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OUVERTURE DES CONFERENCES

Calais sous bonne escorte, mais sans être suivi d'aucun des grands personnages nommés par le chroniqueur. C'est beaucoup plus4ard, à la fin d'août, que le prince de Galles, le duc de Lancaslre et d'autres membres du conseil d'Edouard 111, passèrent le détroit*. Il est possible que, dès le mois de septembre, les Anglais se soient mis en rapport avec les conseillers du régent, qui après un séjour de deux ou trois semaines à Saint-Omer et au plus tard le aS août*, était venu à Boulogne. Cependant, — sauf sur un point capital, — la teneur de la paix de Bréligny fut assez peu modifiée à Calais, pour que l'entente définitive ait pu se faire en quinze ou seize jours, entre le 9 et le ii4 octobre. U n'est donc pas nécessaire de supposer que les, pourparlers aient commencé avant la première de ces deux dates, c'est-à-dire avant l'arrivée d'Edouard 111. 11 n'y aurait même pas eu, à proprement parler, de traité de Calais et les deux rois se seraient bornés à ratifier, avec la solennité requise, les préliminaires de Bréligny, si un petit nombre de questions n'avaient été réservées,* dont l'une, très épineuse, fit surgir

1. Le prince do Galles, le duc de Lancastre, Richard d'Arundel, Ralph comte de Stafford, Guillaume de Montaigu comte de Salisbury, Regnaut de Cobham, l'évêque de Winchester chancelier d'Angleterre; Jean de Carlelon, Jean Barnet, Adam de Houton, William de Loughteburgh, qualifiés tous les quatre « sires en lois », durent quiltcr Londres le 24 août. Mgel Loryng, Miles de Staplelon, chevaliers, mentionnés l'im et l'autre dans le traité de Brétigny, vinrent également à Calais, à cette époque, ainsi que William de Burton et d'autres encore qu'il est superflu de nommer ici (P. R. O. Issue Rolls, 34 Edw. III, Easter, n» 22/i, m. 36; G août i36o. — Exchequer, Accounts. Bundle 3i4, n"" i-5, 7-12).

GeofTroi Chaucer, alors clerc du roi et attaché à la personne de Lionel, comte d'LIsler, fils du roi d'Angleterre, participa à ce titre aux négociations de Calais. Je ne sais si lo fait a été relevé par ses biographes : «< Dalum Galfrido Chaucer, per preceptum domini. eundo cum litteris in Angliam m real. [...! x s. » (Exchequer, .\ccounts. Bundle, 3i4, n* i). Le compte du prince de Galles est insignifiant et très court : « hiem computat in vadiis suis capiendo x 1. pcr diem a xxiiii" die augiisti dicto anno xxuii", quo die ^er suum arripuit cum familia sua de hospicio suo infra London. versus Caleys pro tractatu pacis ibidem habito inter reges Anglie et Ffrancie, ibidem morando etexindc redeundo usque vi diem novembris proximo sequentcm, quo die venit ad London. cum familia sua ad hospicum suum prediclo, per Lxxv dies, primo die et ultimo computatis, dccl 1., capiendo per diem x 1., sicut supra rontinetur.

« Summa expensarum : dcci. l. » (Bundle 3i4, n» 2).

2. L'itinéraire du dauphin est assez bien connu, au moins quant aux localités par irsquelles il passa, car les documents donnent peu de dates précises. — Départ de Paris (i:: juillet); Senlis; Compiègne ( mj juillet) ; Beauvais; Amiens; Corbie (;i3 juillet) ; Doullens (juillet); Hesdin (août); Sainl-Omcr (7 août) ; Boulogne (23, 27 août). Voy. Gr. Cfir , VI, ai 5. - Arch. nat., JJ. 88, n"' ili, 28, 55, 68.

Histoire de Charles V. — n. " 16

entre les négociateurs un désaccord irréductible. Aucune formule n'ayant pu être trouvée qui conciliât des prétentions contraires, deux articles - ou plus exactement un article et la moitié du précédent — furent disjoints de l'instrument principal*, pour être incorporés dans un acte distinct, appelé la « lettre des renonciations ». Cette modification, d'une portée, il est vrai, considérable, est la seule qu'ait subie le texte primitif, dont quelques dispositions, quoique désormais sans objet, ont été conservées dans la rédaction de Calais. On y lit, en effet, des articles tels que ceux-ci :

13 (anc. i3) : « //^m, est accordé, à fin que cest présent traictié puisse estre plus briefment accompli, que le roi d'Angleterre fera amener le roi de France à Calais, dedenz trois sepmaines, après la Nativité Saint Jehan Baptiste prouchain venant, cessant tout juste empescliement, aus despens du roy d'Angleterre, hors les fraiz de l'hostel du dit roy de France^ ».

89 (anc. ^o) : « Item, des hostage's qui seront baillez au roy d'Angleterre, à Calais, de la manière et du temps de leur département, les deux rois en ordeneront à Calais ^ n.

Sur le fait des otages, l'accord fut facile. Les « renonciations », au contraire, provoquèrent une discussion, probablement très vive^. L'article 12 du traité de Brctigny se terminait à peu près comme l'article ^o relatif aux otages : (( Et du temps et du lieu, où et quand les dites renonciations se feront, parleront et ordonneront les deux rois à Calais » ^. Il en fut parlé, en effet, et longuement, sans que les deux rois, eu plutôt leurs mandataires, pussent lever, par une solution immédiate, les difficultés prudemment éludées à Brétigny. On sait de quoi il s'agissait, dans l'espèce^. Pour Jean II, les renonciations comportaient l'abandon explicite, dans des formes et avec une publicité

I. Texte du traité définitif aux Arch, nat., J. 638, n° i (Musée, AE. III, ii° i3). Expédition originale, délivrée par la chancellerie anglaise/ scellée du grand sceau d'Edouard III. — Editions dans Rymer, III, i, 5i4-5i8, dans Cosneau, Les grands traités de la guerre de Cent ans, p. 33-68, etc.

a. Cosneau, op, cit., k']. — La diplomatie française et le traité de Brétigny, 9.

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