CHAPITRE IX
il!
ensemble: puis, après le repas, le pieux roi comble sou hôte de présents magnifiques et se relire dans son appartement, taudis nue le souverain pontife regagne son camp. Telle fut la réception que lit Charles à Léon, lorsque ce dernier fuyait les Romains et son propre pays."
Après celle entrevue solennelle. Charles passe les Alpes , suivi de ses leudes et de linéiques milliers de lances: il visite Milan, Ravenue, Rimini, Pavie: ses bannières se déploient bientôt dans la campagne de Home; de loin, il salue les murailles de la cité. Comme Charlemagne est revêtu de la dignité de patrice, les sénateurs, les tribuns, les comices accourent au-devant de lui et l'accueillent avec toutes les pompes de la vieille Rome et de l'Église. Il est là comme un souverain: pape, évèques. patriciens et peuple, recourent à lui pour obtenir justice et jugement: il doit prononcer sur les sanglantes querelles qui divisaient le pape Léon et les patriciens de Rome. Charlemagne monte au tribunal des anciens préteurs: Léon, accusé de crimes secrets, jure par serment solennel qu'il est innocent de tout crime, et la sentence fut prononcée contre les accusateurs; le pape fut exalté, conduit processionuclleineiit dans les basiliques.
Alors, on approchait des (êtes de Noël, solennité de l'Église chrétienne que Charlemagne aimait à célébrer, comme la Pàque,
clans les monastères ou les basiliques. La fôte de Noël était d'autant plus brillante encore, que dans ces temps elle commençait l'année; des Ilots de peuple accouraient aux vieilles églises: la naissance du Christ, rénovation du monde, ouvrait les portes du nouvel an. Lorsque la cloche sonna l'heure des bergers sur la montagne, Charlemagne vint dans la basilique de Saint-Jean-cle-Latran. On y célébrait la messe de la Crèche après matines avec toutes les pompes du pontificat; l'encens s'élevait sur l'autel, et les croix grecques et latines resplendissaient au milieu des chapes et des vêtements dorés des évèqnes et des diacres. Charlemagne agenouillé priait Dieu devant les reliquaires, lorsque le peuple, agité comme les flots de la mer, lit entendre des cris d'enthousiasme, et mille voix se mêlèrent pour exaller le grand roi des Francs en le proclamant empereur. „Le saint jour de la naissance du Seigneur, dit Eginhard, tandis que le roi Charles assistant à la messe se levait de sa prière devant l'autel du bienheureux apôtre Pierre, le pape Léon lui posa une couronne sur la tète, et tout le peuple romain s'écria: „Charles, Auguste, couronné par Dieu, grand et pacifique empereur des Romains, vie et victoire!" Après laudes, il fut adoré par le pontife, selon la coutume des anciens princes, et quittant le nom de patrice il fut appelé empereur et Auguste.