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OCCUPATION DE MA:^TES ET DE MEULAN II

échoua. Toute cette partie de la ville demeura dans Tobéissance du régent qui se liàta d'y mettre une garnison *.

L'occupation de Meulan- et de Mantes ^, elTectuée par Charles le Mauvais et Philippe de Navarre, leur permit d'enlraver le ravitaillement de Paris par la basse Seine. Les deux frères étaient encore réunis le il août; ils firent ce jour-là une tentative infructueuse contre Pontoise, dont la grande église de Notre-Dame avait été fortifiée ^. Poussèrent-ils plus au nord et la prise de Greil est-elle due à Icjirs efforts combinés ? Rien n'autorise à le penser. Par suite de la soumission de Paris au régent, le but principal que s'était proposé le roi de Navarre était manqué, puisque tout espoir lui était enlevé de s'emparer de la capitale. Son armée ne pouvait et ne dut pas longtemps garder sa cohésion. Un noyau solide demeura dans la main de Philippe de Navarre ; le reste se fractionna en une quantité de bandes indépendantes, de a Gompaguies », qui, pour dominer le plat pays et mettre à contribution les villes closes, surent choisir, avec un flair

1. Lettre an comte do Savoie : « Et devant lequel chastel (de Mcliin) partie de noz genz sont à présent ». — Gr. Chr., VI, i38. - Voy. Bibl. nat., Glairambault, CIX, n" 65 (2 sept. i358).

2. Arch. nat., JJ. 90, fol. ()i''°-92, n° iGi^'s (Paris, juillet iSàg). Lettres de rémission pour Jacquet Bedin, qui s'était rendu auprès du roi de Navarre à Saint Denis : « Et ala tant le dit Jaquet eu la compaignie du roy de Navarre et de ses genz que il vint à Meullentet vit bien et apparçut que ledit roy de Navarre s'esloit rendu adversaire et ennemi de nostre dit seigneur et de nous ».

Meulan; Seine-et-Oise, arr' de Pontoise, ch.-l. de c'". — Paroisses de la prévôté et vicomte de Pontoise rançonnées aux Navarrais de Meulan ou d'ailleurs: Ableiges, Boissy l'Aillerie, Cergy, Gourcelles les-Boissy, Gourdimanche, Moulgeroult, Puiseux, Sagyla Ville, Santeuil, Villeneuve-Saint-Martin (Arch. nat., JJ. 8G, fol. i7r'-i73, n" 484 et 485. — S. Luce, Froissant, V, xxxvii. n. 2).

3. Arch. nat., JJ. 90, fol. 121", n° 224 (août 1359) : « ...pour lequel temps la dicte ville de Maante estoit bonne, obéissante, envers Monseigneur et nous, et depuis ce que le roy de Navarre s'est rendu nostre ennemi et que la dicte ville a esté en et soubz son obéissance, et qu'elle a esté prise et occupée et tenue par ledit roy de Navarre et ses gcn/ noz ennemis ». Gf. JJ. 86, fol. 70 et 216-217 ; n" 328 et 590.

4. Arch. ijat., JJ. 80, fol. 75, n" 228 (Paris, 28 août i358) : « ...oyc la supplication de Pierre Boyvin, bourgoys de Pontoi.sc, contenant que comme pource que tous jours il s'est loyalment portez envers nous en la garde de l'église Nostrc-Dame de Pontoise, en laquelle il estoit ce samedi onzaiine jour d'aoust quant le roy de Navarre et son frère furent devant, et ycellc église ait gardée comme capitaine, lui cinquaisme armé, puis la Saint-Martin d'ivcr, à ses propres coiiz et despenz senz autres gaigez etc. ».

Même registre, fol. 171'°, n''484 (octobre i358) : « ... la bonne ville de Pontoise, qui est vraie et pure française... ».

r3 LA GL'ERRE CONTRE I.E ROI DE N.VVARRE

remarquable, les points les pins favorables à occuper, ceux qui comniandaicnl le mieux quelque grande voie de communication.

C'est au commencement du mois d'août, que la forteresse de Creil, située dans une île de l'Oise, comme le château de Melun dans une île delà Seine S tomba aux mains d'un chevalier, dévoué de longue date aux Navarrais, opérant sur un terrain qui lui était familier, avec l'appui des membres de sa famille, tous inféodés à la même cause. J'entends parler de Robert de Picquigny, qui fut le premier capitaine navarrais de Creil, mais auquel ne tarda pas à se substituer un Anglais, Jean de Foderynghay, — le Jean Foudrigais des chroniques françaises et de nombreuses lettres de rémission. Cet ancien maréchal de Philippe de Navarre fit de Creil son fief et exploita toute la région de l'Oise avec une rapacité à la fois méthodique et brutale 2. Il s'enrichit ainsi prodigieusement, puisque le seul trafic des saufs-conduits lui aurait rapporté cent mille francs d'or 3, et qu'au mois d'octobre i359 il exigea, pour lâcher prise, c'est-à-dire pour rendre la place, une très grosse rançon, plus de six mille royaux d'or '*. Sa cruauté, la terreur qu'inspiraient ses menaces, avaient contraint les habitants des villages voisins de « se rançonner », c'est-à-dire de payer et d'entretenir eux-mêmes leurs bourreaux^. La vente des sàùfs-conduits était, on l'a

1. D' Hoursicr, Hisl. de la ville et chalellenie de (Jreil. Paris, A. Picard, i8i> 3, in-8%

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