‹ Histoire de CharlesChapitre 284 sur 301 · X\XVI · texte numérisé non relu

X\XVI

i3 janvier i36o, Le Louvre.

Lettre du rétjent à Thomas le Tourneur lui renouvelant l'ordre, antérieurement donné, de lui envoyer la somme de quatre cents royaux d'or, pour son état, prélevé^ sur les subsides de Normandie. — Allusion à une maladie ou une indisposition du dauphin.

(Bibl. de la ville de Rouen, Y. 29, n» i35. — Original, parchemin, jadis scellé).

(( De par le régent le royaume de France, duc de Normendie et dalphin de Viennois.

« Maistre Thomas, nous ecripsons à vous et à voz compaignons que par Jehan le Villain, trésorier generaul des subsides à nous darrenierement octroiez en nostre pais de Normendie, vous nous faciez délivrer la somme de quatre cenz royaux d'or, sur ce que nous prenons pour nostre estât sur les diz subsides. Si vous mandons, sur toute l'amour que vous avez à nous, que en ce vous mettez bonne diligence et que faute n'y ait en aucune manière, et nous vous envoyons descharge de la dicte somme. De ce faites tant qu'il nous appere de vostre bonne diligence, et pour certain nous avons ceste chouse bien à cuer, et, afin qu'il vous appere, nous avons scellées ces lettres de nostre signet, et les eussons signées de nostre propre main, mas (sic) nous avons esté un peu pesans et onquos puis nous n'en peusmes nulles signer. Donné au Lovrc lez Paris le xiu*^ jour de janvier.

« P. Michiel*. »

Le signet annoncé manque.

I. Le même jour, un mandement, dont la teneur était très peu difTércnte, fut adressé à Jean le Villain, trésorier des subsides de Normandie, pour presser l'envoi de ces lioo royaux d'or. 11 est analysé dans l'inventaire manuscrit de la collection Joursanvault. (British Muséum, Additional manuscripls, n.54o, n* 808.) V'oy. cidessus, t. Il, p. 3of) et n. 3.

22 mai i36o, Paris.

Lettres du régent fixant la part contributive des villes de Lille, Douai et LenSy dans le paiement du premier terme de la rançon du Roi,

(Arch. comm. de Douai, A\. iit,. — Parchemin. Vidimus contemporain.)

« Charles, ainsné fils du roy de France, régent le royaume, duc de Normandie et dauphin de Viennois. A nos amés et feauls conseillers inessire Sohier de Gand, chastellain du chastel de Lille, Jehan de Teuremonde, sergent d'armes de Monseigneur et de nous, Henry delà Vaquerie, messire Jehan Hanieres-, Pierre le Kitbault et le bailli de Lens en Artois, saulut et dilection. Gomme pour la délivrance de la personne de Monseigneur, laquele ijous desirons et devons désirer sur toutes choses, et pour la grant compassion que nous avons dou peuple du royaume de France, qui tant de persequcions et de tribulacions a souffert avant et depuis la prise de nostre dit seigneur, les quelles prise, persequcions et tribulacions, nous avons tous jours portés et encore portons en très grant amertume de cuer, nous, eue sour ce très grant et meure deliberacion, et qui par especial en avons esté priez et requis de noslre Saint Père le Pappe et de tout le Saint Gollege de Homme, eu regart aus choses dessus dites, aions fait pais et accord finales avec nostre cousin le roy d'Angleterpe, laquelle pais a esté jurée solempneement par pluseurs prelas, barons, nobles et clers, commis et esleuz d'une part et d'autre pour Iraictier et accorder la dite pais, et depuis aussi nous, et nostre cousin le prince de Gales, l'avons sollennement jurée, et pour icelle exécuter et accomplir avons pris trieves avecques nostre dit cousin et ses aidans et alliez jusques à la Saint-Michiel prochain venant, et de la dite Saint-Michiel jusques à un an, et par la dite pais ait esté accordé, entre les autres choses, que Monseigneur vendra et sera amenés à Calais dedens les trois sepmaines delà Saint-Jehan proçain venant au plus tart, la venue du quel, avecquez ce que elle est et doit estre naturelment aggreablc et joieuse à nous et à tous ses bons et loiaus subgez du dit roiaumc, est neccessairepour l'acomplissementde la dite pais et pourdeinourer le royaume de France en transquilité perpeluellQ, sus aucuns poins pesans et notables qui faillent à accomplir et les quelx par nule manière ne pevent prendre fin, ne avoir parfait acomplissement, se ce n'est par sa persone et en sa présence, et en ladite pais et accord, entre les autres choses, soit contenu et acordé que,

pour la délivrance de la personc de nostre dit seigneur et avant qu'il puisse partir de Calais pour plus avant venir ou dit royaume, nostre dit cousin le roy d'Angleterre aura et doit avoir VI' mil vies escus de Philippe, à paier dedans un mois après ce que nostre dit seigneur et père sera amenés à Calais, comme dit est, avecques pluseiirs autres grans charges, mises et frais qu'il nous convendra faire du nostre, tant pour ostaigos comme autrement, et ou cas que la dite somme ne seroil paiée entièrement, comme dit est, Monseigneur seroil ramenés en Angleterre, laquelle chose, que jà naviegne ! seroitàli, à nous et à tout le royaume très dommagavlc et très deshonorable, et tourneroit à perpétuel reproce et diffame de tout le dit royaume, et recommenceroient plus grans guerres et tribulacions que il n'ont encores esté, laquelle chose Dieux nevueille! pour laquelle somme d'argent plus prestement trouver nous avons parlé el eu conseil et deliberacion avec nos amez et feauls tous ceux de nostre lignage et de nostre dit Conseil estans par deçà, le prevost des marchans les eschevins et le bon commun et habitans de nostre bonne ville de Paris, et avisié certaines voies pour plus prestement avoir la dite somme, si comme en certainnes instructions sur ce faites vous verres estre contenu, et les dis prevost des marchans, bourgois et habilans de nostre dite bonne ville, perseverans en la très grant loiaulté, obéissance et amour que il ont tous jours eue à Monseigneur, à nous et à la couronne de France, si comme il l'ont prestement monstre de fait, de grant cuer et de très bonne voulenlé nous aient otlroiel et accordé à faire aide à Monseigneur de cent mille vies escus pour le paiement de la dite somme plus tost trouver, les quels il rendront au dit temps en la dile ville de Saint-Omer, combien que il aient assés souffert de mises et de charge | s] ou temps passé, des quelles il ont esté et sont encore très forment grevés, si comme nous le scavons certainement, et il soit certain que du demou- •rant des dis VP mille vies escus nous ne pourrions finer, se n'estoit par l'aide de nos bons, vrais et loyaux subgés des bonnes villes et plat païs de Monseigneur, de nous et de tout le dit royaume, nous, confiansdu scens, loialté et discrétions de vos persones, vous mandons et à chascun de vous commettons que,tantost et sens delay, toutes excusacions et autres choses arrière mises, vous vous transportés en la ville de Douay, en la ville de Lille en Flandres, en la ville de Lens en Artois, et aittes assembler tous les habitans des dites villes et des villes et lieux du pais d'environ, ou la plus grant et sainne partie d'iceulx, qui ont acoustumé à contribuer avec les dis habitans des dites villes de Lille, de Douay et de Lens, tant gens d'église comme nobles, et autres personnes quelconques, et leur exposés et monstres diligenment toutes

les choses dessus dites et chascune d'icelles, et les très grans biens et proffis qui de l'accomplissement de ces choses pueent venir, et aussi les très grans inconveniens, tribulacions, deshonneur et meschiés qui s'ensuiroient, se defTaut a, que jà n'aviegne! en l'acomplissement, et aus dessus dis requerés, commandés et enjoingniez de par Monseigneur et de par nous, sur toute la loialté et amour que il ont et doivent avoir à Monseigneur, à nous et à la couronne de France, que il aident prestement à Monseigneur pour sa dite délivrance, c'est assavoir la dite ville de Douay, de la somme de dix mille vies escus de Philippe, la ville de Lille en Flandres, de la somme de douze mille escus vies de Philippe, et la dite ville de Lens en Artois, de la somme de mil escus vies de Philippe dessus diz, par manière de prest, et que icelles il assient, cuillentet lievent de et sour chascun d'eux, le plus tost et le plus briefment que il pourront, si et par telle manière que sens faillir elles soient prestes en la dite ville de Saint-Omer, dedans le terme, dessus dit, ou plus lost, se estre peuet en aucune manière, car se plus tost povoit estre bailliée la dite somme de VP mille escus et plus tost seroit nostre dit seigneur délivrés, et nous avons fermé espérance que ceux des autres bonnes villes dou dit royaume sur chascunne des quelles nous avons semblablement ordené et imposé certainne somme jusques à la perfection du paiement des dis YP mille escus, au plus justement que par le conseil dessusdit peut estre fait, se hasteront le plus que il pourront de envoier au dit lieu les sommes à eulx imposées, comme dit est, si que, se Dieu plaist, il sera délivrés avant le dit terme, et n'est mie nostre entente que pour quelconque cause ou besoing qu'il puisse avenir, ne pour quelconque mandement qui en seroit fait par nous ou par autres quelconques, aucunne des dites sommes ou chose qui en soit levée soient baillées ne converties en quelconques autres usaiges, et se par aventure aucuns mandemens ou commandemens estoient fais au contraire, comment que fust, nous voulons qu'il n'y soit point obcy. Et si voulons que les dites sommes de dix mille escus, d'une part de douze mille escus et de mil escus d'autre part, que les dessus dis bailleront à cestefois prestement, comme dit est, leur soient rendues sur les aides qui, par le conseil et avis des dites gens des villes de Douay, de Lille et de Lens et du païs seront assises et ordenées pour la cause dessus dite. De faire ce que dit est et tout ce qui en puet deppendre, nous à vous et aux députés de par vous donnons plain pooir etauctorité, mandons à tous les subgé$ dé Monseigneur et de nous, requérons tous autres que à vous, en ce faisant, obéissent et entendent dilligemment et à vos députés, comme yl feroient à nostre propre personne, se nous y estiens presens, et voulons que le vidimus de ces présentes souzseel autentiqne

vaille original. En tesmoing de ce, nous avons fait mettre nostre secl à ces présentes. Donne à Paris le xxir jour de may l'an de grâce mil GCG et soixante. »

Sur le repli (« souz le ploy dossoubz ») :

u Par Monseigneur le Kegont, on son Conseil :

« J. le Mercier. »

Vidimus sous u le seel as causes » des doyen et chapitre de l'église de (i Saint Amct ou dyocesed'Arras ».

Au dos : « Vidimus des lettres de Monseigneur le duc del ordenance faicte sur le taxacion des bonnes villes de Tournay fstcj, Lille etDouay, pour la redempcion du Roy nossire. »

i8 juin i36o, Londres.

Lettre de Jean II aux habitants ou aux consuls de Montpellier, sur la conclusion de la paix et la nécessité d'envoyer hâtivement l'argent re- <iuis pour sa délivrance.

(Arch. comm. de Montpellier. Fonds du Grand Chartrier, D. XIX. — Original,

parchemin ; lettre close.)

« De par le Koy.

(( Très chers, feauls et bien amez, pour ce que nous tenons de certain que vous désirés bien oir nouvelles de nostre bon estât, savoir vous faisons que, quant ces lettres furent escriptes, nous estions en bone prospérité du corps, la grâce Nostre Seigneur, et sommes moult liez et joyeux en cuerdu traictiéde paix, qui est accordée et jurée entre nous et nostre cousin le roy d'Angleterre, à laquelle nous sommes consenti, à l'onneur et pour révérence de Dieu et de Sainte Eglise, pour le profit commun et de toute Grestienté, et pour le repos et transquilité de vous et de tous noz autres bons et loyaux subgez, plus que pour nostre délivrance, par lequel traitié il nous convient poier à nostre dit cousin sis cens mile escus viex avant nostre partir tie Calais, où nous serons, se Dieu plaist, dedenz la quinsaine de la Saint-Jehan prochaine, et ne tient ne tenra nostre délivrance à autre chose, la quele .somme nous ne porions paier se (sic : sansj vostre bone aide et de noz autres bons amis etsubgés. Si vous mandons, prions et requérons, si atrescertes comme plus poons, que à cest besoing, qui est si grant, si évident et si hastif, vous nous voeilliés monstrer de fait la grant amour, feallé et

vraie obéissance, que vous et vos prédécesseurs avez eus et avez trouvez à nous et à la courone de France, et nous faire aide, chascun selon son estât et la faculté de ses biens, la plus grant que vous pourez, et le' subside que vous nous ferés pour nostre dite délivrance nous envoiez hastivement à Calais, par certaines personnes notables, ou à Bruges, par aucune compaignie de marchans des parties de par delà, avec les deniers des subsides qui ont esté pieça levez et mis en depost. Si ne nous voeilliez mie falir à nostre si évident et notoire besoing, au quel nous apercevrons nos bons et feauls amis, car ce seroit grant domage à toute la Crestienté, se la dite pais, qui a esté faite ausi que par divin miracle, et nostre délivrance, estoient retardées ou empeschées par deffaut de finance, et aussi seroit grant blasme et vilenie à vous et à tous ceuls de nostre royaume, se par tel deffaut il nous convenoit retourner de Calais prisonnier en Angleterre. Donné à Londres le xviii« jour de juing.

« J. Royer. »

L'adresse manque. — Sceau de cire rouge au dos.

XXXÏX

28 octobre i36o, Calais.

Quittance des commissaires, désignés par Edouard J 11 pour recevoir le paiement des ^00.000 écus d'or, payés pour ta délivrance de Jean 11 : 1" de 2.222 écus, montant des frais de monnayage de 200.000 nobles d'A ngleterre, le paiement n'ayant été effectué ni en nobles d' Angleterre, ni en écus d'or; 2^ de 23 marcs d'or supplémentaires, pour la moinsvalue de 3U9 marcs et une once et demie, qui après coup ont été reconnus pour n* être pas d'or fin.

{Arch. nal., J. 689, n° G^'s. — Original, parchemin.)

(( Sachent tuit que nouz Henry Piquart et Jehan Maloyn *, bourgoiz de Londres, commis de par nostre sire le roy d'Engleterre à recevoir iiii' mille escuz d'or, dont les deux, valent un noble, pour le premier paiement de la rençon du roy de France, les quiex IIII'" escus d'or ont esté paiez au roy d'Engleterre, nostre dit seigneur, confessons avoir eu et receu de l'abbé de Saint-Bertin de Saint-Omer, pour l'ouvrage que

i.On rencontre plus fréquemment une forme Malewayn,Malwàyn. Cependant Maloyn, qu'on trouve ici et ailleurs, est justifié par une signature autographe (Brilish Muséum, Additional Charters, ii.Sag). Jean M. était « gouverneur » des marchands anglais de Flandre.

PIÈCES JUSTIFICATIVES t\l\b

deux cenz mille nobles eussent cousté à ouvrer, qui coustentpour cha*cune livre d'or d'Englelerre, des quiex il entre en la livre xlv nobles; demi escn pour livre, la somme de deux mille deux cens vint et deux cscus, xionl les deux valent un noble, pour ce que nostre dit seigneur le roy d'Engleterre devoit recevoir nobles ou les diz escuz pour le dit paiement, et le dit abbé n'avoit pas nobles, ne escuz monnoiez, pour faire le paiement dessus dit, Ainssi avons eu de lui ce que les diz nobles eussent cousté à ouvrer et monnoier ^

« Item, avons eu et receu du dit abbé vint et troys mars d'or, les quiex ont esté adjugés estre paiez pour l'empirance de trois cenz quarante et noeuf mars et une once et demie d'or, que le dit abbé nous avoit baillés pour or fin, et n'a pas esté trouvé fin, parle jugement et relacion de ceux qui ont esté commis de par le roy de France et de par le roy d'Engleterre, nostre dit seigneur, à faire l'essay et atrinement dudit or, le quel jugement et rapport a esté fait en la présence du conseil du roy de France et de nosire dit seigneur, le roy d'Engleterre, et fu approuvé par le cbancellier et conseil de France et par le chancellier et conseil d'Engleterre. Des quelles sommes de ii" ii' xxii escus et XXIII mars d'or, dessus diz, nous nous tenonz pour bien paiez et agréés et en quittons le dit roy de France, le dit abbé, et tous autres à qui quitance en peut et doit appartenir. Donné à Calais soubs nos seaulz le xxviii'' jour d'octobre l'an de grâce mil CGC soixante. »

Scellé de deux petits sceaux de cire rouge sur simple queue.

I. Un double de celte première quittance, sur papier, est conservé au Britisli Muséum (voy. la note précédente) et porte les signatures de H. Piquart et H. Maloyn.

i3 juin i363, Paris.

Mandement du duc de Normandie aux vicomtes de Bayeux et de Coutances, leur enjoignant de rembourser à Bertrand du Guesclin la somme de ^t. 500 francs dor, qu'il a prêtés et payés pour la délivrance du fort d'Aulnay, en vertu d'un accord fait avec les ennemis qui l'occupaient.

(Bibliothèque de Rouen. Collection Leber, n» 5G70. Original, parchemin,

jadis scellé.)

(( Charles, ainsné fîlz et lieutenant du roy de France, duc de Normendie et dalphin de Viennois. A noz viconles de Baiex et de Couslan-

ces, salut. Nous vous mandons, et à chascun de vous, que, des deniers des receptes à vous commises des aides ordonnées pour le fait de la guerre, vous bailliez, paiez et délivrez à nostre amé et féal chevalier, messire Bertran de Glaiquin,la somme de quatre mille cinq cens frans d'or, qu'il a prestez et paiez de ses deniers, pour cause du vuidement du fort de Aunay, par certain traittié et accort fait par lui et les genz du Conseil de Monseigneur et de nous, estans audit paiis, avecques les ennemis qui tenoient et occupoient le dit fort. Et par rapportant ces présentes, ou le vidimus d'icelles souz seel autentique, et lettres de recongnoissance du dit messire Bertran, de la dite somme, ou de ce que paie l'en sera, icelle somme ou ce que paie lui en aura esté, sera alloué es comptes de celui ou ceulz qui paie l'auront, sanz aucun contredit, non contreslant ordennances, mandemens ou deffenses faites ou à faire au contraire. Donné à Paris le xiii" jour de juing l'an de grâce mil CGC soixante et trois.

(( Par le Conseil estant à Paris.

« R. de Beaufou. »

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