‹ Histoire de CharlemagneChapitre 76 sur 110 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

slanle, que les chansons de gestes, les romans de chevalerie, supposent que Léon était Fils de Charlemagne; idée toute (éodale, tradition germanique, pour expliquer les dons infinis de terre que l'Empereur lit au pape. — Au régne d'Irène, il faut rattacher les premiers rapports d'intimité entre L'harleuiagne et l'empire d'Orient; ils commencèrent sans doute aux invasions des provinces lombardes et de l'exarchat de Ravenne, des fiefs de Frioul, de Bénévenf, de Spolette par les comtes francs; mais alors ils avaient un caractère de conquête et de guerre. Ces tenes n'étaient- elles pas possédées par les Grecs? Elles formaient, il y a moins d'un siècle, les attenances de l'empire d'Orient; l'Adriatique était grecque, et les conquêtes des Lombards les avaient arrachées à la couronne d'or des empereurs. Irène eut des rapports d'amitié avec Charlemagne, roi des Francs, lorsqu'il fut couronné à la Moi)7.a; les annales disent qu'elle proposa son fils Constantin pour époux à une des filles de Oliarlemagne, Gertrude: les fiançailles furent célébrées. Les chansons de gestes racontent même qu'Irène , l'impératrice couronnée, avait offert sa main à Charlemagne, qui aurait ainsi uni les deux couronnes impériales. Léon III fut le grand promoteur de ce mariage; les papes, ces véritables symboles du principe d'unité, voulaient l'aire cesser les querelles religieuses de l'Occident et de l'Orient; l'union

mysli(iue on matérielle d'Irène et de Charlemagne eût été comme la fin du schisme par la reconstitution de l'univers romain.

Tout cela fut rompu par les intrigues secrètes des princes lombards, réfugiés à la cour de Gonstantinople ; il y eut même une guerre déclarée entre les Grecs et les Latins. Cependant Irène ne renonça point au projet d'unir son (ils Constantin Porpliyrogénète avec Gertrude; elle envoya une ambassade grecque, qui vint trouver Charlemagne à Aix-la-Chapelle; là, de nouvelles fiançailles furent célébrées, et ces noces étaient si positivement convenues pour un temps prochain, que les envoyés grecs laissèrent à Gertrude un maître très-instruit, pour lui apprendre les moeurs, les habitudes de Byzance et la langue qu'elle devait parler aux ministres du palais. Ces rapports d'Irène et de Charlemagne se continuèrent jusqu'à ce qu'une nouvelle révolution renversa le pouvoir de l'impératrice.

Cette révolution du palais de Byzance qui brisait le sceptre d'Irène élevait à la pourpre un chef de guerre, Nicéphore; les soldats le portèrent sur leurs boucliers, ainsi qu'on le voit aux miniatures contemporaines; le patriarche le couronna dans Sainte-Sophie. Irène, respectueusement traitée d'abord comme J'épouse de Léon et la mère de Constantin Porphyrogénète, fut ensuite jetée dans un monastère, et on conduisit celle qui était naguère la puis-

Page 1