CHAPITRE XII
Relations diplomatiques de Charlemagne. Rapports avec Rome et Cotistanlinople. 768—814.
Les rois mérovingiens avaient concentré leurs relations politiques dans les nationalités Pratiques, salique et ripuaire; absorbés par les dissensions intérieures, par les guerres intestines, ils furent rarement en rapport avec les peuples de la vieille civilisation. Les rois de Neustrie ou d'Austrasie, d'Aquitaine ou de Bourgogne se disputent des villes, des provinces, mais on ne trouve que des relations lointaines et irrégulières avec les grands empires d'Orient, Constantinople et le califat. Ils sont comme des chefs barbares qui sollicitent de l'Empereur une dignité de palais; peuples à peine civilisés, ils imitent les costumes et la pompe des princes plus avancés dans le luxe et les splendeurs du pouvoir. Il n'en est pas ainsi de la race carlovingieune depuis Charles Martel; cette dynastie accomplit une grande oeuvre; Charlemagne l'onde un empire qui peut le disputer en étendue au califat, ou à la couronne des Crées : roi et empereur, sa correspondance est active : non-seulement il reçoit les hommages et les tributs des vaincus, mais
encore, il entrefient des rapports réguliers avec les papes, les empereurs et les califes.
A Charlemagne Etienne III (élu pape en 707, mort en 772) doit l'extension de ses domaines et la protection accordée à la chaire de saint Pierre contre les Lombards; les Francs ont dompté la race si souvent hostile au siège pontifical: cette continuité de rapports entre Rome et Charlemagne prend une extension encore- plus active a la suite de l'avènement du pape Adrien (772—795).
Consacré roi des Lombards, Charlemagne prend les États du saint-siége sous la protection de sou épée, et nul n'ose y toucher, Grec, Italien, ou Sarrasin. En même temps, Adrien exerce pour le roi des Francs une surveillance attentive sur l'Italie; fous les faits qtii peuvent troubler la puissance de Charlemagne lui sont dénoncés; quand un comte ou un évèque lombard menace d'une sédition, Adrien se hâte de l'écrire à son ami ; c'est l'agent attentif (le la puissance (les Francs; les intérêts sont communs. Les épHres d'Adrien, adressées à son fils et protecteur le roi des Francs, sont nombreuses; tontes sont relatives à l'organisation de l'Italie et à l'esprit séditieux et mécontent des Lombards.
Non-seulement Adrien aime, à correspondre par lettres, mais encore il demande sans cesse que Charlemagne lui envoie ses mis si do-