T. II
'Sa ' DERNIÈRE CAMPAGNE D EDOUARD lll
qu'à Rye J. On eut quelque peine à les rallier, pour marcher sur Winchehea.
Fariné en trois batailles, — gens des Communes en tête avec Jean de Neuville, gentilshommes au centre et en queue, sous le connétable et îe comte de Saint- Pol, — le corps de débarquement. gravit rapidement, au son des « araines d, des trompettes et des clairons, la colline sur laquel*'^ la ville avait été rebâtie au xiii" siècle ^. Quelques archers, qui avaient tenté d'arrêter les Français, furent aisément culbutés ^, Winchclsea «mporté d'assaut, tout devient la proie des vainqueurs. Surprise dans l'église paroissiale où elle était réunie pour entendre la messe, la population est en partie massacrée ; une femme empire sous les outrages des vainqueurs qui ne respectent ni le sexe, ni l'âge *. « Un retour olfensif de douze cents habitants vigoureusement repoussé par Neuville, fait -craindre l'arrivée de forces plus considérables ; aux lueurs des incendies allumés dans la ville, et sous les charges d'un corps de cavalerie qui tue cent soixante hommes, les corsaires se rembarquent et cinglent vers Calais ; mais, découverts et tenus en respect par le guet, ils reviennent désarmer à Boulogne ^ ».
Ainsi se termina cette entreprise mal conçue, mal préparée.et^ médiocrement dirigée. Elle avait autorisé au début de grandes espérances. Elle n'abouti t. en somme qu'à une vulgaire opération de piraterie, sans résultats appréciables et qui provoqua immédiatement de fâcheuses représailles.
L'émoi des Anglais avait pourtant été très grand. On le vit aux mesures hâtives qu'ils prirent coup sur coup 6. La captivité des prison-
I. Mandement du gardien du royaume d'Angleterre, du i6 mars : «.. et lolam paCriam ibidem equîtaront... ». (Rymer, III, i" p., p. ^77.)
a. Chronique des quatre premiers Valois, iii-na : « Et quant ilz furent dcscenduz, ilz nitstrent leurs gens en conrroy et firent trois batailles. Dont monseigneur Jetian de Neuville eult la première, et furent avec lui ceulx de la costc de Normendie, et le conncstable et le conte de Saint Pol eurent les deux autres batailles. Avccquez oulx fureni les nobles hommes do Picardie èl de Normendie qui furent en celle emprlmc. Et quant ilz furent mis en bataille, ili firent sonner leurs araines et businer leurs clarons, et vindrcnt montant la coste pour prendre Vinceize ».