Ibid., p
aSa LE DAUPHIN A i/hôtel saint-pol
appelant, et messireMaingot Maubert, défendeur, une u bataille », « emprise de volonté )),ce qui ne signifie pas seulement que cette rencontre fut absolument volontaire, mais aussi qu'on laissa les deux champions en régler seuls les conditions, comme ils l'entendirent. La chaleur était excessive ce jour-là *. Or, il advint que messire Foucaut, incapable de maîtriser sa monture, descendit de cheval^ ; il n'en persista pas moins à combattre, à pied, ne cessant de harceler son adversaire, qui était demeuré en selle. A ce jeu, il se fatigua tant qu'il n'en pouvait plus ; aussi de temps à autre était-il obligé de s'asseoir sur un siège placé au bout des lices 3. Tous ceux qui le voyaient pensaient qu'il serait a déconfît », car il était à bout de forces et, en outre, malade d'un accès de fièvre quarte ^. Mais il faisait si chaud que Maingol Maubert, quoique à cheval, était en plus mauvais point encore. Atteint sans doute de quelque congestion subite, il s'affaissa sans connaissance, sur le pommeau de sa selle, prêt à choir sur le sol ^, son adversaire ne lui en laissa pas le temps. Il se traîna jusqu'à lui 6, le saisit par le cou et, le tirant à terre, fit tout ce qu'il put pour l'achever, mais vraisemblablement il était déjà mort "' . Peu s'en fallut que le vainqueur ne survécut pas à son triomphe; il était si épuisé que ses amis durent, avec l'au- ' torisation du Roi, le transporter dans son hôtel ; toutefois, un court repos suffit à lui rendre sa vigueur et ses forces ^.
On ignore le motif qui avait mis les deux champions aux prises ; mais cette rencontre eut un double épilogue. Le cheval du malheureux Maingot Maubert, qui appartenait de droit à Foucaut d'Archiac, fut
1. « . . .et fist moult grant chaut ccli jour. . . Mais ce grant chaut qtii csloit etc.. »
2. « Et avint que le dit Fouquaut descendi de dessus son cheval, pour ce que le dit cheval estoit un pou desrayé... » Ce dernier mot signifie ou que le cheval s'était emporté, ou plutôt qu'il était ingouvernable.
3. n ...et de foiz à autres se asseoit sur une chaiere qui estoit au bout des lices... » !\. « ...et si estoit lors malade d'un asses de qiiartaiue... »
5. » Mais du grant chaut qui estoit, le dit Maingot (jui tousjours estoit demourez à cheval lu en tel point que il perdit toute puissance, par tele manière que il se laissa pendre sur sou arson devant, et feust cheuz qui i'eust laissic longuement... »
G. • ...il ala vers li à trcs grant painne... »