‹ Histoire de CharlemagneChapitre 93 sur 110 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

flans sa belle langue ; on voit qu'il a étudié Horace et Virgile, Ovide mémo. L'un des niissi do mi ni ci de Cliarlemagnc dans les provinces méridionales, il emprunte au spirituel Voyage à Brindes l'idée de décrire en vers les lieux qu'il a visités dans sa mission, et il le fait avec un art particulier. La pointure qu'il donne de la Septimanie, de la Provence, est vive, colorée: il ne visite pas une ville sans en dire minutieusement toutes les origines, les coutumes et les moeurs.

Leidrade, travailleur comme tous les hommes d'origine germanique, correspond incessamment avec les abbés; il enseigne la science, l'étude aux clercs, aux femmes, aux enfants. A l'imitation de saint Jérôme, il compare, il ponctue les ouvrages de l'Écriture sainte; modèle de patience, il rectifie les caractères mérovingiens, en leur imprimant un type plus pur, plus étudié.

Alcuin est aussi le grand poncUmteur du grec et du latin; critique patient et sérieux, il corrige les fautes des manuscrits de la Bible; puis il apprend l'hébreu, le syriaque; il est tellement identifié avec Lomé, qu'ii donne le. titre de Pandectes à ia collection de ses oeuvres: son travail sur la Bible est sérieux, car la Bible est le grand livre des peuples: toute la génération s'en occupe: dans les abbayes on commente les psaumes, les religieu-

ses elles-mêmes dissertent sur le sens des livres saints.

Théodulfe enseigne avec non moins d'ardeur, il abrège, il commente, il fait des résumés à l'usage des laïques; comme la lecture des livres saints est difficile, Alcuin et Théodulfe les mettent à la portée de tous par des abrégés eu latin et même eu langue vulgaire. Toutes ces intelligences s'agitent sous l'impulsion généreuse et forte de Charlemagne qui les protège, encourage; Alcuin reçoit de riches abbayes, Théodulfe s'élève à l'évéché d'Orléans, Leidrade obtient la métropole de Lyon; tous se font les instruments de Charlemagne pour l'éclairer et le grandir: l'un lui enseigne les lettres, l'autre le latin et le grec; il entretient avec eux une correspondance intime, familière.

La nature de Charlemagne n'était point destinée à l'étude; presque continuellement dans les longues campagnes, quel temps pouvait-il donner à la lecture et à la méditation des livres'? Et cependant il a laissé des oeuvres recueillies avec un soin religieux. — 11 se fait et reste théologien clans une explication curieuse qu'il donne de sexagésime, septu âgé s i m e et q ui nq u âgé si me, noms ecclésiastiques des trois dimanches qui précèdent le carême. — Il fait dresser un recueil d'homélies pour servir aux églises, et à la tète de ce livre il écrit une préface: quel est son but, quel dessein se propose-t-il? 11 veut

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