‹ Histoire de CharlemagneChapitre 79 sur 110 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

ainsi que le lit relie qui chassa loin (les murs de Samarie Cyrus et ses Assyriens, comme si elle eut eu David au milieu d'elle, aurait pu justement chanter: ..Que les rois de la terre et tous les peuples, que les princes et tous les juges de la terre, que les jeunes hommes et les jeunes filles, les vieillards et les enfants louent le nom du Seigneur." Les ambassadeurs grecs, frappés de stupeur, se sentirent défaillir, perdirent la tète et tombèrent muets et évanouis sur le carreau. L'Empereur, plein de bonté, les fit relever et s'efforça de leur rendre quelque courage par des paroles de consolation. Mais quand enfin ils virent comblé de tant d'honneurs cet IJetton, traité par les (irecs avec tant de haine et de mépris, saisis d'un nouvel effroi, ils retombèrent à terre jusqu'à ce que le monarque leur eût juré par le Roi des cieux qu'il ne leur serait fait aucun mal. Rassurés par cette promesse, ils commencèrent à montrer plus de confiance; mais une fois de retour dans leur patrie, ils ne mirent plus le pied- dans notre pays-

„C'est ici le lieu de dire combien l'illustre Charles eut autour de lui d'hommes savants dans tous les genres. Après la célébration des matines devant l'Empereur, ces drecs. le jour de l'octave de Noël, chantèrent en secret et dans leur langue des psaumes en l'honneur de Dieu: le roi, caché dans une chambre 10'

voisine, fut ravi de la douceur de leur poésie, et défendit à ses clercs de goûter (rancune nourriture avant de lui avoir apporté ces antiennes traduites en latin; de là vient que toutes sont du même style, et que dans l'une d'elles on trouve écrit cou ter vit au lieu de cou tri vit. Ces mêmes ambassadeurs avaient apporté avec eux des instruments de toute espèce; les ouvriers de l'habile Charles les virent à la dérobée, ainsi que les autres choses rares qu'avaient ces Grecs, et les imitèrent avec un soin intelligent. Ils excellèrent principalement à faire un orgue, cet admirable instrument qui, à l'aide de cuves d'airain et de soufflets de peaux de taureau chassant l'air comme par enchantement dans des tuyaux aussi d'airain, égale par ses rugissements le bruit du tonnerre, et par sa douceur les sons légers de la lyre. Où fut placé cet oigue, combien il dura, et comment il périt, ainsi qu'une foule d'autres choses précieuses que perdit l'État, ce n'est ni le lieu ni le temps de le raconter.'-

Cette ambassade que Nicéphore a envoyée auprès de Charlemagne n'a pas seulement pour objet tic préparer l'alliance entre les deux empires, mais encore de fixer les limites sur les frontières d'une manière précise et permanente. Une telle démarche supposait la reconnaissance pure et simple du titre d'empereur d'Occident en la personne de Charlemagne, et

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