CHAPITRE V
faits extraordinaires; car, étant entré damsSË pays ennemi à la tète <Ie sa meilleure >?5IP qu'il avait convoquée à Duria, le roi prend Êresburg, Sigisburg, y laisse Garnison, et continue sa roule jusqu'il la Wïstnv, au pied du mont Druuesbcrg (775). Là s'était assemblée une grande niasse de peuple qui voulait l'empêcher de passer le lieuse: vains efforts! au premier choc, celte foule compacte est renveisée, et de nombreux entremis ont mordu la poussière. De là, le roi Charles se rend dans le pays des Usterlindes : Hesso, l'un de leurs principaux seigneurs, accompagné de presque tout le peuple, se jette en suppliant sur sou passage, et remettant les otages qu'il avait demandés, lui jure de rester toujours fidèle. Fendant ce temps, ceux que Charles avait laissés près de la Wtsure, à Lisbach, faillirent devenir victimes d'une fraude des ennemis. Le soleil s'abaissait, lorsque des soldats qui avaient été au loin chercher des fourrages rencontrèrent des Savons qui se joignirent à eux, leur donnant le nom d'amis, et cachant des ennemis iéroces sous ce doux nom. Ils se mêlent aux travaux des Francs, leur aident à porter les lourdes bottes de loin vert, et, par leur complaisance, accroissent encore la confiance que l'on avait en eux. Enfin tous ensemble, Francs et Saxons, rentrent dans le camp. Mais à peine les premiers commençaient-ils à fermer la paupière, que
CFIARLEMAGNE.
leurs cruels ennemis mî levant tout i'i coup, S'1 mettent à. l'aire un humble carnage de ces gens désarmés et à moitié endormis. * Cependant quelques-uns des Francs ayant secoué leur pesante léthargie commencent à s'armer et s'opposer aux assaillants: leur audace porte des fruits heureux, et bientôt l'ennemi est chassé du camp. A la première nouvelle qu'en eut le roi, il lit (elle lutte pour accourir avec ses soldats sur le lieu du combat, qu'il eut encore le temps de tomber sur les Saxons et d'en tuer un grand nombre" (775).
Les Saxons formaient ainsi une réunion de petites tribus sous mille chefs divers, en vertu du même principe et de la même habitude qui leur avait l'ait créer l'heptarchie en Angleterre. Chaque peuple est marqué de sa nature propre; il la porte avec lui-même jusque dans ses migrations. Au milieu de ces hertogs inconnus il s'était élevé un chef d'une trempe plus maie, plus élevée, plus vigoureux. Il se nommait Witikind, célèbre dans les chroniques et les ballades du Nord. Où était né cet homme de force'? quelle était son origine? Il en est de Witikind comme de Charlemagne ; nul ne sait la ville qui lui donna Je jour. Son nom, essentiellement germanique, venait de deux mots du vieux saxon, wite-kind (l'enfant blanc), ou, pour parler plus exactement, le blond jeune homme aux formes belles. Quelques légendes allemandes le font fils de Wer-