Voy. le chap. vi ci-après
3. Bibl. nat., Clairambault, CG\1V, n" 2 (7 juillet iSOo). Quittance de Thomas Pinchon, bailli de Caeri, à Aymar Bourgoise, vicomte de Caen, « receveur en la dite ville et vicontée de la chevancc et subside ordenêe et mise sus pour la délivrance du Roy nostre sire », de 20 llorins à l'écu à lui payés « pour certain veaige lait à ronneu| et prof fit de nostre dit seigneur />.
LE PREMIER TERME DE LA RANÇON 2UCj
guère doulouso, encore que jusqu'ici on n'ait retrouvé aucune trace de ce versement '.
Rouen avait à payer, poin* sa part, ao.ooo moutons d'or, très grosse somme cpie les habitants se procurèrent en l'empruntant à Guillaume de Flandre, comte de Namur, et à sa mère Marie d'Artois -. Il leur fallut subir des conditions Tort onéreuses. Ils ne touchèrent ces 20.000 moutons qu'en « vendant » aux prêteurs, c'est-à dire en s'engageant à leur servir une rente annuelle et perpétuelle d'un peu plus de a. 300 moutons '^. Ils avaient donc emprunté à un taux de plus de 1 1 "/o- I^e duc de Normandie fut bien obligé de ratifier le marché ^*, mais, dès l'année suivante, il exigea que la rente fût rachetée par le remboursement du capital. Lu emprunt forcé fait aux bourgeois les plus riches donna les fonds nécessaires. Les créanciers de la ville substitués au comte de Namur rentrèrent peu à peu dans leurs avances et furent payés sur le produit des impositions levées pour la rançon du Roi ^.
Reims versa pour la délivrance de Jean II, c'est-à-dire pour le pre-
I. Grandes Chroniques, VI, qi5. — Le tiers état paya, à lui seul, semble-t-il, 80.000 royaux d'or ; le cler{?é et les nobles (ireiit le reste.
3. Guillaume de Flandre, comte de Namur, était le quatrième fils de Jean I, comte de Namur et de iMarie d'Artois, sœur de Uobert, comtesse de Namur et dame de rKscluse. Il succéda en i336 à son frère Gui. Il a^ait épousé Catherine de Savoie, déjà deux fois veuve (d'Azzo Visconti, d'abord, et de Raoul de Brienne. comte d'Eu et de Guines). Catherine était fille de Louis II de Savoie-Vaud, et dans le courant de l'année i35g, Amédée VI avait négocié avec elle la cession de tous ses droits sur le pays de Vaud, au prii d'une somme de iGo.ooo florins payables en plusieurs termes. En i36o, Guillaume de Namur avait donc, du chef de sa femme et du sien, lies capitaux disponibles.
3. Exactement 2.22J moutons « et trois vieux gros ». — Arcli. nat., JJ. 87, fol. 207" 2of(", n' 320. Acte d'engagement de la communauté de Rouen, du 5 août i36o. — Chéruel, //ist. de Hoiicn, II, 212-21/1.
'1. 3 sept. i3Co (Arch, nat., JJ. 87, n" 32o). — Voy. les quitlances du comte de Namur (33 déc. i 3()o) et de sa mère (2 janvier iSGi), pour l'acquittement des premiers arrérages de la rente, qui venaient à échéance le 25 décembre i36o (BibI, nat., Clairambaull, CCXIN, n ' G et 11. Originaux, parchemin).
5. .^rch. comm. de Rouen, Reg. S. I. fol. .'i<i9-5oo. Mandement du duc de Normandie, flu 3.1 mai i36i. Impr. par I). Martène, Thésaurus anecdotorum novus, I, i/|8iii86.
.\rch. nat., K. liS, n" 16, 17, 37, 27''", 35. — BibI. nat., P. O., 53 j, d. 11.785, Bnoc, n* 3 ; ibid., 3.169, ^- '»8.88o, Ouliens, n" 8, 10. — British Muséum, Addilional Charters, 20. — Chron. normande de Pierre Cochon, 107, n. i ; Chéruel/ IlisL de Rouen, 11, .: 12 et suiv.
aSo LA PAIX DE BRÉTIGNT
mier terme de sa rançon, une somme de 16.000 royaux d'or, valant 30.600 écus, qui furent également empruntés *.
Lille avait été taxée, on l'a dît, à 12.000 écus. Le 12 août i36o, il fut versé, pour le compte des bourgeois et habilants, — les gens d'église et les nobles non compris, - une somme de 3.000 écus, comme en fait foi une quittance des receveurs généraux établis à S*-Omer ^. Mais s'ensuit-il qu'il n'ait pas été effectué d'autres versements ?
Le 10 août, la bourgeoisie de Tournai paya 5.5oo écus, à valoir probablement sur une somme plus élevée ^.
Les habitants de la ville de Soissons « et adjoints à icelle » avaient été imposés à 8.000 royaux d'or, qu'ils trouvèrent, semble-t-il, facilement, bien que l'assiette et la répartition en aient été assez laborieuses et non exemptes de quelques irrégularités ^. Vervins-en-Thiérache n*eul à acquitter pour sa part que 300 royaux d'or, qui furent « volontiers payés et tantôt envoyés à Sairit-Omer, comme il était ordonné^ ».
En ce qui louche les communautés de la langue d'oc, une distinction essentielle doit être faite. Elles payèrent, cela, n'est pas douteux, près de 200.000 écus pour le premier terme de la rançon ; mais, si cette somme n'a pas été avancée, avant la fin d'octobre, par quelques riches prêteurs, elle arriva trop tard, c'est-à-dire après lexpiration du délai de quatre mois. Je ne trouve que deux paiements partiels, effectués peutêtre en temps utile. Le 34 octobre, ~ au dernier moment, - l'abbé de Saint-Bertin encaissa 5. 000 moutons d'or, versés par la sénéchaussée de Nîmes et de Beaucaire^. Il reçut, je 26 octobre, pour le compte des consuls de Monlpellier, A-75o moutons^, attendus, ilest vrai, et réclamés depuis le 19 octobre 8, ce qui aura permis sans doute, grâce à quelque
1. Varin, .op. cit., 111, 166, n. 1. - Pour lui témoigner leur joie de sa délivrance, les habitants de Ueims avaient fait au Roi un présent de 2.626 écus, en 2.100 royaux d'or, qui lui furent offerts dans quatre coupes d'argent pesant 17 marcs 6 onces, à raison de 9 écus le marc fibid.j.
2. Arch. commun, de Lille. Carton i3o3(i2 aoùtiSCo). — Roisin, Franchises; lois et coutumes de la ville de Lille, anc. man. publ. par Brun-Lavainne, Lille, i84a, in-8% p. 407,