; son neveu lui confie une partie du commandement de l'année qui passe les Alpes contre les Lombards; c'est lui qui conseille de la diviser en deux corps qui franchissent le Mout-Ccnis et le mont Joux en même temps.

CHARLKMAGNE.

Il se trouve aussi un autre paladin du nom de Renaud ou Kegnold; il reste obscur; rien ne se rattache à lui qui puisse inspirer l'idée du Ken and de M on tau ban des vielles et poétiques légendes.

On trouve encore parmi les comtes de Charlemagne cités par les chroniques un Hunibert, qu'elles (ont comte de Bourges et qu'elles remplacent par Estou r m i : Au b o uins est comte de Poitiers: (iuibaud, de Périgueux: 1 tiers, de Clermont; Poulie, du Puy; Orson prend le gouvernement de Toulouse; Aimes, d'Albi; Poard de Limoges*). Ce devaient être tous des hommes de guerre d'importance et île valeur; car Charlemagne leur partage le gouvernement des Aquitaines. Etvlin le moine de Saint-Gall a conservé des traces de la vie d'Ogier le Danois, un de ces capitaines sans doute nés parmi les nations Scandinaves, et qui vinrent offrir leur service à Cliarlemagne. D'après le chroniqueur de Saint-Gall, Ogier, alors eu Cuite, s'est retiré au milieu de la nation des Lombards: il a redouté la présence et le courroux de son suzerain.

*) C'est l'astronome limousin qui nous fuit connaître luus ces noms: Cliarlemagne envoya, dit-il, a Bourges d'abord Ilmnbert, puis Estourmi (Simonin u m ) ; à Poitiers, Animions (Abboneml; à Pêiigueux, (iuibaud (Widbodmn); à Clerniont, Iliers; au l'uy, Boulle (Bu Muni); à Toulouse, Orson ( Cbo rs o n e m) ; à Bordeaux, Séguin (Siguinum); à Albi, Aimes (Aimonein); à Limoges enfin, Uoard (U o tg ar i uni),"

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