CHAPITRE XV
paraissaient dominer; à Corbie c'était l'infiuciice romaine du pape. Là était peut-être une bibliothèque plus riche (|tie celie de Saint- Martin de 'l'ours. Les écoles enseignaient nuit et jour la science sous les célèbres abbés Pascase lladbert et Ausehaire. C'est à l'abri fie ces liautes murailles que fut rédige le livre du L'alcul des temps par Rabati Maur; c'est de Corbie que s'élançaient les missionnaires chargés d'enseigner la science et le christianisme dans le nord de l'Europe: qu'elle est curieuse et belle la relation de saint Ausehaire qui parcourut la Dacie et la Suède au J\c siècle! Que dire des écoles de Saint- VVaast d'Arias, de Saint-l'leury ou de Saint-Benoit • sur-Loire, de Fonteuelle. la merveilleuse source de la science ecclésiastique? Voici lenièies, plus célèbre encore par ses études chéries de l'antiquité profane, car on y étudiait Salluste et Cicéroti; les plus purs, les plus beaux ouvrages n'étaient point étrangers aux occupations de ces moines; ils commentaient Quintilien et Tércnce : il y avait clans le monastère de jeunes clercs qui ne s'occupaient qu'à transcrire les anciens poètes et les orateurs. Toutes les écoles neustrieimes correspondaient avec l'aréopage qui entourait Cliarlemagne 5 il y avait un centre pour la science comme il en existait un pour l'administration et la politique.
l'ulde et Saint-Call lurent les deux métropoles des études germaniques: l'une, presque
au nord, et l'autre tout à fait au raidi de l'Allemagne. Fulde n'existait que depuis la prédication chrétienne de saint Bonifacc ; le saint évèque qui avait prêché le christianisme aux Saxons crut indispensable d'établir un centre des sciences humaines, pour les répandre de là dans toute la Germanie; Fulde fut sa création chérie après Pépiscopat de Mayence; elle était pour ainsi dire jetée au milieu des Saxons comme la souche sainte des enseignements; Raban fut entre ses abbés le plus instruit et le plus versé dans les sciences; à celui-ci succéda Rudolfe, moine d'Allemagne, historiographe, poète et auteur dans tous les arts. Ne dédaignons pas ces morts qui occupaient l'attention de tout un siècle: qui sait s'il restera quelque chose des oeuvres de notre propre génération! Fulde eut de dignes filles de sa science, comme Corbie en avait des siennes; l'école d'Ilirsauge, au diocèse de Spire, fut une émanation des études de Fulde ; de jeunes moines h la tète ardente y commentèrent les Cantiques des cantiques et le Livre de Tobie; Herdéric en dirigeait la musique avec un art si doux, qu'on accourait de cent lieues pour l'entendre; l'origine d'Ilirsauge était déjà antique au \e siècle.
Saint-* l'ail , le monastère de l'Allemagne méridionale, vit grandir sa bibliothèque; ses religieux s'occupaient surtout à transcrire les livres avec une patience admirable, service