LA PAIX DE BRÉTIGNT
de Wynewik, trésorier de l'église d'York, chancelier du roi d'Angleterre.
Du côté des Anglais, comme de celui des Français, le principal rôle échut aux légistes et aux clercs. L'intervention des légats du Pape, qui assistaient aux délibérations, contribua grandement a la conclusion de la paix.
La tâche des négociateurs était simplifiée, sinon facilitée, par l'échec des tentatives antérieures. On savait dans quelles conditions une entente était impossible et au prix de quelles concessions réciproques elle aurait chance de s'établir, Les Anglais, probablement, (irent mine d'abord de ne rien rabattre de leurs prétentions, de s'en tenir à la lettre du traité de iSSg ; mais leurs instructions étaient moins strictes qu'un mois auparavant, — lors des conférences de Longjumeau et de la Banlieue, — et peu à peu ils se relâchèrent de leur intransigeance. Si l'on veut mesurer le terrain gagné par les Français, il faut se reporter au deuxième traité de Londres, en comparaison duquel la paix de Brétigny, malgré les sacrifices qu'elle comportait, parut « passable et faisable ». Au fond ce fut un retour, — avec une diminution notable sur le chiffre delà rançon, — au premier traité de Londres, l'œuvre des cardinaux de Périgord etCapocci. Les Anglais ne s'y résignèrent sans doute pas facilement. Ils cédèrent pourtant, et, la question de principe une fois tranchée, les négociateurs purent aboutir assez vite, puisqu'il suffisait de reprendre un ancien projet, longuement élaboré jadis et accepté par les denx parties *. Comment la discussion fut-elle conduite ? On
1. J'incline à croire que l'accord était fait le 3 mai, et que les jours suivants ont été consacrés à rédiger l'instrument du traitS et à résoudre des questions de détail, épineuses peut-être, mais qui n'étaient pas de nature à compromettre le résultat obtenu. Des quittances données par Charles de Montmorency, Ainard de la Tour, Jean de Grolée et Artaut de Beausemblant le 3 mai 1360, il ressort que la paix était faile à cette date. Il semble même que ces quatre chevaliers aient quitté Chartres ce jour-là. considérant leur mission de négociateurs comme terminée et ayajit réglé leur dépense à rhùtellerie(Voy. ci-dessus, p. 19^, n. 3,^,5). Je cite encore la quittance deCh. de Montmorency, donnée à Chartres, le dimanche, 3 mai i36o, à laquelle les autres sont conformes : « Sachent touz que je Charles, sire de Montmorency, congnois et confesse avoir eu et reccu de Berthelot Jehan, receveur de Chartres, des deniers de la dite rccepte, la somme de cent livres tournois en cinquante royaux d'or du coing du Roy, nostre sire, c'est assavoir dix et sept royaux d'or, pour trente et quatre livres tournois dont le dit receveur m'a aquité envers Colin Aubert, bourgois et hostelier de Chartres, et par la main du dit icceveur trente et trois royaux d'or pour soixanteet six livres tournois, pour mes despen:, oie. » (Voy. ci-dessus, p. it)^, n. 3). Cf. l'art. 16 du traité et la n. 1 de la page ao5.