Ern. Petit, op. cit., p. 194 ot suiv
i -JO DERNIERE CAMPAGNE D EDOUARD III
gnons sous sa protection, peut-être parce que la libre circulation des marchandises en provenance de la Bourgogne importait au ravitaillement de son armée*. Ce n'était point, d'ailleurs, une faveur gratuite. De nouveaux péages étaient ccéés sur la Seine et sur l'Yonne^, s'ajoutant aux anciens, que les marchands protégés continueraient à payer toutes les fois que les nécessités de leur négoce les feraient passer à portée de quelque forteresse occupée par les Anglais 3. Pourquoi la validité des sauf-conduits avait-elle été limitée à un an? Vraisemblablement, parce que le roi estimait que ce laps de temps lui suffirait pour réaliser son grand dessein.
Toutes les questions qui ont pu être agitées à Guillon ne nous sont pas connues, soit qu'elles aient été écartées pour ne pas compromettre le succès des négociations, soit qu'il ait paru prématuré d'y faire allusion dans un instrument officiel, destiné à Ja publicité. Mais le texte seul du traité laisse très suffisamment entendre ce qu'on n'a pas voulu dire-de façon plus explicite. Ainsi Edouard lll, persévérant dans son idée de tenir la couronne de France du suffrage des douze pairs, ou du moins de la majorité d'entre eux, avait mis tout en œuvre pour s'assurer la voix du duc de Bourgogne '♦. Si le duc manquait à sa promesse, ou si simplement, à défaut d'un engagement ferme pris par lui,
I. D. Plancher, op. cit., II, 255-256, n° 297 (Guillon, 12 mars i36o).
a. Pour chaque tonneau de vin, 1 denier d'or au mouton; pour chaque demitonneavï ou pipe, un demi-mouton; pour 6 tonneaux de blé, un mouton.-
3. « ... si que toutesfois pour leurs marchandises et biens, qu'il menront et feront mener par terre ou par eaue, par les passages des chasteaulx, forteresses et garnisotis, qui jà sont ou après seront en nostre possession et obéissance, ils y paient les peaiges, devoirs et coustumes anciennes... ».
li. Villani est très formel sur ce point (uhi sapra, col. 598), et une erreur chronologique de quelques mois n'est pas pour affaiblir son témoignage. « Del mese di maggio MCCGLX il giovane duca di Borgogna, seguendo il consiglio de' suoi baroni, prese accordo col Re d'Inghil terra in questa forma, che il Re si dovesse partire del paesc, et il duca a lui dovesse dare in tre anni centovenli migliaja di montoni d'oro, corne ne toccasse per anno. E oltre a cià, c'havendo il Re d'Inghilterra a sua coronazione del reane di Francia per boce d'imperio, che la sua sarebbe la seconda. Sotto questa concordia assai grande al re d'I., piu per l'honore délia promessa e délia boce del duca che jter allra cagione, il re d'I., con lutta sua hoste si parti di Borgogna etc ».
L'avant dernière phrase est évidemment corrompue et peu intelligible; mais le sens n'en est pas douteux, si on la rapproche d'un article du traité que l'on trouvera dans la note suivante. On pourrait corriger : « E ollrc a ciô, c'havendo il re d'Inghilterra [i\a sua coronazione del reame di Francia per boce de' (ou di) XII pari, che la sua sarebbe la seconda ». Quelle devait être la première voix ? Celle d'Edouard lll lui même, comme duc de Guyenne, ou de l'archevêque de Reims, Jean de Craon .5