‹ Histoire de CharlemagneChapitre 35 sur 110 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

les principaux d'entre ies Saxons eu sou parlemeiit de bataille, et il leur demanda pourquoi ils avaient commencé la guerre; pourquoi ils s'étaient révoltés contre leurs comtes. Tous répondirent „t|ii'ils avaient obéi aux volontés de VVitikind , et que lui seul était coupable de cette rébellion." La colère du roi ne s'apaisa pas, et il résolut de venger ses leudes morts sous la ['ramée, les évèques des basiliques récemment élevées, martyrisés ou chassés par Wilikind.

Les Saxons avaient méconnu la loi de vassalité, ils étaient donc rebelles: on imposa 1111 grand, exemple, et comme tous les conquérants, l'imrlehiagne n'hésita pas à verser des (lots de sang pour laisser de longues traces de terreur et de soumission: tous les chefs, tous les hommes les plus hardis de la nation de Saxe lui furent livrés; Uiarlenwgne parut au milieu d'eux, le glaive en main, promenant son regard courroucé comme un géant qui secoue sa massue sur la tète des vaincus. Il ordonna que dans son camp (le Verden, au boni île l'Aller, tous les Saxons rebelles lussent décapités: les chroniques en portent le nombre à 4,500 ; ce lut une boucherie qui dura tout un jour. Terrible talion, car les Saxons avaient tué les comtes, les évèques, et poursuivi les Francs jusque sur leur territoire: il (allait inspirer la terreur à ces peuples , et l'harleiiiagne dut les happer de sa terrible épée.

Cette exécution sanglante ne calma pas l'animosité des Saxons; d'autres tribus prirent les armes; quand l'une était domptée, une autre accourait sur le champ de guerre : c'étaient des peuplades jalouses, indépendantes, toutes placées sur les confins de peuples ennemis naturels de Charlemagne ; les Danois, les Slaves, les Frisons, les Saxons, excités par leurs alliés, prenaient les armes au premier signal, pour l'aire cause commune avec les ennemis des Austrasiens ; guerre infinie de peuples et de races. Mais les armées de Charles avaient une véritable supériorité militaire, et les Saxons ne parurent jamais sur les champs de bataille que pour être vaincus-, jamais ils n'obtinrent un succès décisif contre Charlemagne; ils le redoutaient comme un dieu, ils craignaient son glaive de 1er.

Le roi, établi dans ses métairies d'Allemagne, veut en finir avec les Saxons*). Il fait relever la forteresse d'Eresbourg, et il tient sa cour plénière à Paderboru, entouré de ses hommes d'armes. A chaque, moment il envoie ravager le pays des Saxons par de grandes troupes de Francs qui parcourent les terres au loin et s'établissent dans des camps à la ma-

*) Il passa tout un hiver en Snxe, et particulièrement en sa cour plcnièrc de Paderborn; „Tout cet yver ostoia parmy la terre, une heure ça et l'autre là." (Chronique de Saint-Denis, ad ann. 785.)

Page 1