‹ Histoire de CharlemagneChapitre 21 sur 110 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

saisi d'effroi, s'écrie : „Pour le coup, c'est Charles? — Non, reprit Ogger, pas encore." A la suite viennent les évèques, les abbés, les clercs de la chapelle royale et les comtes. Alors Didier, ne pouvant pins supporter la lumière du jour ni braver la mort, crie en sanglotant : ,, Descendons et cachons-nons dans les entrailles de la terre, loin rie la face et de la fureur d'un si terrible ennemi.11 Ogger tout tremblant, qui savait par expérience ce qu'étaient la puissance et les forces de Charles, et l'avait appris par une longue habitude dans un meilleur temps, dit alors: Quand vous verrez les moissons s'agiter d'horreur dans les champs, le sombre PO et le Tésin inonder les murs de la ville de leurs (lots noircis par le fer, alors vous pourrez croire à l'arrivée de Charles." Il n'avait pas fini ces paroles qu'on commença de voir au couchant comme un nuage ténébreux soulevé par le vent de nord-ouest ou Dorée, qui convertit le .jour le plus clair en ombres horribles. .Mais l'empereur approchant un peu plus, l'éclat des armes fit luir pour les gens enfermés dans la ville un jour plus sombre que toute espèce de nuit. Alors partit Charles lui-môme, cet homme de fer, la tète couverte d'un casque de 1er, les mains garnies de gantelets de fer, sa poitrine de fer et ses épaules de marbre défendues par une cuirasse de 1er, la main gauche armée d'une lance de 1èr qu'il soutenait élevée

en l'air, car sa main droite il la tenait toujours étendue sur son invincible épée. L'ex» térieur des cuisses, que les autres, pour avoir plus de facilité à monter à cheval , dégarnissaient même de courroies, il l'avait entouré de lames de 1er."

Telle était la formidable impression que faisait sur tous l'approche fie Charlemagne, on ne voyait que du fer; c'était un colosse dont l'aspect faisait frissonner. Le chroniqueur continue: „Que dirai-je de ses sandales? Toute l'armée était accoutumée à les porter constamment de 1er; sur son bouclier on ne voyait que du 1er. Son cheval avait la couleur et la force du fer. Tons ceux qui précédaient le monarque, tous ceux qui marchaient à ses côtés, tous ceux qui le suivaient, tout le gros même de l'année, avaient des armures semblables, autant que les moyens de chacun le permettaient. Le fer couvrait les champs et les grands chemins. Les pointes du 1er réfléchissaient les rayons du soleil. Ce fer si dur était porté par un peuple d'un coeur plus dur encore. L'éclat du fer répandit la terreur dans les rues de la cité: „Que de fer! hélas que de fer!" tels furent les cris confus que poussèrent les habitants. La fermeté des murs et des jeunes gens s'ébranla de frayeur à la vue du 1er. et le fer paralysa la sagesse des vieillards. Ce que moi, pauvre écrivain bégayant et édenté, j'ai tenté de peindre dans

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