CHAPITRE XI
les conditions (l'obéissante et réprimer ses révoltes. T.a guerre change floue d'aspect; nu ne marche pas pour conquérir, pour ajouter de nouveaux domaines, l'Empire est assez vaste pour satisfaire toutes les ambitions: la France telle qu'elle est aujourd'hui, mie large traction de l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne jusqu'à l'Eure; (pie peut-il obtenir de plusV Mais ces territoires sont habités par des populations turbulentes et indomptées, il tant veiller incessamment sur elles, on doit leur imposer l'ordre, la hiérarchie, et c'est là la tâche immense de l'oeuvre carlovingiennc.
Presque partout roi, empereur, il a établi des comtes, des gouverneurs des marches et frontières; ce sont comme les chefs de camps militaires: ils se placent à l'extrémité des limites avec de nombreuses troupes de soldats francs, germaniques, lombards, car l'Empereur emploie tous ces éléments à la conquête; ils bâtissent des bourgs, des villages, quelquesuns ont des terres et les cultivent par les colons militaires, à l'imitation de Home, quand les légions élevaient des villes et des autels en l'honneur d'Auguste ou de Tibère. Ces comtes, ces gouverneurs de marches appellent une surveillance attentive, et c'est pourquoi C/harleuiagiie n'est jamais en repus; il ne le peut pas, le sommeil n'est pas lait pour les fondateurs de grandes choses. Ce qui surprend et qui émerveille en lisant les chroui-
ques contemporaines, c'est l'incompréhensible activité de l'Empereur, même déjà vieilli: on le voit partout: il signe des capitulants depuis les Pyrénées jusque sur les ['routières de la Frise ou du Jutland; pèlerin de la gloire, il ne prend pas haleine, il va tenir ses parlements militaires d'une contrée à une autre; et si l'on remarque combien les voies de communication étaient difficiles, cette activité paraîtra comme un des grands phénomènes de la vie de Charlemagne.
Bientôt sa tâche devient tellement laborieuse, qu'il s'adjoint ses deux fils Louis et Pépin: à l'un il confie les guerres d'Aquitaine, les expéditions en Espagne, la répression des Sarrasins, le midi de l'Empire, avec l'aide des comtes francs qu'il lui adjoint pour le diriger; à l'autre, les guerres de Pannoiiie et de Bavière, mais toujours avec l'aide de comtes francs et d'Aclalard, abbé de Corbie, fils du comte Bernard, qu'il lui donne pour guide. Lui, roi, empereur, se réserve constamment les expéditions de Saxe; elles semblent lui plaire davantage, peut-être aussi parce qu'elles lui paraissent plus difficiles, plus menaçantes pour les frontières d'Austrasie; il fait ces guerres en personne avec son fils chéri, Charles ou Chariot.
Les guerres de conquêtes, dans la période carlovingienne, sont faciles à suivre et à saisir, parce qu'elles paraissent saillantes. 11 y a