chapitre m
îïtabie du clergé tel que nous le montrent les lois et les capilulaires.
Les compagnons d'armes de Charlemagne prennent tous le titre de pairs et barons de l'empereur; les poèmes des trouvères, comme toujours, confondent les dates; écrits aux XJI« et Xlllc siècles, vers les temps de Philippe-Auguste ou de son successeur, ils sont restés empreints des institutions de l'époque où ds lurent composés. Il n'y avait pas de pairs sous Charlemagne et sous aucun des Carlo vingiens : le baronnage (éodal n'était pas né encore avec la tenure, il n'y avait ni pairs laïques, parce qu'il n'existait encore ni ducs de Normandie, de Guyenne ou de IJouigosue, ni comtes de Champagne, de Flandre et de Toulouse; il n'y avait pas non plus de pairs ecclésiastiques, parce (pie la hiérarchie des archevêchés et des évùcliés ne s'était point organisée dans les conditions féodales. Il en était alors des trouvères qui transportaient les idées d'un temps dans un autre, comme des enlumineurs d'images qui costumaient avec les vêtements du siècle dans lequel ils vivaient les personnages du Vieux et du Nouveau Testament. Ainsi le mot de baron ou de pair des vieilles conquêtes carloviugiennes ne doit pas être pris dans un sens autre que celui de compagnons des batailles du suzerain: le comte Koland ne lut pas un pair du roi comme le duc de Normandie sous saint Louis ou sous
Philippe le Bel, mais un graff d'origine germanïqtie ou bretonne à la manière des Francs de Clovis et des Mérovingiens. Cliarleinagne réunissait tout ce qu'il y avait de tribus flanques sous sa main: Bourguignons, Neustriens, Auslrasiens, Bretons, Aquitains; chacune de ces races était représentée par quelques héros particuliers, devenus depuis les sujets des poèmes épiques et nationaux.
t'es Forces de nations sous la main de Cliarleinagne étaient considérables; les prises d'armes tumultueuses se taisaient après quelques délibérations de cours plénières. A deux époques de l'année, à Noël et à Pâques, le suzerain donnait une sorte de rendez-vous militaire à tous les chefs de la nation franque ou romaine, comtes, évèques: à. Noël, on délibérait sur les lois générales : îi Pâques, c'était pour concerter les expéditions lointaines du printemps, la conquête d'une terre plantureuse: la Saxe, la Lombardie, l'Espagne. L'esprit de toute cette génération était la guerre; comme les chevaux de bataille, le bruit du cor la faisait bondir, les paladins ne tenaient plus dans leur tour épaisse et murée; leur parler de complètes, c'était leur plaire.- la renommée de Cliarlemagne devait attirer à lui tous les chefs de guerres, tous les comtes qui voulaient avoir des domaines: les leudes les plus éloignés accouraient à ses plaids. Ceci donnait à ses armées une supériorité numéri-