CHAPITRE VI
rapidité d'un (orient: à force d'hommes, il avait vaincu les Saxons; j) paraissait parfont avec des nuées de lances: du 1er, puis encore du 1er, connue le dit le moine de Saintfinll. Il se prépara dans ces proportions formidables pour son expédition d'Espagne; il convoqua tous ses hommes, non-seulement de Ncustric, d'Austrasie et de Bourgogne, mais il y appela ses vassaux de Bavière et de Germanie nuis aux comtes de Provence et de Septimaiiie. Les Lombards étaient à peine vaincus, et cependant un corps de ces hommes paraissait dans l'armée prèle à franchir les Pyrénées. Comme les grands conquérants, Cuarlcmagne employait les peuples domptés pour soumettre d'autres nations, à la manière des Romains. A peine le printemps commençait-il à (aire éclore feuilles et /leurs, ainsi que le narrent les romanciers, qu'on voit déjà le grand roi dans la ferme de Casseneuil au pays Agénois ') ; il y célèbre la pàque, visite la Gascogne, la Septimaiiie, pour s'assurer de. la force des murailles et de la solidité des tours. Son armée se divise en deux corps : l'un, destiné à envahir la Catalogne par lo puerto
*) ,,Et célébra la Teste de la Résurrection en une ville qui a nom Cassinollc, un fort chaste! qui siet en Poitou."' ^Chronique de Saint- Denis, ad Bnn. 777 ) M. P. Paris établit que c'est Casseneuil dans le diocèse d'Agen.
de Perpignan, devait partir de Narbonne, suivre la mer jusqu'à Gironne et Bnrcelonne; l'Èbre .était la [imite fixée h cette expédition. Le second corps devait descendre les Pyrénées par la Navarre et se précipiter sur Pampelune, la clef des montagnes; CharJemagne s'en était réservé le commandement en personne, avec l'élite de ses comtes et de ses paladins. A cet effet, il devait franchir le pays des Gascons, archers solides, aux bras vigoureux, qui menaient les troupeaux sur les pics élancés.
Les deux expéditions fuient conduites simultanément avec la vigueur habituelle de Chaiiemagne. L'armée partie de Narbonne se composait de Lombards, d'Austrasiens, sous les ordres du comte Bernard, un des paladins les plus fermes, qui s'était fait une. grande renommée dans le passage des Alpes: elle soumit Gironne, Barcelonne, jusqu'à l'Ebre, et vint rejoindre, par un circuit militaire, Cbarlemagne devant Pampelune. Le siège fut trèslong et terriblement poursuivi: de Pampelune, les Francs vinrent se placer devant Saragnsse, qui devait leur donner toute la ligne de l'Ebre; après une vigoureuse résistance, les Sarrasins capitulèrent; on offrit des otages et l'hommage au roi; l'armée de Charles, conquérante et victorieuse, menait à sa suite les alcayds et les Sarrasins vaincus. Tout Je pays qui s'étend depuis les Pyrénées à l'Èbre lut soumis, et Charlemagne le constitua dans le sys-