LB DUCHÉ DE BOIRGOGNE SOUS LE RÈGNE DE JEAN II
vembre i36i, dans sa seizième année, n'exerça jamais le pouvoir. Son autorité était toute nominale ; la Bourgogne s'administrait elle-même, et cet interrègne n'aurait pas nui à sa prospérité, si elle n'eût fatalement subi le contre-coup des désastres qui frappaient le royaume de France *.
Ce qui aurait dû faire sa force — la réunion de la Comté au Duché — était devenu pour elle une cause d'alTaiblissement. La noblesse comtoise, très remuante, très fière de son indépendance, était rebelle à la discipline qu'Eudes IV avait voulu lui imposer. Il en résulta un perpétuel élat de guerre entre des voisins, que ne séparait aucune barrière naturelle, aucune ligne de démarcation suffisante *. La Bourgogne, où dominait l'influence française, étant devenue «l'ennemie héréditaire», les « gens d'outre Saône » se mirent aux gages des Anglais ou du roi de Navarre et multiplièrent leurs incursions. Rien, ne pouvait favoriser davantage la formation des Compagnies, ni contribuera les rendre plus malfaisantes.
Au commencement de Tannée i358, un des seigneurs comtois les plus connus, Jean de Neufchâtel, obtenait de Charles le Mauvais, pour lui, pour le seigneur de Rahon et trente « personnes à cheval» de leur suite, un sauf-conduit, valable jusqu'à la fête de la Pentecôte, l'autorisant à « aller, venir et demourer par tous, lieux du royaume de France ^ ». En fait, le titulaire de ce sauf-cdnduit se rendait sur les « marches » du duché de Bourgogne, épiant, comme d'autres partisans anglais ou navarrais, l'occasion favorable pour se jeter sur cette riche province, Elle se présenta vers le milieu de l'année suivante. Réunie à plusieurs de celles qui ravageaient la Champagne, la bande
gne, de M. Er. Petit, Tincertitude'qui régnait sur l'époque de la naissance de ce jeune prince était encore beaucoup plus grande (Er. Petit, op.cU.,i. VJI, 6o-4i, t. IX, p. 2, n. I. — Chéresl, VArchiprêtre, p. 101, n. 3).