LE SIKGE DE SAINT- VALERY-SUR-SOMME
D'aprèshii, iln'aiirnit pas dure nioinsdcsepl mois(aonl i358-avril i359). Kn rcalilô, les événcmcnls amplifiés par le chroni(|iieui', contre loiilc vraisemblance, se dcroulèrenl entre le i5 elle iîq axiil i^aç) *.
Les assiégés, gens de cœur el bien pourvus d' « arlillorie •>, se défendirent énergiqucmenl, mais, un étroit blocus ayant été établi autour de la place, la famine, el surtout le manque d'eau douce, se firent bientôt sentir. La garnison dut se résigner à capiluliM-. Elle obtint, d'ailleurs, des conditions honorables; elle put se retirer en toute liberté -. Trois jours à peine s'étaient écoulés depuis la capitulation, quand arriva une armée de secours que Philippe de Navarre, le jeune comte d'Harcourt et Jean de Picquigny avaient formée à Mantes et à Meulan ^.
Le connétable de France et le comte de Sainl-Pol, ayant su que les Navarrais n'étaient qu'à trois lieùcs de Sainl-Valery, prirent leurs dispositions pour ne pas les laisser échapper. C'est alors que commença la retraite audacieuse cl habile, qui fait le plus grand honneur à Philippe de Navarre. Ses adversaires, il est vrai, ne surent pas profiter de leur supériorité numérique, et le connétable montra, dans la poursuite, une mollesse et une impéritie inexplicables '*.
Au lieu de se replier sur le bassin de la Seine, les Navarrais passèrent sur la rive droite de la Somme et allèrent s'enfermer dans le château de Long-en-Ponthieu, dont Jean de Picquigny s'était emparé au début de la campagne^. Serré de près par les Français, qui, le soir même, vinrent camper devant la forteresse, Philippe de Navarre ne commit pas la faute de se laisser bloquer dans la place, où le manque
r. s. Luce. Froissart, V, xliv, ii. <",. — L"('[i()(|iio du siège est ainsi (jxco par la Chronog raphia, II, a85 : « Deindc Icinpore vernnli diclus coines Sancli Paiili cl aviiiiciiliis smis Morelliis, dominus de Kiemics, conoslabulaiius Krancic.... cmn pluribiis aliis nobilibûs et cum prelata génie commuiii abicriinl <'t obsederunl \illain S;incli Wallerici... ». — Cf. Conlin. chroniri Guili de Nangiaro, II, î8:! : <( Aiino Doinini MCCCLIX inclioarido anniim in l^asrlialc, sicul prius, eNcneninl ca «piîe se(|niinlnr Circa islud tempus ronnoslabilis Kranci.T, vidclicct dominus (/e F/cm/ics, cun» iniillis armalis do Picardia, luil anle forlalitiuin de VValericia snpra mare, in Picardia, contra .\ngHcos, qui ibidem stabant, etc. ».