‹ Histoire de CharlemagneChapitre 75 sur 110 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

min ici; il veut savoir foute la pensée du roi des Francs, son cher fils; il persiste pour qu'il lui députe ses envoyés, et comme ils ne viennent pas, le pape délègue à Gharlemagne des évèqnes pour conférer avec lui.

De plus, il invite son ami à un prochain voyage en Italie, il veut le voir et conférer avec lui, et combien le pontife n'est-il pas rempli de joie, en apprenant que Gharlemagne est résolu de visiter son riche patrimoine de Lombardie. „Les lettres de Ton Excellence nous annonçaient que tu comptes venir en Italie vers le mois d'octobre prochain, pour accomplir tout ce que tu as promis à saint Pierre; le départ des enfants est le bonheur du père, et leur approche le comble de joie. Reconnaissant ta perfection, nous avons été rempli d'allé<ïresse, en apprenant que tu te prépares à venir en Italie, afin d'accomplir ce que nous désirons le plus: que le Seigneur Jésus-Christ fasse donc que nous jouissions le plus tôt possible de ta présence. Nous étions prêt, d'après tes ordres, à faire partir nos envoyés le chorévêque Andréas, et le prieur Pardus, avec l'évèque Possessor, notre frère, et le religieux abbé Dodon, tes envoyés, afin qu'ils aillent ensemble te trouver dans le lieu que tu as désigné: mais Pardus n'a pu partir à cause de la faiblesse de son corps, et à sa place nous avons envoyé l'évèque Valentianus. Vale (adieu)."

Adrien et Charlemagne, ce sont deux pouvoirs qui s'entendent, deux intérêts qui se trouvent en rapport, deux intelligences qui cheminent ensemble pour rétablir l'unité de l'Église et de l'Empire. Aussi, à la mort d'Adrien, Charlemagne le regrette-t-il comme son ami; il dicte les vers de son épitaphe, écrite en lettres d'or sur sa tombe; le chef, le grand roi des Austrasiens, se fait poète latin: „Charles pleurant son père a écrit ces vers: Tu étais mou doux amour, je te pleure, père; nous avons joint nos deux noms illustres ; Adrien, Charles, moi roi, toi père, souviens-toi de ton enfant, père très-bon , jusqu'à ce que cet enfant te rejoigne*)."

C'est le pape Adrien qui prépare l'exaltation de Charlemagne à l'Empire , et c'est Léon (795—816) qui l'accomplit.

Dès ce moment, les rapports des empereurs et des papes s'établissent d'une manière plus régulière: dans l'ordre matériel, l'Empereur est tout; dans l'ordre moral, le pape est chef. Charlemagne et Léon se tiennent par la main dans une voie commune de protection et d'appui; leur union est telle, leur intimité si con-

*) Post Patrem lacrynians Carolus haec carmina scripsit: Tu mihi duleis amor, le modo plango, Pater .

Noinina jungo simul litulis clarissima noslra: Adiianus, Carolus, Kex ego loque Paler . . .

ïum memor eslo lui nati, Paler oplime, posco, Cum Pâtre die natus peigat et iste tuus.

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