CHAPITRE V
nière des Romains. Ainsi la guerre se renouvelant sans cesse, Charles résolut t!e s'adresser à Wilikiiul, l'Ariiiinius de l'Allemagne, pour traiter de la paix d'homme à homme. Witikind et Albion, les deux chefs renommés parmi les Saxons, demandèrent des otages et vinrent trouver Charlemagne dans le palais de Paderboru; ils y furent reçus avec honneur, les comtes leur firent fête et les évèques les catéchisèrent. Charlemagne proposa à YY'ibkind le titre de duc de Saxe et les honneurs de son palais, s'il voulait embrasser le christianisme, signe d'obéissance pour les Saxons, car pour eux la religion des Francs était le joug, joug souvent odieux. Witikind accepta; et avec lui, les principaux chefs saxons reçurent le baptême, à Attigny en 7Sô. Ce fut une grande conquête et la fin pour ainsi dire de la sauvage indépendance de ces tribus.
Cette soumission fut plus qu'un événement, car elle mit un (rein à la mémorable résistance des SaxgHs: privées du chef valeureux qui les menait à la guerre, ces peuplades n'osèrent plus que des révoltes partielles, qui toujours furent comprimées par la main ferme de Charlemagne.
Les légendes qui racontent la conversion de Witikind disent des merveilles inouïes ; car toutes les fois qu'un chef de guerre embrassait la loi du Christ, il y avait une légende d'or qui s'attachait à lui. Witikind ne pouvait
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se convertir que par un miracle; quanti il vint à. la cour plénière d'Attigny, il fut frappé de la splendeur de toutes ces tentes du roi franc, de la magnificence des autels et des grandeurs du christianisme: „Au milieu des saints mystères célébrés en sa présence, ce qui le frappa le plus vivement, dit le légendaire, c'est qu'il aperçut sur l'hostie la ligure du Christ, toute radieuse de gloire, telle qu'elle était peinte sur les images."
La conversion fut dès ce moment rapide; Witikind s'agenouilla devant le vrai Dieu, et il reçut le baptême de la main des évèques. Désormais, vassal fidèle de Charlemagne, il ne prit plus les armes et se retira dans un monastère. Presque toutes les grandes lignées d'Allemagne voulurent être sorties de cette souche; si l'on ne pouvait se dire de la race de Charlemagne, on se glorifiait d'avoir pour ancêtre Witikind.
Comme les poguîatiqus jles races nomades ne tiennent pas au sol, "on lit transporter les principales lamilles saxonnes dans l'intérieur de la France, et ce pays fut donné à d'autres peuples (les Obotrites) pi us fidèles, plus soumis à Charlemagne. Les lamilles saxonnes les plus rebelles, les plus actives, transportées eu France, reçurent les terres du fisc comme partage, ou bien furent jetées dans les monastères et condamnées aux solitudes