LE TRAITÉ DE GUILLON I7I
(( il ne faisait pas son devoir» à l'égard dumonarque anglais devenu le roi de France, un moyen infaillible aurait raison de sori opposition. La trêve serait rompue et la convention de Guillon considérée comme nulle et non avenue*.
A Paris, le traite fut jugé sévèrement, et par l'entourage du régent et par l'opinion publique. On admit difficilement qu'un arrangement eût pu être conclu qui, sans combat, procurait à Edouard III de tels avantages : une grosse contribution de guerre et de nouvelles facilités de ravitaillement 2. A n'envisager que la situation misérable de la Bourgogne, cette capitulation, pour humiliante et onéreuse qu'elle fût, était une nécessité 3. Où était l'armée qui pûtêtreopposée à Edouard III?
I. Arch. de la Côte-d'Or, B. 11.922 : a Hem, accordé est expressément que, ou cas que nous nous vourrions faire sacrer, par l'accord de la plus grant partie des piers (pairs) de Ffrance, et le duc de Bourgoigne conlredisoit, ne ne vourroit faire à nous, come au roi de Ffrance, ce q'il doit faire, qe les avant dites. Irieves adont perdent lour force; et nous purrons si avant procéder encontre ledit duc et son paiis,come si les dites Iriexes ne eussient esté prises ne accordéez ». Cf. Rymer, 111, 1" p., p. 473.
D. Plancher, t. II. Preuves, n. 296, a très mal reproduit la partie essentielle de cet article : « ... que nous nous voulussions faire ayder de la plus grande partie de pays de France... w.Le P. Denifle est le premier, si je ne me trompe, qui ait signalé cette différence [La désolation des églises, etc., t. Il, p. 218, n, 6).
M. Er. Petit n'a pas mis suffisamment en lumière cette clause capitale du traité de Guillon (op. cit., 190).
L'acte d'obligation souscrit par le duc de Bourgogne contient ces mois, qui sont significatifs aussi : « Haut prince et puissant le roi d'Angleterre, procédant sur la demande qu'il fait pour la couronne et royaume de France, feist son chemin avec grant ost par noslre pais de Bourgogne, etc. » (Rymer, 111, i" p., p. 474).
a. Gr. Chr., VI, 167-168 : « Et là alerent à luy ceuls du duchié de Bourgoigne et firent pacliz avecques li et H donnèrent Ji cens mile florins, afin que il ne feist damage ou dit duchié. Et si li acordercnt que il oust des vivres ou pays pour son argent »,
Contin. chr. Guill. de Nangiaco, 11, 397-298 : <( Quem (Edouard III) sentienles Bur-
gundi. inierunt pactum secum per hune modum Ita narrabatnr Parisius ubi
eram quan.do hos apices describebam. Sed an verum sit vol non, postea forsitan poterit apparere. Non enim de facili credere volo quod gens illa tam nobilis et fidclis, et ubi domina regina Francise, domini régis Johannis uxor quamquam capti, residebat tune temporis, voluissct hoc facere pro inimicis dicti rcgni, vel quod ad ejus detrimentum cederet quoquo modo. Si enim hoc cgissent, quod non credo, esset eis in derisum et opprobrium sempiternum, et merito, nisi excusationem legitimam domino régi nostro et regenti ostenderent de premissis : verum esse audivi quod ipsi se redemerunt pecuniis, ut dictum est ».
3. Er. Petit, op. cit., 190 : « De semblables conventions ne pouvaient être acceptées de bonne foi, car ceux qui y prirent part (du côté bourguignon) furent forcés de