‹ Histoire de CharlesChapitre 210 sur 301 · I. A. Brachet^ p · texte numérisé non relu

I. A. Brachet^ p

3o8 FTN DU RÈGNE DE JEAN II

tion fausse de Froissart que le médecin entretenait cette fistule, que c'était un cautère artificiellement créé par lui »^ Ils n'ont pas vu qu'en l'espèce il s'agissait d'une lésion spontanée, — la lésion ou blessure au bras gauche, déjà signalée et exactement qualifiée au xiv* siè cle^, — consécutive à « l'apostème », dont la vraie cause est malaisée à déterminer.

Rapporter tous les désordres décrits par Froissart, — fistule, chute des cheveux et des ongles, etc. — à une maladie aiguë 3, ne paraît pas très justifié, car les contemporains n'auraient pu ignorer cette maladie, et on en trouverait quelque inention dans les chroniques. La fièvre typhoïde, en particulier, vers laquelle incline A. Brachet*, aurait difficilement passé inaperçue.

Les médecins du xiv^ siècle, appelés à donner leurs soins à Charles V, classèrent certainement la fistule du Roi dans les manifestations scrofuleuses. C'est ce qui ressort du traitement qu'ils appliquèrent au malade^, et, en l'espèce, il semble bien que leur diagnostic, dicté par les seuls symptômes apparents, ait été exact. La fistule s'explique suffisamment par un état scrofuleux, surtout de forme mixte, c'est-à-dire compliqué de tuberculose à marche lente. Quant à la chute de§ cheveux et des ongles, elle peut être la conséquence d'émotions violentes, de secousses nerveuses, comme celles que, depuis i356, le dauphin avait maintes fois ressenties.

Resterait à préciser, si la chose est possible, l'époque à laquelle la fistule est apparue. A. Brachet ne l'a pas essayé, ou plutôt il s'en est

1. « Depuis vingt-trois ans, dit Sismondi, il portait par l'ordonnance d'un médecin allemand un cautère au bras ». — Henri Martin écrit de même: « La fistule ou cautère semblerait indiquer que le médecin le sauva d'une phtisie ». Cités par Brachet, p. 542-543.

2. (( Rex (Franciae) ita l<esus erat in brachio sinistro quod nullomodo potuisset celebrare » (Lettre du palatin, Robert duc de Heidelberg, à l'empereur Wenceslas; vers déc. 1397; dans les Deutsche Reichstagsakten, de Wcizsàcker, tome III. n° a3, p. 55 (, Gotha, 1877, in-4'). — Cité par A. Brachet, p. 538). Cette phrase fait allusion à l'intention qu'aurait eue Charles V d'entrer dans les ordres après la mort de sa femme, et au projet beaucoup plus ambitieux qu'on lui a prêté d'être élu pape et de conférer l'empire à son fils. Or, « les troubles moteurs du membre supérieur figurent au nombre des irregularitates ecclésiastiques », qui ne permettent pas de recevoir la prêtrise (A. Brachet, p. SSg),

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