LE PUEMIER TERME DE LA RANÇON
figurait révêqiie de Théroiianne, diancelier de France, en obtinrent d'imporlants subsides '. Les communautés de la sénéchaussée de Carcassonne et de Béziers promirent de payer, pour leur part des 600.000 écus, 90.000 moulons d'or ; la sénéchaussée de Toulouse s'engagea à verser, dans les mêmes conditions, 5o,ooo moutons ; celle de Nîmes et de Beaucaire, 70.000.
Le Rouei'gue lui-même, quoique cédé aux Anglais, offrit 6.000 moulons, sur lesquels, il est vrai, i .Aoo seulement furent recouvrés ; il y eut des moins-values.mais peu importantes, dans les autres sénéchaussées. En somme, le tiers étal du Languedoc paya, sur le premier terme de la rançon, environ 198.000 moutoqs, près du tiers de la somme totale^, mais il s'en fallut de beaucoup que cet argent parvînt à Saint-Omer avant l'expiration des quatre mois qui suivirent l'arrivée de Jean II à (^.alais 3. Nous verrons plus loin les conséquences des retards inévitables, qui se produisirent partout et tenaient pour une bonne part aux difficultés qu'offrait le transport du numéraire ^.
Le clergé et la noblesse du Languedoc se cotisèrent à l'exemple des communautés urbaines, mais on ne saurait, même par voie d'approximation, déterminer le montant de leurs contributions respectives ^.
La correspondance de Jean II contient un commentaire assez piquant des instructions officielles données aux commissaires. Nul plus que le Roi n'est convaincu qu'il est nécessaire de se hâter; il le redit, avec une insistance singulière, en écrivant aux bonnes villes.
I. Voy. pour tout ce qui va suivre le compte publie dai»s la iKîuvelle édition de VHisloire du Languedoc, l. X, col. laio etsuiv., et une note d'Aug. Molinier, t. IX. p. 715, n. i).
a. Hisl. gén. du Languedoc, t. IX, p. 713, n. i [Aug. Molinier].
3. Bibl. nal., Doal, t. LUI, fol. a97"-i99"'. La ville de Narbonnc paie pour le premier ternie de la délivrance, 6890 deniers d'orau mouton, le 20 janvier 136/, et 2^0 moulons d'or, le 21 octobre i36i, <« pro resta primae solutionis per eosdeni (les consuls) débita; pro deliberatione domini nostri régis ».
4. Voy. les tribulations d'un marchand de Montpellier, Firmin Bourcier, qui avait été chargé de porter aux commissaires royaux à Sainl-Omer une somme de G239 florins au mouton, « pro redemptionis nostre subsidio ordinato ». En pp'^sant par « l'Allemagne » — il s'agit en réalité de la Suisse romande — où il avait ii trouver plus de sécurité, il est arrêté par le comte de Nidau. D'où recours (Miéreux au comte de Savoie et à l'Empereur. Il est même inculpé par le Recteur de Montpellier, sur la dénonciation de ses ennemis personnels, d'avoir voulu transporter du billon hors du royaume (Arch, nat , JJ. 91, fol. 137, n» 270 — Hist. gén. du Languedoc, X, col. i279-ia8i).