C, P. : entendre
43o PIÈCES JUSTIFICATIVES
aidera contre le dit roy Nostre Seigneur Jhesu Crist, en qui toote nostre fiance est.
Si vous signifions, ires cher et très amé frère, toutes ces choses, afin que nous soions tenuz pour bon et vray seigneur, et que en nous n'a tenu que la dite paiz n'ait esté tenue, et aussi qu'il vous appere le très grant tort que le dit roy a envers nous, les perilz et perplexitez où nous avons esté, et les très granz faussetés et mauvaistiez contre nous perpétrées et pourpensées.Et vous prions, très cher el très amé frère, que vousnevueilliez croire le contraire, seil vous estoit rapporté ou escript par aucuns noz ennemis, quar nous vous escrivons la vérité des choses, et de ce appelions Dieu et le monde à tesmoing. Etires cher et 1res amé frère, comme nous ayons entencion et volenté de résister prestement aus diz roy et Anglois qui s'efforcent de déshériter Monseigneur, nous et noz frères, nous vous prions tant acertes comme nous povons qu'il vous plaise à nous venir en aide et secourre le plus efTorcement et le plus briefmenl et hastivemeut que vous pourrez, et de ce ne nous vueilliez faillir, très cher et très amé frère, si cher comme vous avez l'onneur et sauvementde nous, de noz frères et delà coronne de France, car à plus grant besoing ne vous povons-nous prier ne rcquerre. Et, à l'aide de Dieu, de vous et de noz bons feaulx amis et subgiez, nous mectrons paine et diligence à résister aus diz ennemis, etk les bouter hors du royaume par telle manière que ce sera à leur grant confusion et perte, et à l'onneur de Monseigneur, de nous, de vous et de louz les bienvueillanz et subgiez du dit royaume. Très cher et très amé frère, le Saint Esperit vous ait en sa sainte garde!
Escript à Paris le derrenier jour d'aoust.
Gontier*. »
Au dos se lisent les deux cotes suivantes :
1° (( Quaedam littera missa per dalphinum domino Amedeo, comiti Sabaudie, notifficacionis prodicionis facte eidem cjalphino et Régi per reges Anglie et Navarre et prepositum mercatorum Parisius et confessata per proditores officiarios Parisienses, justiciatos, qui vplebant interficere regem Francie et facere se regem. » (xv'' siècle.)
2° « Li 3i agosto senza l'anno. Lettera missiva del Delfino scritta ad Amedeo conte di Savoia, per la quale gli da aviso si come li Re d'inghillerra et Navarra ed il preposlo de mercanti havevano conspirato di occidere il Re di Francia,per farsi loro Re, come per confessione de gli officiali traditori giusliciali a Parigi ne consta. » (xvii' s. environ.)
I. Dans les Lectures historiques à la Sorbonne, F. Combes fait suivre la date d« ce mots : « Signé ; Charles, dauphin ; Gontier. secrétaire ».
L'adresse manque au dos de la lettre. C'est peut-être ce qui a conduit Auguste Molinier à écrire : u Rien ne dit dans la pièce que le destinataire de la lettre soit le comte de Savoie » *. Molinier a pourtant cité le document sans modifier, ni contester autrement, l'attribution courante^ : (( Lettre du dauphin Charles au comte de Savoie etc. o. Ij^ervyn de Lettenhove avait émis, incidemment, une opinion contraire. Publiant à son tour, au tome Vi de son édition des Chroniques de Froissant, le texte mis en lumière par F. Combes, it dit que le destinataire de la lettre était un des frères du régent, probablement Jean comte de Poitiers 3, mais il n'apporte aucune preuve à l'appui de cette assertion, et il est possible qu'elle ait eu pour fondement une simple méprise. En effet, lérudit belge faisait, par inadvertance, d'Amédée VI non pas le beau -frère, mais le cousin du régent. Dès lors, les mots « Très cher et 1res amé frère » ne s'appliquaient plus au comte de Savoie. Ils sont, en réalité, les seuls qui convinssent, et les seuls dont Charles V ait toujours usé en écri"vanl au Comte Vert, lequel avait épousé la sœur de la dauphine.
Ce qui pourrait rendre suspecte une attribution presque unanimement acceptée, c'est la rédaction de certaines phrases de la lettre. Quand on lit avec attention ce document célèbre, on éprouve quelque surprise à voir les projets qui sont prêtés à Etienne Marcel et à ses complices. Le régent parle des « grans, mauvaises et fausses traiisons faites et pourpensées contre Monseigneur, nous, vous et noz autres frères ». Comment croire que le comte de Savoie eût quelque chose à redouter, soit du roi de Navarre, soit des Parisiensjligués avec lui ? Un autre passage n'est pas moins embarrassant. Rapportant les aveux arraches à Thomas de Ladit, chancelier de Navarre, le prince s'exprime ainsi : a ... il a confessé que depuis que le connestable de France fu tuez par le dit roy (Charles le Mauvais) il ne finerent ne cessèrent de machiner la mort et le desheritement de nous, de vous, de noz autres frères et de nostre dit oncle (le duc d'Orléans)... ». Ainsi donc il se serait agi, non seulement de faire périr le comte de Savoie, attentat
1. Les sources de l'Histoire de France, t. IV, Paris, Picard, 190.'», p. 07, n" 5296.
2. S. Luce, dans les Chroniques de J. Froissart, t. V, p. xxxiv, n. i ; N. Valois, Bibl. de l'Ecole des Chartes, 188G, p. G7G. Compte-rendu de la publication de Jules Tessier, La mort d'Etienne Marcel, etc. ; Jules Tessier, op. cil., p. 9, etc.
3. Chroniques de Froissarl, VI, 478 : « Je dois à l'obligeance de M. Gastelli, directeur des archives royales de Turin, la copie d'une lettre où le dauphin raconte les troubles de Paris à l'un de ses frères, probablement à Jean, qui se trouvait alors en Languedoc; et on comprend aisément que celui-ci l'avait communiquée au duc de Savoie, cousin du duc de Normandie, qui réclama ses conseils après la bataille de Poitiers ».
aSa PIECES JUSTIFICATIVES
inutile et d'une réalisation difficile, mais' encore de le dépouiller de ses domaines héréditaires, car c'est bien ce qu'il faut entendre par le déshéritement. Il est vrai qu'à la fin de la lettre, où reparaît une fois de plus la même énumération, un grattage de l'original n'a pas laissé subsister le mot vous, inexplicable et invraisemblable. Le roi de Navarre et les Anglais ne sont plus accusés que d'avoir voulu « deshériter Monseigneur, nous etnoz frères » ; du comte de Savoie, il n'est plus question. Que conclure de là? Je ne crois pas qu'il faille chercher un autre destinataire de la lettre du 3i août i358 que le comte de Savoie. Si la lettre ne lui avait pas été écrite, se serait-elle conservée dans les archives de la maison de Savoie? Une cote du xv^ siècle prouve que, de bonne heure, on n'y voyait pas autre chose que ce que Fr. Combes y a vu, et presque lout le monde après lui. Quant aux particularités de rédaction signalées plus haut, elles pourraient tenir à une exagération maladroite; pour intéresser Amédée VI à la cause du régent on aurait essayé de lui suggérer qu'il avait les mêmes ennemis et courait les mêmes périls, mais il est, je crois, plus simple et plus vraisemblable de supposer que ce manifeste a été adressé, simultanément, en plusieurs expéditions, à tous les frères et beaux-frères du dauphin ; on ne se sera pas avisé de faire dans l'exemplaire, envoyé au comte de Savoie, les changements nécessaires. Quoi qu'il faille penser de la question d'attribution, rien ne saurait diminuer l'intérêt de ce document, d'une partialité évidente, mais qui n'en reste pas moins une source d'information infiniment précieuse.
Septembre i358, Londres.
Lettre de Jean II aux consuls et habitants de Montpellier. Il les remercie de V accueil qu'ils ontfcCit à son fils, Jean, comte de Poitiers, lieutenant du Roi en Languedoc et surtout du bon vouloir qu'ils montrent pour sa propre délivrance.
(Arch. commun, de Monlpellier. Fonds du Grcind Charirier. D. XIX. — Original,
papier, lettre close.)
(( De par le Roy.
« Noz très chiers, feaulz et bien amez. Nous sommes acertenez par lettres que noslre bien amé l'evesque de Therouenne, nostre chancellier, nous a envolées, et par relation de nostre amé Guillaume Vidal, maistre de noz ports nous a {sic : à nous) faicte de bouche, comment
VOUS et cliascun de vous avés receu bel et gracieusement Jehan, nostre très chier til/. et lieutenant, le conte de Poitiers, ou pays par delà, et de la bonne obéissance que vous avés monstre à nous et à li, et comment vous, aians grant compassion de nous, avés respondu à 11 et à noz autres gens très gracieusement, et comme bons et loyaux subgiez avés octroyé la finance et ayde, qu'il vous ont requis pour nous et pour nostre délivrance, dont nous vous mercions tant acertes et de cuer comme plus povons, car nous appercevons bien le grant amour, loiauté et vraye obéissance que vous avés monstrée en ce fait, et monstrez encores continuelment à nous, à nostre dit filz et à la couronne de France, et aussy la bonne et grant volenté de cuer que vous avez à nostre délivrance. Et vous prions bien acertes que la dite finance vous weilliez avancier, par telle manière que pardelTaut de paiement, au terme que nous avons promis, nostre dite délivrance n'en puisse estre empeschée, ne retardée. Car, se defîaut y avoit, tout nostre traictié et délivrance pourroient estre empeschiez, ou au mainz delaiez et retardés, qui seroit au grant deshonnour de nous et de vous et de noz autres bons et loyaux subgiez, et dampmage k nostre royaume, et péril s'en pourroient ensuir, telz que jamais ne pourroient estre amendés. Et voulons bien que vous sachîés que nous recongnoissons bien de tout nostre cuer la grant amour et obéissance, loyauté et bonne volenté qup vous avés à nous et que vous nous monstrez à cest grant besoing, et l'entendons bien à recongnoistre, à l'ayde de Nostre-Seigneur, nous retournez en nostre royaurne. Et aussi voulons nous que le dit Jehan, nostre filz, le recoignoisse de fait envers vous, car nous nous reputons bien tenus à vous et au dit pays, pour nous et noz successeurs perpetuelment. Et vous prions encores bien acertes que vous weilliez touz jours persévérer de bien en miex en vostre bonne loyauté et obéissance envers nous, nostre dit filz et la couronne de France. Escript à Londres le (sic) jour de septembre.
« Jehan. »> ^
Gacliel de cire rouge.
Au dos : (( A nos très chers, féaux et bien amez les consulz et habitans de Montpellier.
(( Recepta die xvinovembris M° GGG° L VIII ; tradita perG. Vitalis, magistrum portuum regni. »
Histoire de Cliaries V. — H, 28
39 mars iSSg, Londres.
Lettres de créance du roi Jean pour l'archevêque de Sens, tes comtes de Tancarvilte et de Dammdrtin, chargés d'apporter aux gens des Comptes, à Paris, le traité de paix récemment conclu avec le roi d'Angleterre.
"(Bibliothèqtre commun, de Rouen, collection Leber, n. 6870, t. I, fol, 83-83'°. — Copie de Menant, d'après le Mémorial C, fol 2 53'", de la Chambre des Comptes.)
(( Littera credencie domini Régis et facti sui.
(( Copia. De par le Roy. Les gens de nos Comptes à Paris. Pour ce que nous tenons fermement que vous estes bien desirans d'oir souvent bonnes nouvelles de nostre estât, nous vous faisons scavoir que, au partir de ces lettres, nous estions en bonne santé du corps, à la merci nostre Seigneur, et sommes en accort de paix avec le roy d'Engleterre, par lequel acort sommes tenus à li faire avant nostre partir d'Angleterre certaines choses dont noz amez et féaux conseillers l'arcevesque de Sens et le comte de Tanquerville et de Dommartin, que nous envoyons pour ce et pour autres choses par delà, ou l'un d'eus, vous parleront plus à plain, si comme enchargé leur avons. Si vous requérons et mandons, sur l'amour que vous avez à nous et sur la foy et la loyauté que vous nous devez, et si cher comme vous avez nostre pais et nostre délivrance, que nos diz conseillers, et chacun d'eux, vous créez, et faictes ce qu'il vous requerront sur ce de par nous, car nous avons en vous très parfaite fiance, et de toutes nos autres besoignes par delà. Donné à Londres le 29" jour de mars. »
A la suite :
u Quas litteras recepimus per manum dicti domini archiepiscopi die 27' aprilis 1359 ».
30 juin 1359, Hartford.
Lettre de Jean II aux Communes de ta sénéchaussée de Beaucaire, pour les presser de lever l'argent nécessaire à sa délivrance.
(Arch. commun, de Montpellier. Fonds du Grand Chartricr, D. XIX. — Original
papier, lettre close.)
(( De par le Roy.
K Très chers, féaux et bien amez, nous avons pieça sceu comment
VOUS, en continuant vostre vraie obéissance et amour. envers nous en Testât où nous somcs, ou quel nous appercevons noz bons et loiaux amis, nous avez volenlicrs et de bon cuer ottroié certaine somme de tlorins, pour tourner et convertir ou fait de noslre raençon, en offrent oultre voz corps et vos biens, pour le fait de nostre rançon et de nosire délivrance, dont les messaigers, qui de par vous sont venuz devers nous en Angleterre, nous ont plus plenement parlé, et par eux vous en escrivons nostre entencion et volenté, et encores vous en mercions tant comme plus povons, et, pour ce que nous savons de la bonne volenté du roy d'Angleterre que de legier enclineroit à nostre délivrance, se toute la somme que nous devons paier avant nostre partir d'Angleterre estoit preste de- paier, et aucunes autres choses, qui nous sont bien plus legieres à faire, nous vous prions et requérons tant chèrement comme plus povons, et si cher comme avez nostre dicte, délivrance, que, se la dicte somme n'est levée, vous la faciez tanlost cuillir et lever et tenir en voz mains, sanz la bailler ne ordener à autre jusques vous aiez certaines nouvelles de nous sur nostre dicte délivrance, et de ce ne nous vuillez faillir en toute amour, loyauté et obéissance, et vuillez dire vostre response sur ce à nostre amé et féal chancellier et à noz autres gens, qui sont pour nous par delà. Et, pour ce que nous tenons fermement que vous estes bien desireus d'oir souvent bonnes nouvelles de nostre estât, nous vous faisons savoir que, au partir de ces lettres, nous estions en bonne santé du corps, la merci Nostre-Seigneur. Donné à Herlfort le xx" jour de juin.
(( Jehan ».
Cachet fruste de cire rouge.
Au dos : (( A noz très chers feaulx et bien amez les communes de nostre seneschaucie de Beaucaire. »
<( Recepta die xviii augusti M" CGC" L° VllII" in Biterris, ubi erant communitates lingue occitane. »
Sojuin 1359, Melun.
Lettres de rappel du régent aux habitants de Hlom et des autres bonnes villes du bailliage et des montagnes d' Auvergne, pour leur demander une réponse ferme au sujet des 600 « glaives », que le pays d Auvergne devait fournir pour la défense du royaume.
(Arch. commun, de Riom, EE. I. — Original, parchemin, jadis scellé.)
(( Charles, ainsné fil (sic) du roy de France, régent le royaume, duc
de Normendie et daulphin de Viennois. A noz bicuamez les^bourgois et habllans de la ville de Rion en Auvergne et des autres bonnes villes du bailliage d'Auvergne et des monlaignes d'Auvergne, salut. Comme à l'assemblée qui fu à Paris, à noslre mandement, au mois de Pasques darrain passé, sur le fait du traictié de pais, parlé en Engleterre, entre Monseigneur et le roy anglois, eut esté avisé que, pour faire bonne guerre contre Içs ennemis du royaume et de la couronne de France, chascun bailliage feroit certain nombre de gens d'armes, ou le paiement de leurs gages, pour cest an présent, et lors nous ottroia la ville de Paris six cens glaives, trois cenz archier.s et mil brigans, à leurs gages, et, entre les autres bailliages, fu avisé que les villes de Rion et de Cleremont, et tout le dit bailliage d'Auvergne et des montaignes, pourroit et devroit faire cinq cens glaives, si comme autrefoiz le vous avons signifié, en vous mandant pieça par noz autres lettres que de la deliberacion et accort, que fait auriez sur ce avec le commun du dit bailliage, vous nous feissiez certaine response dedenz l'endemain de la feste de la Trinité darrain passé ; sur les queles choses vous ne nous avez encores mie certifiez, combien que le dit terme soit passé, dont moult nous merveillons, maemement car vous savez le granl besoing et haste qui en est, et le grant péril qui est et puet estre en la demeure, et savez bien que nous sommes sur les champs à MeJeun, avec noz gens d'armes, ce que nous en poons avoir à présent. Pour quoi nous vous mandons et estroitement commandons que, sur la feaulté, obéissance et amour que vous avez à Monseigneur et à nous, veues ces lettres, vous nous certifiez plenement, sur les choses dessus dites, de tout ce que fait en aurez et entendez à faire, par quoi nous soyons plus asseur (sic) de nostre fait de la défense du roiauipe et du peuple d'iceli, si comme le cas le requiert, et, ou cas que nous ne serions à Paris, envoiez la dite certiffioacion etresponseà nostre Grand Conseil à Paris, les- quels ordeneront en oultre ce que à faire en sera. Donné à Meleun le darrain jour de juing l'an de grâce mil CCC cinquante et nueuf.
(( Par Monseigneur le régent, à la relation du Conseil :
« J. Mathe. »
PIBGE8 JUSTIFICATIVES ^^3'
ai août [1359], Poiiloise.
Le régent aux habitants de Montpellier. — Annonce de la paix conclue
avec le roi de Navarre.
(Arch. comm. de Montpellier. Fonds du Grand Chartrior, D. XIX. Parchemin ; lellre
close.)
(( De par le Régent le royaume de France, ducde Normandie et dauphin de Viennois.
. « Chiers et bien amez. Si comme vous povez savoir, pour cause du traltié qui estoil entre nous et le roy de Navarre, nostre frère, nous sommes venuz à Pontoise, et cestui lundi darrain passé nostre dit frère vint illeucpar devers nous, souz nostre seurté, moult amiablement, et mercredi ensuivant, par la grâce de Dieu et de sa glorieuse Mère, nous avons eu acort et bonne paiz ensamble, sanz ce que quanta présent il ait voulu prandre de nous aucunes villes, chasteaux ne deniers, combien que nous li en aions offert à bailler, mais a dit que, pour ce que il scet que nous avons moult à faire à présent, et que, selon ce qu'il se portera envers nous, nous le saurons bien veibir et recognoistre, de toutes choses s'est mis à nostre volenté et ordenance. Et nous a promis en bonne foy, devant nostre Conseil et touz ceulz qui estoient par devant nous audit jour, que, à l'aide de Dieu, il pourchacera de tout son povoir la délivrance de Monseigneur et fera guerre avecques nous contre touz les Anglois et touz autres ennemis du royaume, et aussi que toutes les forteresses qui sont occupées par noz ennemis, par lui et en son nom, seront au délivre, senz delay. Et celles que l'on ne li vouldra rendre, lui et tout son povoir feront tele diligence de les mettre au delivre que nous et tout le royaume serons contens de sa bonne diligence. Donné à Pontoise le xxi* jour d'apust.
« J. Sardignon. »
Plus d'adresse. Au dos, d'une main contemporaine : « Recepta die xx'septembrisMCCCLVIlll. »)
12 octobre iSSq, le Louvre.
Lettre du régent aux consuls et habitants de Montpellier, pour leur demander de lui envoyer le plus grand nombre d'hommes d'armes qu'ils pourront mettre sur pied. — Le roi d'Angleterre « est entré en mer et vient descendre à Calays ou en Normandie » ; le prince de Galles, le duc de Lanças tre et le comte de Richmond sont déjà à Calais.
(Arch. commun, de Montpellier. Fonds du Grand Chartrier, D. XIX. — Original,
parchemin; lettre close.)
« De par le Régent le royaume de France, duc de Normandie et dalphin de Viennois.
((Très chers etbienamez. Nous avons nouvellement entendu tout pour certain que le roy d'Engleterre est entré en mer et vient descendre à Calays ou en Normandie, et jà sont descendus à Calays le prince de Gales, le duc de Lancloistre et le comte de Richemont, à grant etîort de gens d'armes, les quiex l'en estime à douze mille combatans et plus, et se appareillent forment pour chevauchier, et jà sont sur les champs et entendent à eulz^ traire es parties de France. Si est nostre entencion, à l'aide de Dieu, de vous et des autres bons, loyaulx et vrays subgiez du royaume, de les combatre et de leur faire tele résistance que nous les puissions débouler, à l'onneur de Monseigneur et de nous, et au prouffïtde tout le.. royaume. Pour ce vous requérons tant et si acertes comme plus povons, et nientmoins. mandons, sur toute la loyauté et amour que vous avez et devez avoir à Monseigneur et à nous, et si ch^icr comme am(îz nostre honneur et le bien commun de nous et de tout le royaume, vous envoiez par devers nous tantost et sanz delay, ces lettres veues, toutes excusacions pessans, la plus grant quantité de gens d armes que vous pourrez finer ne assembler, pour nous secourir à ce besoing, lequel nous repputons le plus grant où vous le puissiez faire,. et ce faites Ires hastivement et sanz delay, car le fait le désire, et pour ce que vous sachiez que nous avons ceste besongne à cuer sur toutes autres, et que il vous appaire que ce procède de nostre propre conscience et volenté, nous avons cy-dcssouz escript nostre nom de nostre propre main. Donné à Louvre lez Paris le xii" jour dottobre. (' Charles ».
Sur l'attache de parchemin : « A noz bien amez les Consuls et habitanz de la ville de Monlpcllier. »
Au dos : (( Rccepta xuii nov. M, CCC. L Vllll ; tradita per Guilhotum Raymundi, cursorem domini cancellarii Piclavensis. »