‹ Histoire de CharlemagneChapitre 91 sur 110 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Mein à la Hetnilz, rien fie plus simple encore; on arrivait ainsi jusqu'à Nuremberg: le travail pénible était Reniement d'ouvrir un chemin de lAltmillh à la Hetniiz. et ce chemin oiïert aux eaux fut le canal large de vingt pieds que l'Empereur lit creuser avec une activité infatigable.

Les annales de Fulde nous donnent quelques détails sur ces travaux remarquables, et le poète saxon les a célébrés dans ses vers; il indique ce canal comme un lossé sirand et très-grand; dans quelques parties il avait près de trois cents pieds de large, comme lin vaste bassin. On eut à lutter pour l'accomplir contre les courses des Saxons, et ce qui était plus di'licile à vaincre encore, contre les continuels éboulements do terre. Charlemagne, pour encourager les travailleurs, fit lui-même le voyage de la canalisation qu'il voulait ouvrir. Du Danube où il s'embarqua à Ratisbonne, il entra clans l'AHimiHi, Ja remontant jusqu'au canal clans une petite barque très-lrèle: le fossé n'était point achevé; il se rendit par terre jusqu'à la Retnitz, où, se réembarquant, il suivit le cours de la rivière jusque dans le Mein : il séjourna quelque temps à Wurtzbourg et à Francfort, où il tint une diète solennelle. On peut voir encore aujourd'hui quelques vestiges de ce canal ou de ce vaste creusement de terre; ce n'est plus qu'un fossé, et le village qui est situé à peu de distance a retenu encore le nom de Graben, traduc-

tion du mot fossé en langue germanique. On ne sait quelles grandes et mélancoliques pensées vous saisissent.au coeur lorsqu'on parcourt ces fleuves, ces rivières, ces terres que Charlemagne foula des pieds pour concevoir l'oeuvre immense d'une canalisation germanique. Que les projets de l'homme sont fragiles! Où sont les traces de sa grandeur?

Dans ces temps primitifs où les idées ne se présentent jamais nettement, on ne peut pas dire d'une manière absolue que Charlemagne protégea le commerce; ce serait là un de ces systèmes qu'il ne faut jamais proclamer hautement en histoire parce qu'ils sont faux; Je commerce liait, se développe de lui-même, on ne le crée pas plus qu'on ne le domine. L'administration régulière de Charlemagne favorisa des rapports plus actifs et plus sûrs; les comtes, les .juges, les ni i s s i cl o m i ni ci firent cesser la plupart de ces pillages et de ces dévastations qui empêchaient les rapports de ville à ville, de province à province. Comme Charlemagne eut des relations politiques avec la Grèce, les Lombards, les calilës et les Sarrasins, il dut s'ensuivre une plus active fréquence dans les rapports, une plus grande sûreté dans les relations; on put transporter les épices de la Syrie, les tapis de Bagdad, les soies de Constantinople, les reliquaires d'or, les ouvrages d'ivoire, les vins d'Espagne, les parfums d'Arabie. Ce commerce était la suite

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