CHAPITRE VII
des plus grands poèmes de chevalerie qui survivent de ces vieux temps; le récit de la C II r o n i q u e de Saint- Denis, les merveilles de cette épopée de chevalerie, quoique mêlée de fabuleux épisodes , constatent au moins qu'un funèbre souvenir se rattachait à la défaite de Roncevnux; c'était une des grandes infortunes de la chevalerie chrétienne, et la mémoire s'en conservait à travers les Ages. Les trouvères du XIII* siècle ont brodé toute une action dramatique sur la mort de Roland; ils ne disent pas que les paladins de Cliarlemagne moururent par la main des montagnards gascons, sous Lupus, chrétiens comme eux; cela eût trop allligé les lidèles, car il aurait fallu dire que tant de braves comtes avaient succombé sous les coups de catholiques trai- .tres et pervers, et ils aimèrent mieux attribuer ^a mort de Roland aux mécréants et Sarrasins, à la lélonie de Ganelon de Mayence. Si l'on revient à la vérité historique sur cette fatale infortune de la chevalerie, on doit dire que ce furent les Gascons et Lupus leur duc qui arrêtèrent dans les Pyrénées l'arrière-garde de Charleniague ; les chroniques racontent même le supplice de ce Loup, qui fut pendu comme un félon et déloyal, pour avoir trahi l'année des Francs Neustriens et Austrasiens. Une chartre de Charles le Chauve rappelle la noire trahison de la race méridionale, et jette à tout jamais la malédiction sur Lupus de Gascogne,