‹ Histoire de CharlemagneChapitre 3 sur 110 · CHAPITRE f · texte numérisé non relu

CHAPITRE f

sent nés à Saint-Denis. Dertlic fut comtoise et pleine de franchise; elle était montée sur un palefroi bai de belle nature; ainsi elle vint aux frontières de France et passa le lihin à Saint-Herbert, chevauchant à travers les Ardennes, sous la protection du bon duc Naisnies de Bavière. La belle troupe vit le Hainaut et Vermandois, et s'en vint à Paris joyeusement; les cloches de la ville sonnèrent hautement ; les maisons étaient couvertes de drap trèsriche, et les rues jonchées d'herbes; chacun voulait honorer l'épouse destinée à Pépin; les noces lurent célébrées, les ménestrels lirent leur métier, les vielles et les harpes, les flûtes et les (rompes sonnèrent bien fort; dames et demoiselles lirent danse, et le mariage fut ainsi accompli à la .joie de tous."

Ici commence la tradition allemande dont l'épopée de Perte ans gratis piés est peutêtre la source ou le développement. Dans cette légende écrite en Franconie, Pépin conserve toute l'empreinte germanique; il s'établit au château de Weihen-Stephao, sur la montagne; son dessein est de combattre les Saxons et de les assouplir au joug du christianisme; peuples indomptables, ils résistent et rejettent toujours Jésus et ses saints. Pépin était veuf et isolé dans cette tour, lorsqu'un roi du pays du nom de koerliug lui fait proposer sa fille bien gcnle et bien gracieuse; le portrait lui plaît, et Pépin dit à sou majordome: „Va 1*

CHAR LE MAGNE

queurs la vérité sur cette princesse." Or le majordome discourtois avait une fille du même âge que la princesse-, pourquoi ne la donnerait-il pas comme reine à Pépin? Jl va et chevauche à la cour du roi Koerling, il en requiert la fille, on la lui donne; elle porte le nom de Berthe, d'une grande beauté; sa mère la confie au majordome toute parée, et ce mécréant la conduit dans une forêt profonde; là se trouvait la propre fille du majordome. N'as-tu pas à redouter, serviteur infidèle, la peine de ton crime? Rien ne l'arrête; il arrache à Berthe ses riches vêtements, son anneau nuptial, et le donne à sa propre fille ; puis le mécréant dit à ses complices.- „AIJez, amis, traînez Berthe dans le lieu le plus secret de la forêt; 'frappez-la sans pitié, et rapportez-moi sa langue." La voilà donc la pauvre princesse aux mains des amis du majordome. „Beaux sires, dit-elle, si je suis destinée à vivre captive, laissez-moi ce petit lévrier de chasse et cette boite pleine d'or et de soie, pour broder des écharpes dans mes jours d'ennui." L'es méchants hommes se laissent attendrir par les pleurs de la princesse, et lui disent l'ordre fatal qu'ils ont reçu: „Nous vous laisserons la vie, mais jamais vous ne nous trahirez. Comment faire, noble demoiselle, pour annoncer au majordome que l'affreuse commission est remplie?" Alors la jeune fiancée se dépouille à l'écart de son vêtement de

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