‹ Histoire de CharlemagneChapitre 45 sur 110 · CHAPITRE VIF · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIF

hommage? — Le duc Naymes à la tète chauve, à la barbe blanche, approuve le dire de <iaiielcui: Marsille vient se rendre à vous, pourquoi le refuser? — Et rassemblée s'écrie: „Le duc parle sagement! — Qui enverronsnous donc à Saragosse? — Moi, reprend le duc de Naymes, et Charles dit: Vous n'irez pas, car vous êtes faible et vieilli. — Moi, s'écrie ensuite Roland. — Vous n'irez, pas, car votre caractère est trop peu endurant; c'est G'nnes ou (ianelon qui marchera vers le roi." — Et Ganes, c'est l'ennemi de Roland, il l'accuse de vouloir toujours la guerre à son profit , de compromettre l'armée par sa vaillance, et Roland le déteste comme traitre et félon.

( ianelon part; le voyez- vous comme il chevauche dans la plaine, accompagné des messages sarrasinois: et pendant la route ils devisent ensemble sur la guerre: c'est Roland qui a poussé Ëharlemagne aux batailles, c'est donc de Roland qu'il faut se venger. „Par Mahomet! livrez-le-nous, dit l'envoyé du roi Marsille, vous aurez mille besants d'or." Et (ianelon sourit, ©fi arrive ainsi aux lentes de Marsille, le roi mécréant, (ianelon est bien accueilli, car il a haine de Roland; celui qui pourra le percer d'outre en outre rendra un grand service ail dieu des païens. — „Quel moyeu prendre? Seigneur, indiquez-nous une voie pour l'occire. — Sire, voici ce que j'imagine

pour ce bon tour.- le comte Roland passera bientôt avec une arrière-garde à travers les montagnes et les défilés; là, vous l'attaquerez inopinément avec toutes les forces sarrasinoises, et pas un des douze pairs n'échappera." Ganelon s'en retourne chargé de présents auprès de Ciiarlemagne : il porte avec lui les clefs de Saragosse; Marsille consent à prêter foi et hommage: pourquoi continuer désormais la guerre en Espagne, puisque Marsille est soumis? 11 faut s'en retourner en France aux belles cours d'Aix-la-Chapelle, c'est chose convenue. Qui conduira l'arrière-garde au défilé ou pucrto des Pyrénées? „Le comte Roland, dit Ganelon avec un air de confiance: puisqu'il est si courageux, à lui le péril!" Et tous les barons d'un commun avis approuvent ce dire. Roland revêt un haubert richement brodé, un heaume d'acier de fine trempe, il ceint Duranda! sa bonne épée, à son cou pend un fort écu, il saisit une lance bien émoulue, dont le gonfanon est tout blanc, et voilà qu'il part, suivi de la fleur de la chevalerie. Les douze pairs sont là et mille chevaliers. Traître Ganelon! que Dieu te maudisse! car les Sarrasins se préparent et les mécréants se réunissent en lances épaisses dans le défilé de Roncevaux.

Les preux sont au milieu des rochers où les aigles font leur nid: Olivier, le fin et noble chevalier, monté sur un pic élevé de tous

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