‹ Histoire de CharlemagneChapitre 8 sur 110 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

et c'est là le sujet des reproches solennels que leur adressent les papes, gardiens de la sainteté et de la pureté des moeurs.

Dans cette question du mariage avec Désidévade des intérêts matériels se mêlaient k la violente opposition (pie les papes firent à l'union c!e Cliarleniagne avec une lillc de Lonibardie. Didier ne s'était. pas déclaré, connue les autres rois des Lombards, l'ennemi du saint-siége, mais en s'en Taisant le protecteur superbe, il avait imposé des conditions à la papauté. Ktienne III, sur le troue de saint Piej^, voyait avec cfl'roi, le rapprochement des royautés lombarde et franque dans une ligue de iamille. Quel avait été le défenseur de Home, quand la papauté violemment attaquée par les Lombards, avait parlé de ses périls au monde chrétien V C'était Pépin suivi des leudes d'AusIrasie et de Neustrie : tous avaient passé les Alpes sur leurs lourds chevaux, et bientôt ils avaient dominé les villes de Lombardie par la conquête et la force des armes.

La souveraineté temporelle des papes venait aussi de Pépin, qui en échange avait reçu le titre de patrice de Home: si les rois franc et lombard se rapprochaient par un mariage, le pontifient ne trouverait plus ni protecteur ni vengeur, et c'est ce qui afflige profondément Etienne III. Aussi lorsqu'il apprend le pèlerinage de Dertiie à Pavie, h Havenne, il se

CÏIARLEMAGNE.

hâte d'écrire à Charlemagne: „Sache, ô grand roi! qu'il est impie de prendre d'autre femme, quand déjà vous en avez une; souvenez-vous, très-excellent [ils , que notre prédécesseur de sainte mémoire insista auprès de votre père pour qu'il ne répudiât pas votre mère, et que Pépin y consentit; il serait déplorable que la noble nation des Francs se souillât du contact de la très-fétide nation des Lombards, qui n'est pas comptée parmi les peuples."

Les craintes d'Etienne III se révèlent incessamment dans nue série de lettres adressées aux grands, à Charlemagne et à Bertlie. qui a passé les Alpes. La mère du grand prince persiste dans celte union avec la race lombarde, ce sera un lien intime de paix; les affaires sont trop avancées pour reculer: Didier n'est qu'un vassal, et Charlemagne est aise de le constater par des hommages publics. De loin il aperçoit déjà la couronne de fer sur son front; Didier n'a pas de (ils, il lui succédera.

Désidérade devient donc la seconde femme de Charlemagne, malgré le pape*)..

Charlemagne prit bientôt un grand dégoût pour elle; est-ce d'après les rapports que lui a laits le pape sur la légèreté et les vices de la race lombarde? est-ce par souvenir de sa

*) L'an 770.

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