Fnjissnrl. V, lOo
.S. Ibi'l.. i<),Vi73.
'i. Jhi'l.. p. i.iv, i83-i83.
. '}. Altigny ; .\rdennes. arr* de Vouzier^i. ch. 1. doc"".
<>. Fruissarl, V, lxmii, £1. 8.
ce roiilicr cupide et retors, qui lui semblait, par suite d'une véritable aberration du sens moral, un licroïquc paladin ^
La fascination (|u'excr<:ait cette vie d'aventures, que nous jugeons si sévèrement aujourd'hui, est prouvée par des témoignages caractéristiques, déjà plusieurs fois relevés. Ce n'est pas seulement Aimerigot Marchés (pii, inconsolable de s'être un instant retiré dos « alTaircs », termine ses doléances par ce cri de triomphe et de r'^grel : « Par ma foi ! cette vie était belle et bonne- ». En plein règne de Charles V, quand la maison d'Albret a réalisé par imc alliance presque royale les espérances les plus ambitieuses qu'elle eut pu concevoir, Arnaud Amanieu, sire d'Albret, beau-frère de la reine de France, n'a que du dédain pour une existence dorée, mais régulière et moins lucrative.
« J'avais plus d'argent, dit-il crûment un jour, et mes gens aussi, quand je faisais la guerre pour la partie du roi d'Angleterre que je n'en ai maintenant ; car quand nous chevauchions à l'aventure, il nous tombait en la main aucuns riches marchands de Toulouse, de Condom de la Héole ou de Bergerac. Tous les jours nous ne l'aillions point que nous cstoffions nos superlluités et jolietés ; et mainlcnanl tout nous est mort » •^. Les derniers mots sont d'une mélancolie inattendue et piquante. Froissart, devant qui ces confidences furent faites, a dû plaindre le (' pauvre brigand ».
VI. — La chevauchée de Kobert Knollcs, les aventures d'Eustache d'Auberchicourt, qui nous ont entraînés (juelque peu au-delà des limites chronologiques de ce chapitre, n'étaient que des conséquences indirectes de la lutte engagée entre le régent et le roi de Navarre. La prise de Saint-Valery par le connétable Moreau de Eiennes et Gui de Chatillon est, au contraire, un épisode important de «:ette guerre, et qui nous ramène aux premiers mois de l'année i35().
Froissart a donné au siège de Saint-Valery des proportions épiques.
I. Froissait, V, lwmi. m. ^!. — S. Liicc, llist. de B. du (iuescUn, p. acja.
a. Froissarl, édil. KcTxyii de Lcllcnhove, l.XIV, p. iG/i. — i^.Luce, Hist. de la Jacquerie, r ûdil.. p. 17 iS. — A. Cliéresl, L' A rchi prêtre, p. 33 et suiv.
3. Froissarl, édil. KtTvyii do Lcllcnhovc, t. \l, p. aa8; A. Cliérest, L'Àrchiiaèlre, p. 3. '«3.). Kroish^rl .so demande, il est vrai, ^i ceci ne fut pas dit par manièro de plaisanterie; mais, lotit considéré, le chroniqueur incline à penser que le propos était sérieux et que le sire d'Albret regrettait presque d'être « devenu Français. »