‹ Histoire de CharlemagneChapitre 88 sur 110 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Travaux puldics. Commerça, TG8—814,

Lorsqu'un homme supérieur a dominé une génération par sa renommée, les traditions populaires lui attribuent toutes les grandes choses que son époque a produites. Ou réunit en lui les oeuvres d'un temps, les labeurs des races couchées au tombeau ; il est connue le symbolisme des merveilles d'une civilisation morte.- existc-t-il un temple brisé, des vestiges, des ruines monumentales? c'est toujours cet homme qui les a laissés en passant dans la vie. Autour de lui se groupent tous les événements, toutes les pompes d'un siècle. Ainsi se présente le souvenir de Charleniagne! Parcourez les villes du Rhin et du Mein, Mayence, Francfort, Cologne, Aix-la-Chapelle, les cités allemandes ou belges, chaque pan de muraille en ruine, chaque palais démoli, ces églises en décombres, c'est toujours le vieil empereur qui les a construits. Dans le midi même de la France, les tours larges et carrées de l'art romain lui sont attribuées, témoin la tour Magne de Nîmes. Depuis les rochers des Pyrénées où retentit Roncevanx, .jusque chez les Saxons où le nom de VVitikit/d est encore si populaire, il n'y a qu'une seule tradition: Charleniagne a tout fait, il est le fondateur de tout ce qu'il y a de puissant et de fort pendant les Ville et IX« siècles.

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[I est donc bien difficile de préciser dans les recherches de l'histoire le vrai ou le faux de toutes ces traditions; Charlemagne fut le grand constructeur de, monuments publics, nul n'en doute; il avait emprunté aux idées romaines ce besoin de laisser de longues traces de son nom : ses rapports avec les Lombards, ses visites fréquentes à Home, ses relations avec, la Grèce lui avaient donné le goût et les moyens d'accomplir de larges oeuvres d'art. Dans l'intérêt de son système militaire d'abord, il s'occupa spécialement de la construction de fortes tours et de camps retranchés à la manière des légions, pour protéger ses frontières contre l'invasion dest peuples voisins. On en trouve encore des vestiges qui par leur caractère datent du Ville et lXe siècle; elles sont construites comme les tours carrées que les Romains établissaient dans les pays conquis pour maintenir les peuples domptés; elles se réduisent à quatre fortes murailles dont quelquesHines crénelées, avec des ouvertures et clesC jours. A côté des tours, sur les côtes, des phares pour l'observation des mers; le poète saxon et le moine de Saint-Gall rapportent que dans la crainte des invasions des Nortmans Charlemagne avait fait construire; quelques-uns de ces phares qui se renvoyaient d'es signaux entre eux pour indiquer la présence des flottes ennemies. Plus tard, lorsque les terribles invasions des Nortmans menacèrent toutes les

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