Ibid., membr. 18 (i3 mars i
i. J. Delpit, Collection gén. des documents relatifs à l'histoire de France conservés en Angleterre, p. 117-iiy.
5. L'affaire du comté de Gaure, encore pendante en mars liOu, dut se régler par la soumission dcTlnili^e du comte dArmagnac (Arch. nat., J. O/ji, n'y). Cf. Moulezun, Hi$t. de Gascogne, 111, 36/i. « Le comte d'Armagnac perdait par ce traité le comté de Gaure. Le roi Jean, en le retirant de ses mains, lui promit cent mille écus, qui toutefois ne purent lui être comptés que pfusieurs années plus tard. »
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hostilités, l'affaire n'avait pas encore reçu de solution, bien que Ton n'eût pas cessé de négocier pour arriver à une entente *.
Pour le Ponthieu, le différend était de même ordre; il s'agissait aussi desavoir si certains châteaux, détenus ou revendiqués par Jean d'Artois, faisaient partie du Ponthieu. Ici encore, malgré les enquêtes et les procédures, la question n'était pas tranchée lorsqu'éclata la rupture de i3G9 ^.
3° Les renonciations. — Nous savons déjà qu'elles ne se firent point. Mais comment une clause de cette importance a-t-elle pu rester inexécutée ? C'est un problème qui, malgré d'ingénieuses tentatives d'explication, n'est point encore résolu. 11 est évident que le retard apporté à la délivrance des terres rendait impossible l'échange des lettres de renonciation aux dates primitivement Qxées : le i5 août ou, au plus lard, le.3o novembre i36i.
Quelle aurait dû être ccpendstnl la seule conséquence de ce retard ? La nécessité de proroger des délais reconnus insuffisants. Ainsi l'entendait Jean II, qui n'a jamais considéré le 3o novembre i36i comme un terme fatal, après l'échéance duquel les parties contractantes n'étaient plus tenues de faire les renonciations. Edouard III lui avait envoyé, vers le i5 novembre de cette même année, deux commissaires chargés de régler en une fois toutes les difficultés que soulevait l'interprétation du traité de Brétigny ou des conventions additionnelles de Calais •^. Ils avaient notamment pour mission de presser la délivrance des terres et l'échange des renonciations, qui était subordonné à la remise intégrale des territoires cédés. Or, voici sur l'article des renonciations la réponse de Jean II, d'où ne se dégage pas encore la thèse qui sera soutenue avecplus d'habileté que de bonne foi, par les légistes de Charles V * :
I. Celle question, à propos de laquelle on a multiplié les mémoires, sera reprise ullérieurcment. Je me coiileiiterai de renvoyer à une note substantielle de M. P. Guérin dans les Arch. Iiistor. du Poitou, t. XVII, p. SaO, n. i.
a. Arch. nal., J. 6/ji, n°' 5 et y. — Cf. du Tillcl, Recueil des rois de France, t. Il, p. wjd, 280.
3. Thomas de Uvedale, chevalier, et Thomas de Dunclent, licencié ès-Iois. — Pouvoirs dans Rymcr, 111, -j' p., p. 62(j. De comniissariis, ad intendendum liberationi lerrarum juxla formani pacis et renuntiatinnibus recipiendis (i5 nov. iStii). Cf. Pelit- Dutaillis et Collier, op. cit., p. nj.
If. Arch. nal., J. G^i, n" 5 : « Ce sont les responsesque le conseil du roy de France fait ans lequesles baillées au Iloy ou à sou conseil par les messaiges du roy d'.\n-
LES HENONCIATIONS 337
« Item, à la vu" requête faisant mention des renonciations etc., répond le roi de France, que, es convenances faisant mention desdites renonciations, est contenu qu'elles se doivent faire en un temps et semblablement, et toujours a été protêt l'est encore de faire icelles, et si les choses préalables auxdites renonciations n'ont été accomplies avant la fête de la Toussaint dernièrement passée (i36i), ce n'a été mie la
coulpe ou la négligence du roi de France et encore lui plaît-il que
la Chandeleur ensuivant (i362) ou Pâques soient subrogés aux termes de la Saint-Jean et de la Toussaint dernièrement passés, avec tout leur effet; et certes toujours en fera-t-il son devoir et pouvoir par toutes les manières qu'il pourra * ».
A son tour, vers le 20 mars i363, le roi de France envoya deux députés à Edouard III, — Jacques le Riche, maître des Requêtes de son Hôtel, et un conseiller au Parlement, Alphonse Chevrier, — afin de régler tous les points contestés-. Dans l'intervalle, c'est-à-dire depuis la venue de la mission anglaise, le cardinal.de Cluny, l'interprète le plus autorisé d'un traité, conclu grâce à son intervention directe, avait été délégué par le Pape auprès des deux rois, pour examiner leurs griefs réciproques et exiger d'eux la stricte exécution des conventions de Calais 3. A la cour de France, il avait notamment insisté sur le fait des renonciations, qui ne devaient plus être différées ^, et il avait obtenu sans peine l'adhésion de Jean 11. Un article des instructions données aux envoyés du Roi est d'une précision telle, qu'on ne comprend vrai-
glcterre, son 1res cher et 1res amé frere louchans le traillié de la paix ». Le document n'est pas daté, mais il ressort des indications chronologiques fournies par diverses lettres qui y sont insérées que sa rédaction eîit postérieure au 10 janvier i36i et antérieure au 2 février i36i.
I . Texte rapproché du français moderne. — Il y a bien quelque confusion, non intentionnelle peut-être, entre les renonciations et la délivrance des terres. Les renonciations n'ont pu être faites avant l'époque fixée. Le roi de France répond à la réclamation d'Edouard III en proposant de nouveaux termes pour la délivrance des ferres. Il est vrai qu'on aurait reporté du même coup à une échéance ultérieure, et à déterminer, l'échange des renonciations. Les deux questions étaient liées.
3. Arch. nat , J. G^i, n* 9. « Instruccion donnée par le Roy à mcstre Jaque le Riche, mestre des requestes de nostre hostel, et à meslre Alphon[se] Chivrier, mestre de parlement, noz conseillers, sur ce que nous avons à faire de présent en Angleterre • . (Bois de Vincennes, 20 mars i3C2.)
3. Ibid. B Et premièrement le cardinal deClugny nousa exposé (ju'il a receu commandement de nostre Saint Père le Pape d'aler par devers nous etc. n.
'1. ibid. a ](em, nous a requis le dit cardinal que nous feissions les renunciacions etc. »
Histoire de Charles V. — II. 2Z
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ment plus pourquoi les renonciations n'ont pas eu lieu dans la forme prescrite *. La délivrance préalable-des terres n'y mettait pas obstaclç, puisqu'il ne restait plus à s*enlendre que pour le comté de Gaure, le Ponthieu et la terre de BelleviUe. Ces questions litigieuses, d'importance secondaire, auraient pu être réservées sans inconvénient, pour permettre de donner à la paix de Brétigny la seule garantie qui lui fît encore défaut. Jean II poussait à ses dernières limites l'esprit de conciliation. Que demandait donc Edouard III et pourquoi n'a-t-il pas répondu aux avances de son ancien adversaire, devenu son allié ?
Une hypothèse séduisante, mais trop gratuite, consisterait à supposer que, depuis son retour, Jean II ne gouvernait que de nom, le dauphin et les membres les plus influents de son Conseil ayant retenu, à l'insu du Souverain, le pouvoir effectif. De cotte façon, les fautes, les maladresses, commises par le Roi, auraient été prévenues ou corrigées ^. Tenant peu de compte de ses instructions quari'd elles allaient contre les intérêts du royaume, ses ministres ne se seraient fait aucun scrupule de substituer leur politique à la sienne. Le xiv' siècle aurait connu déjà, non pas ce qui s'est pratiqué quaire cents ans plus tard et qu'on a nommé « le secret du Roi », mais exactement le contraire de ce double jeu diplomatique.
I. Ibid. a Auquel (le cardinal) nous avons respondu que, quant noslre dit frère les voudra faire, nous les ferons semblablement, et par miex monstrer noslre bonne voulenté avons baillié noz lettres sur ce faites à noz diz messaiges et ferons ycelles devant notaires, les quelles ilz bailleront à nostre dit frère ou à ses gens par recevant les semblables, et facent noz diz messaiges, se mestier est et il en sont requis, que les rcnunciacions à bailler et à faire soient d'autel vertu, comme se elles eussent e»té faites à la Touz Sains et baillées à Bruges à la Saint Andrieu nouvellement passés. Et se les genz de noslre dit frère disoient car fsicj il n'y est tenuz de faire jusque^ nous aions baillié la conte de Gaure etc. soit respondu que pour si peu ne devroit mie demorer si grant bien à faire, mesmement quar il ont ja delivrence de Bigorre et de Rouerge, les quelles n'estoient pas nécessaires à délivrer pour la renunciacion faire, et, se autrement ne povoit passer, offrent de bailler touz les ans ii" ou m» livres ou jusque à v* (en marge : « Fiat sermo régi j>) tournois au roy d'Angleterre ou à son receveur jusques à tant qu'il aient le dit conté de Gaure selon la teneur du traitlic, et pourront dire que par les renunciacions cessera la clause de la retenue faite par nous ou bail des terres de la langue d'oc, et est leur proufit, quar, les dites renunciacions faitez, ilz auront la remission des procez pendant en parlement des pais à euls livrez, les quelles ilz requièrent, et si seront les alliences pures et sinpies du traittic de Brétigny qui sera sans condition, et les alliences des Escoz quant à nous et les alliances de Flandres quant à nostre dit frère qui seront ostées etc. »
a. Voy. Petit-Dutaillis et Collier, op. cit., p. 2b.