‹ Histoire de CharlemagneChapitre 2 sur 110 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Origine et enfance de Charlemayne.

„Li r oui ans de Perte ans grans piés,'1 une des productions les plus gracieuses du moyen Age. un des clinuts de trouvères les plus ingénieux, raconte: ,.qu'à l'issue d'avril, au temps doux et joli, quand les herbelettes [joignent et les prés ra verdissent, lorsque les arbrisseaux désirent d'être parfleuris, un moine de Saint-Denis avait narré à lui, le gentil trouvère, l'histoire de Berthe et de Pépin." Or cette histoire, le trouvère la récite en science gaie :

..Il y avait un roi eu France de grandes seigneuries; il se nommait Charles Martiaus; il avait accompli de hauts faits d'armes; vainqueur des inlidèles, il mourut laissant deux fils, l'un du nom de Carloman, qui se rendit moine dedans nue abbaye, l'autre du nom de Pépin, bien petit (il avait à peine 5 pieds) '), mais fort de corps, car un lion était

*) Cinq pieds romains, c'cst-i'i-dire 4 pieds 9 ponces.

Charlctcsgac. 1

sorti de sa cage, il s'en allait comme bètc enragée; Pépin, presque enfant, s'arme d'un pieu, marche an lion, lui assène un coup dans la poitrine, et l'abat à terre; sa mère toute joyeuse le baisa: ,.IJeau fils, comment as-tn osé attaquer une si odieuse bèteV" Et Pépin répondit: „Dame, on ne doit jamais douter." Le jeune homme se maria une première fois; mais sa femme, fille de Gerbert ou de Gérin de Malvoisin, ne put engendrer. En assemblée des barons, ù dit : „Quelle femme pourrais-je aviser?" Et alors se leva Engerrans de Monder, noble baron: „Sire, par le corps de saint Orner, j'en sais une, fille du roi de Hongrie, il n'est nulle femme aussi belle de corps au-cleçà de la mer; on la nomme Bertlie la Débonnaire. — Il faut l'aller quérir," dit Pépin. Voilà donc une belle chevauchée qui part a\ec grand éclat; elle marche, elle marche jusqu'en Hongrie: que bonne aventure te soit donnée, illustre chevalerie! Elle va trouver le roi de Hongrie, et Blanchefleurs, la reine mère, leur montra sa fille, blanche et vermeille; les tables furent mises en un grand festin, on donna à Berthe chevaux, or et argent, et la noble fille prit congé de son père. Elle partit donc à travers la Pologne et l'Allemagne; partout on parlait français; car les comtes et marquis en ces terres avaient autour d'eux gens français pour l'apprendre à leurs fils et à leurs filles, comme is'ils lus-

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