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Secousse, liecueil

Histoire de Charles V. — II. 24

tains artifices de mise en scène*. Etienne Marcel a fort bien vu que, par une tactique familière à la royauté, le régent cherchait à opposer (( les menus », c'est-à-dire u le quatrième état », à la bourgeoisie parisienne 2.

Après l'avènement de Charles V, d'autres habitudes prévaudront, rendues nécessaires par le délabrement de plus en plus grand de la santé du Roi. Les infirmités prématurées lui interdiront de paraître à la tête de ses armées. Les temps orageux sont passés, et il n'est plus nécessaire de haranguer la multitude sur la place publique. Charles V se confine dans la retraite, mais dans une retraite studieuse, singulièrement active et féconde. De sa « chambre » 3, le roi « sage » , « subtil » ^ et « retors » ^, tient tous les fils de sa politique et les fait mouvoir à son gré. Même alors, il n'a pas renoqcé à saisir l'opinion publique des questions où l'intérêt du royaume est engagé. Il le fera notamment avant d'en venir à l'acte décisif, qui rallumera la guerre franco-anglaise 6. Il le fera par scrupule, par prudence, par la pente naturelle de son esprit; mais au fond sa volonté était depuis longtemps arrêtée. Si réservé, si mystérieux qu'il fût, il n'avait pu tromper les observateurs, perspicaces ou bien informés. A peine régnait-il depuis quelques mois, que ses projets, — et d'autres beaucoup plus ambitieux, supposés gratuitement, — étaient dénoncés à Edouard III 7. Tout son règne est dominé par l'idée de déchirer le traité de Brétigny et de reconquérir les provinces perdues. Cinq années furent données à la préparation de la guerre ; il fallut moins de temps encore pour réaliser les desseins du Roi et obtenir des résultats que, seules, la folie de Charles VI et de lamentables rivalités, purent mettre à néant.

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