CHAPITRE XIV
ÎG5
côtes de la Gaule et les fleuves qui fécondent les terres, ces tours placées ça et là furent destinées à préserver les pays des pirates Scandinaves. Quand elles furent négligées aux jours de décadence, les Nortmans vinrent. jusqu'aux monastères et aux cités de la Seine et de la Loire: fatale désolation qui assombrit tout le IXe siècle!
t'harlemagne s'applique surtout à la construction des chapelles et basiliques; le christianisme étant son principe de civilisation, sa puissance de gouvernement, iioti-seulenient il protège les monastères, les dote de trésors, les enrichit de redevances, usais il en construit de nouveaux. Maîtres des mines , et des forêts germaniques, il envoie à Rome réla'in, Te plomb, les charpentes nécessaires pour les églises du monde chrétien; mais la cathédrale de son amour, c'est à Aix qu'il la construit: il dépouille Ravenne de ses marbres, de son porphyre pour, élever la chapelle royale où il prie à chaque solennité, et dans laquelle sera construit sew vaste tombeau.
Si vous visitez la vieille cité, vous voyez partout des traces de Charleinagne ; à Aix, ces eaux qui coulent brûlantes dans ce vaste réservoir où l'ouvrier descend chaque jour pour boire dans la 'tas.se de cuir commune à tous comme les haiiaps du moyen âge, c'est (JharJemagne qui les a découvertes: il a fait bâtir la piscine où les pauvres souffreteux se
faisaient guérir, et où loi-même aimait à se baigner. Cette cathédrale, qui est la gloire et le fleuron de la cité plus vieille que Cologne, c'est l'Empereur qui l'a fait construire, les fondements ont été posés par lui; là se voient encore la chaise de pierre froide où il s'assit, le trésor resplendissant de sa mémoire , le tombeau où il voulut être couché, lui l'homme fort, au-dessous du grand dôme de pierre. La cathédrale d'Aix est antérieure à l'art gothique-, Je byzantin domine, il n'y a rien de l'école sarrasine et de ces petites fantaisies du XII e siècle; il y a des additions que la marche du temps a faites, que l'ignorance est venue ajouter à la simple basilique, mais la pensée de ce monument est du l\s siècle; la piété des générations a disputé ces débris aux âges qui brisent tout.
Parmi ces oeuvres immenses que l'on attribue à un seul homme, il est quelques projets dont les chroniques laissent trace, et qui peuvent montrer à quel point d'activité était parvenue l'intelligence de •' Chaïlemagne. Les traditions rapportent que l'Empereur avait fait construire un vaste pont sur le Rhin, en face de Mayence; les arches en furent emportées par une crue du fleuve, et cet événement causa une vive tristesse à Cbarlemagne, qui le fit rebâtir en bois. Si l'on remarque la largeur du fleuve à Mayence, la rapidité des flots du Rhin, on doit reconnaître que si le