CHAPITRE V
ne résiste à cet homme l'oit, à ce roi gigantesque, dont la seule parole porte l'effroi partout. Plusieurs tribus saxonnes accourent lui demander la paix; Charles se lait livrer des otages selon l'usage, mais il ne veut plus traiter partiellement avec nue ou plusieurs peuplades, il demande (pie les Saxons viennent à un parlement pour traiter des conditions de la paix. Witikind, toujours inébranlable, ne veut point assister à cette cour plénière, car sa patrie est humiliée , et il se retire une seconde l'ois dans le Danemark.
Pendant l'hiver Charles réunit à Hcerstal toutes ses forces : c'est son poste militaire de prédilection ; il est à la tète d'une armée tellement puissante, que nul ne peut résister à ses coups; il impose sans résistance des lois impéiatives aux Saxons. L'acte qui résulta du parlement qu'il a assemblé est le capitulaire intitulé: De parti bu s Saxoniae, véritable organisation de la Saxe; les évèques, nombreux au parlement militaire, prêchèrent sous In tente, et un grand nombre de Saxons reçurent le baptême. Le roi avait essayé le système, des tribus, en laissant chaque vassallilé indépendante : comme il avait mal réussi, on stipula désormais que les Saxons seraient gouvernés par des comtes de la nation franque. On les soumettait à un système commun, et leur indépendance de race leur était ainsi ravie; tous devaient obéissance
à ces comtes , et le Saxon qui blesserait ou outragerait les délégués du roi aurait ses terres confisquées et dévolues au lise royal; les Saxons ne pourraient plus tenir assemblée ni diète, à moins d'un permis et licence du roi, et en présence de commissaires désignés par lui.
A ce système de police militaire, Charlemagne ajouta des articles spécialement chrétiens: des églises seraient bâties ça et là dans le pays des Saxons, sacrées et plus sacrées encore que les temples de l'idolâtrie; celui qui tuerait un prêtre chrétien, ou qui sacrifierait des victimes humaines aux vieilles divinités de la patrie, serait puni de mort. Comme le baptême devait être désormais le signe de 1 obéissance, les Saxons qui se cacheraient pour échapper à la sainte onction de l'Église, seraient considérés comme rebelles et punis de mort; le retour à la vieille religion du Nord était le signe de la révolte. Toute peine serait rachetée par la pénitence ecclésiastique ; car la loi chrétienne se confond perpétuellement avec le gouvernement politique.
C'est à cette époque de conquête et de soumission des tribus saxonnes que l'on rapporte en Allemagne la création des huit évèchés de Bremen, Verden, Minden, Halberstadt, Hildesheim, Paderborn, Munster et Osnabruck, sièges chrétiens devenus depuis la source des sciences et de la civilisation pour l'Allemagne. Au parlement de Horheim (780) les Saxons