CHAPITRE V
nelàiul, roi ou chcl' des tribus saxonnes entre le Kliin et l'Elbe. Widkind parait avoir exercé une influence immense sur les résolutions de ces peuples belliqueux; il devait être issu de quelque grande race, car les privilèges de famille existaient chez, les peuples du Nord avec une régularité remarquable. Iliaque Ibis que VVitikind paraissait parmi eux, les Saxons prenaient les armes pour la patrie; il semblait leur rappeler ce vieil llermann, J'Aiminius des annales de Home, ce vigoureux défenseur de la liberté germanique. C'est maintenant avec ce VViiikînd que Charlemague va combattre.c'est le chef puissant que lui opposera la patrie saxonne.
Charles s'éloigne, car il croit ces peuples soumis au moins momentanément; les Saxons prennent de nouveau les armes, les otages ne suffisent plus: vaincus dans une nouvelle invasion, ils accourent en foule par la Lippe afin de faire hommage au vainqueur (770). Olrarlemagne fortifie et rétablit le château d'Eiesbourg, destiné à contenir les Saxons, comme le château de Frousae devait réprimer les Aquitains.
Chaque peuple vassal des Francs était maintenu par des tours crénelées, et c'est pourquoi la terre est encore semée de ses ruines du moyen âge. Sur ces hauteurs où la mousse s'attache aux pans de murailles dentelées par le vent du nord, étaient autrefois des hommes
d'armes tiers et hautains; sur ces dalles brisées, il y a dix siècles, vivait une génération à la large poitrine, qui s'abreuvait des vins du Rhin et de Moselle dans la coupe des festins; au faite de cette tour échancrée par les âges était quelque noble fille de Souabe, épouse aimée, puis rejetée par l'implacable baron; le temps a passé là, et l'on n'y entend plus que le bruit du vent qui siffle à travers les crevasses, comme un grand orgue que la mort toucherait pour animer la ronde fantastique des vieux comtes, un moment réveillés dans leurs tombeaux.
Après les avoir vaincus, Charlemagne engagea les chefs saxons* à embrasser le christianisme; ce joug moral devait fortifier sa domination souveraine. Tout préoccupé d'en finir avec eux, il s'établit l'hiver sous la tente, dans un lieu qui prit le nom de Heerstal, le camp de guerre; il y tint sa cour plénière jusqu'au printemps. Un message du roi annonce qu'une assemblée de leudes, de comtes et d'évèques se tiendra à Paderborn; quelques tribus saxonnes y accourent pour renouveler leur serment de fidélité (777); mais le fier Witikind n'y vient pas: il a fui chez les Danois, il s'est abrité dans le Jutland, où campent des tribus alliées aux Saxons; Witikind est le héros de tout ce qui porte l'empreinte germanique. Au milieu de ces guerres du Rhin, de l'Elbe et du Weser, trois peuplades marchent dans une corn-