‹ Histoire de CharlemagneChapitre 95 sur 110 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

évangiles de l'hébreu en langue tudesque. Critique vigilant, il compare les évangélistes entre eux, les ponctue, les rectifie.

A cette époque, il se fait une rénovation dans les études: il y a un travail dans les esprits, travail Fervent, enthousiaste, connue pour toute chose qui commence; l'horizon parait sans bornes, l'avenir sans limites. Quelle joie naïve n'ont pas tous ces savants, lorsqu'ils perçoivent l'antiquité avec sa littérature et ses merveilles! Ils forment comme une académie autour de Charlemagnc , à ce point que les savants du XVII» siècle ont voulu trouver dans cette réunion l'origine de l'université; on s'y occupe de grammaire, d'astronomie, de poésie; il faut les voir assis dans le palais d'Aix-la- Chapelle, autour de l'Empereur; ils dédaignent les noms lianes et germains de leur origine; Rome et la Grèce leur paraissent seules dignes de leur grande émotion: Damétas écrit à Homère, David est le protecteur suprême; l'un est Virgile, l'autre Horace; ils ont plaisir à scander les vers latins, ils vivent sous les impressions romaines: légendes, poèmes épiques, épigra mines, épitaphes,, tout est en latin: eux, pieux chrétiens, catholiques fervents, ils invoquent les muses et mêlent aux descriptions de l'Église des réminiscences de l'antiquité profane. Virgile, tes vers harmonieux excitent un indicible enthousiasme dans nette académie naissante; ils pleurent avec Ovide, ils

(JHARLEMAGNE.

parcourent Rome régénérée avec Macrobe; Homère, le sublime aveugle, trouve des sectateurs dans toutes les abbayes.

Sur chaque point de ce vaste empire se trouvent des écoles publiques et monastiques, sortes de métropoles de l'instruction. La Neustrie comptait plusieurs de ces écoles-mères, répandant partout la science; la plus célèbre par son antiquité était celle de Saint-Martin de Tours, sous la direction d'Alcuin, les leçons étaient publiques; on y enseignait les belleslettres, la grammaire, l'astronomie; le concours d'étudiants était prodigieux; il en venait d'Allemagne, d'Angleterre. Alcuin était secondé par un jeune homme du nom de Sigulle; ardent admirateur de Virgile, Virgile faisait ses délices, il [étudiait nuit et jour; de pieux évèques venaient s'instruire à Saint- Martin de Tours; les sciences se répandaient dans toute la Neiistrie; les bibliothèques se composaient de quelques centaines de volumes; les livres n'étaient point rares comme ils le devinrent plus tard au X« siècle; les bibliothèques monastiques s'étaient enrichies dans les pèlerinages en Italie et en Orient; Gharlemagne avait tiré de Constanlinople et de la Syrie de riches manuscrits; les auteurs de l'antiquité devenaient familiers.

C'était encore une école neustrienne que celle de C'orbie, sous le docte Adalard; à Tours, la doctrine saxonne, l'érudition anglaise

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