CHAPITRE XV
immense qu'ils rendaient ainsi h l'avancement des connaissances humaines. Qui n'aime à rechercher les débris do Saint-Gall, le véritable monastère de l'époque carloviiigienue! Manillon, le savant voyageur, a reproduit le tracé de ce monastère, tel qu'il existait sous Louis le Débonnaire; on y voit, comme il le dit dans la simplicité de son langage: „cles écoles au-cledans, et des écoles nu-dehors renseignement pour les moines , l'éducation pour tous. Les sept arts libéraux figurent comme le grand arbre de l'intelligence ; dans les heures solitaires, au bord du lac de Constance, ces moines de Saint-Gall se livraient aux labeurs des mains; ils avaient l'adresse de ces montagnards des Alpes (pli pensent, réfléchissent, et travaillent à la lace de Dieu. Là vécut, dans le IX* siècle, un moine du nom de Synlramue; il excella, dit la légende, clans la peinture, la gravure, et l'art de toucher toutes sortes d'instruments. La gravure ne serait donc pas ainsi une invention du XY« siècle, elle appartiendrait à une époque allemande plus reculée, au moyen âge germanique N Ce l'ut h l'abri de ce monastère (pie se forma l'imagination pittoresque et conteuse du moine de Saint-Gall, le chroniqueur qui composa par ordre de Charles le Chauve l'histoire de Char* lemagne.
Si les écoles de Fulde et de Saint-Gall étaient purement germaniques, celles de Mayen-
ce or. de Metz gardaient connue un mélange d'origine aiistra.sicnno ueiistiïennc: Mayence sur le Rhin, fondation de saint Boniface! C'est de là (ju'il était parti pour convertir les Saxons, les Allemands, les Bavarois; la série de ses maîtres et docteurs était considérable; le docte Lu Ile fut le successeur de saint Bonif'ace; on parlait le grec à l'école de Mayence; quelques moines même savaient l'hébreu ; son saint monastère avait donné naissance à l'école de Paderborn , à renseignement de Metz et de Verdun: Metz, célèbre surtout par ses grammairiens, Verdun par ses copistes. Toutes ces écoles allemandes furent aussi renommées pour le chant d'église: à Metz, à Fukle et à Sainl-Gall, on s'occupait des antiphonies, des hymnes comme d'une chose sérieuse; c'est que les Allemands avaient déjà ce sentiment profond de l'art dans la musique. An sein de ces solitudes, quand le silence régnait partout, ils aimaient à se faire entendre en choeur, accompagnés de l'orgue. La voix des Francs était criarde, elle n'avait ni 'fa douceur de celle des Grecs, ni l'accentuation facile des Italiens; les Allemands avaient d'admirables notes basses, de sons graves et solennels-, ils étaient de sublimes compositeurs pour ces hymnes de morts ou d'actions de grâces qui s'élevaient à Dieu au milieu des bruissements des orgues clans la cathédrale.