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Brachet

4. Ibid., p. 544. — La dothiénenterie, c'est la fièvre typhoïde pour « les laïques ».

5. A. Brachet, op. cit.. p. 544-545. Ce traitement était nettement antiscrofuleux.

LES MALADIES DE CHARLES V 3o9

tenu au seul texte connu, celui de Froissarl, duquel on a toujours inféré que le dauphin est tombé malade en 13570U i358*. En réalité, la lésion au bras gauche doit étro postérieure de deux ou trois années. C'est ce qui résulte, au moins iniplicitement, du renseignement fourni par l'auteur de la Scalacronica, Thomas Gray. Au moment où fut conclue la paix de Brctigny, en mai i36o, le régent était assez souffrant d'un aposthne, pour que tout déplacement lui fût interdit. Le fait n'étant relevé dans aucune autre chronique, on ignore à quelle date le mal s'était déclaré. On peut toutefois compléter ce que dit Thomas Gray à l'aide d'une mention incidente, qui se rencontre dans deux actes du dauphin. Le i3 janvier i36o, le régent écrit à Thomas le Tourneur, l'un des 0 généraux députés sur le fait des subsides », octroyés par la Haute-Normandie, de lui envoyer d'urgence /400 royaux d'or à imputer u sur ce qu'il prend pour son étal n, sur le montant desdites impositions. Le mandement se termine par ces mots : « Et pour certain nous avons ceste chouse bien à cuer, et, afin qu'il vous appere, nous avons scellées ces lettres de nostre signet et les eussons signées de nostre propre main, mais nous avons esté un peu pesans et onques puis nous n'en peusmes nulles signer* ». Pareille injonction était adressée, le même jour, à Jean le Villain, trésorier des subsides de Normandie, et, dans ce second mandement, on lisait, — car présentement nous n'en avons plus que l'analyse, — les mots significatifs qui viennent d'être cités : « Et pour ce que vous saichiez que nous avons ceste chouse bien à cuer etc. ^ ».

Etant donnée la place de la lésion, — au bras gauche, — il ne s'agit point ici de l'impossibilité d'écrire, ou de se servir de la main droite, mais, semble-t-il, d'un malaise général, entraînant l'inaptitude à tout efl'ort physique, même le plus léger. Le régent était donc déjà malade

I. 11 a porlé celte rislulc pendant vingt-trois ans, jusqu'à sa morl survenue «fn i380.

a. Bibl commun, de Rouen, V. 3<,), ii° i35. — Original parchemin; jadis scelié.

3 Brilisti Muséum, Addilional nianuscripls, iin',o. Calalojfue de la collcclion Joursanvault, n* 808 (Le Louvre, i3 janvier i36o). « Mandement de Charles, régent le royaume de France, à Jean le Villain, pour lui en>oyer sans délay par le présent. messager 400 royaux d'or sur ce qu'il prend pour son eslal sur sa rc( elle, non obstant assignation qu'il en ait faite à Jean d'Orbec ou autres, « et gardés sur tant que vous doublés nous courrocier et nous faire desplaisir etc. ». Daté au Louvrc-lès-Ptris, le i3 janvier iSSg. « Et pour ce que vous saichiez que nous avons ceste chouse bien à cuer noui avons scellées ces lettres de nostre signet, et les eussons si^jnées de nostre propre main, mais nous a\ons esté un peu pesans et onques puis nous n'en peusmes nulles signer ».

3lO FIN DU RÈGNE DE JEAN II

dans les premiers mois de l'année i36o, et il est possible que l'état de dépression, qu'il indique lui-même si nettement, ait été suivi de l'apps^rition de l'abcès d'abord, de la fistule ensuite. Ajoutons que, le lomai i366, et sans doute depuis quelque temps déjà, il était logé dans l'hôtel de l'archevêque de Sens *, c'est-à-dire dans ce quartier auquel il attribuera plus tard une influence heureuse sur le rétablissement de sa santé..

Quelle fut la durée de la maladie ou, pour .employer ses propres expressions, des « maladies » du régent ? Sa guérison paraît avoir été Retardée par des récidives, peut-être même par des accidents nouveaux, de nature très différente. En dépit de l'assertion de Christine de Pisan, il n'est point absolument sûr q^ue l'enflure persistante et l'impotence chronique de la main droite, dues à la goutte ou à toute autre cause, si l'on ne partage pas le sentiment d'A. Brachet, soient postérieures au couronnement du Roi. Christine, énumérant les diverses infirmités de Charles V, les rapporte en somme indistinctement à une même époque, et il n'y a pas grand fond à faire sur une chronologie, dans l'espèce très imprécise ^. « Depuis le temps du couronnement, dit-elle, le Roi étant en fleur de jeunesse... ». N'y a t-il pas là comme une tégère contradiction ? Et quand on se remémore les expressions mêmes employées par Charles V, en i364 : « plusieurs grandes maladies que nous avons eues et souffertes en nostre temps », on est en droit de se demander si toutes ces maladies ne se tiennent pas étroitement et ne sont pas les unes et les autres, — l'œdème de la main droite comme la fistule, — antérieures à 1 année i364.

Quoiqu'il en soit, et sans vouloir trancher ici définitivement une question sur laquelle il y aura lieu de revenir, j'incline à supposer que le début de l'année i363 fut marqué par une dernière crise, après

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