CHAPITRE XI
l'Elbe, et sur les connus de sou royaume, une assemblée des comtes de. l'Empereur et des siens, alin que les choses qui s'étaient (ailes pussent être mutuellement expliquées et réparées de concert. L'Empereur ne rejeta pas celle demande, el le congrès se tint avec les grands Danois en deçà de l'Elbe, dans le lieu nommé BadenAiot. On énuméra et l'on mit en avant de cëté et d'as ire beaucoup d'affaires, et Ton se sépara en laissant la chose très-imparlâile. — L'Empereur apprenant plusieurs traits de l'orgueil et de la jactance du roi des Danois, ordonna de bâtir une ville en deçà de l'Elbe et d'y placer une garnison l'rauque. Il assembla pour cet effet des hommes en Oaule et en Germanie, les munit d'armes et de toutes les choses à leur usage, et commanda de les mener par la Frise au lieu désigné. Thrasicon, duc des Obotrites, tut tué en trahison dans le port de Rericl) par des hommes de (.iodefroi. Quand le lieu où on devait bâtir la ville eut été déterminé, l'Empereur mit à la tète de cette, affaire le comte Egbert, el lui ordonna de passer l'Elbe et d'occuper ce terrain: il est situé sur la rive de la Slure, et porte le nom d'Esesl'elth. Egbert et les comtes saxons en prirent possession vers le milieu de mars, et commencèrent à le fortifier. (810) L'Empereur, alors à Aix-la-Chapelle, méditait une expédition contre le roi Godefroi. Il reçoit tout a coup la nou-
Cli3rltui.une, 9
vellc qu'une (lotte de deux cents navires, venue du pays des Nortmans, avait abordé en Frise et dévasté toutes les îles adjacentes à ce rivage; que cette année était entrée sur le continent, et que trois combats entre elle et les Frisons avaient eu lieu; que ies Danois vainqueurs avaient imposé un tribut aux vaincus: que sous le nom d'impôt, cent livres d'argent avaient été. ipayéeg par les Frisons, et que le roi Godefroi était de retour chez lui. Cette nouvelle irrita tellement l'Empereur, qu'il expédia de tous cotés des envoyés pour toutes les régions, afin qu'on assemblât une armée, et partit de son palais et se rendit surle-champ à la Hotte. Bientôt il passa le Rhin au lieu nommé Lippenheim, et résolut d'y attendre les troupes qui n'étaient pas encore arrivées. L'armée assemblée, il se rendit sur la rivière de l'Aller avec autant de vitesse qu'il l'ut possible d'y aller, et dressa ses tentes auprès1 du confluent de ce fleuve avec le VVeser. Il attendit là l'issue; des menaces de Godefroi; car ce roi, enflé de la vaine espérance d'une victoire, se vantait d'en venir aux mains avec les troupes de l'Empereur. Mais quand il eut demeuré quelque temps dans ce lieu, il fut instruit que la flotte qui avait dévasté la Frise était mttrèe en Danemark, et que le roi Godefroi avait été tué par un de ses serviteurs.1'
Ce mouvement des Danois préoccupe vi-