CI-IARLEMAGNE
qui a bien mérité le nom de Loup par sa traîtrise envegs les paladins de France. —
Celte lamentable mémoire de Roncevaux se conserva longtemps dans les rochers des Pyrénées ; un chant des montagnards en langue basque célèbre la victoire de leurs ancêtres sur les guerriers de Charlemagne; il est comme l'expression des sentiments et des haines de cette peuplade contre les hommes du Nord qui venaient troubler les Pyrénées. I Là, nul regret pour les paladins qui sont morts, point de pleurs pour Roland; c'est le symbole de la vengeance contre ces guerriers qui ont quitté le Rhin et la Moselle pour venir menacer l'Eure. Écoutez ces chants primitifs, sauvages et sublimes. — „Un cri s'est élevé des montagnes, et le pasteur s'est écrié: Qui va là? que me veut-on V et le chien qui dormait aux pieds de son maître s'est réveillé, il a rempli la vailée de ses aboiements. — C'est le murmure sourd d'une armée qui vient; les nôtres y ont répondu du sommet des montagnes, ils ont souillé dans leurs cornes de boeuf. — Ils viennent, ils viennent, que de nuées de lances! que de bannières! que d'éclairs sortent des armes! Combien sont-ils? Enfant, compte-les bien! — Vingt et des milliers d'autres encore. — Unissons nos bras nerveux, et déracinons ces rochers; lançons-les du haut des montagnes jusque sur leurs tètes, écrasons-les, tuons-les ; et qu'avaient-ils à faire dans nos