‹ Histoire de CharlesChapitre 4 sur 301 · Voy. les textes cites pltis haut, p. 6, n. 3 et · texte numérisé non relu

Voy. les textes cites pltis haut, p. 6, n. 3 et

3. Froissant, V, 121 ; « De la ville de Crai sur Oise esloit souverains et chapitainhe uns appers chevaliers navarois durement, qui s'appelloit messires Fourdigais ; cilz donnoit les saus coniluis à toutes 'gens qui voloient aler de Paris à Noion. ou de Paris à Coinpiôgnc, ou de Compiègne à Soissons ou à Laon, et ensi sus les marces voisines ; et U valUrent bien li sauf conduit, le terme que il se tint à Cray, cent mil frans » .

f,. Gr. Chron., VI, iG3.

5. On trouve un grand nombre de lettres de remission pour des paroisses ou des maisons rtligicnses, obligées de payer rançon à la garnison de Creil. et aussi pour de simples particuliers, contraints par force de rester avec les gens de Foderynghay cl de les .servir. Rémissions pourles habilantsde Gouvieux (Oise ; arr' de Sentis, c" (Ir Creil), (jui se sont « raîironnez àargcntsculcmcnt»aux « ennemis de Monseigneur et de nous cl du royaumecstonsà Crcel, à une lieue près de la dicte ville de Gouvieux ou cn\ir()n, qui de jour en jour les pillaient et roboient, prenaient leurs corps et menaçaient d'ardoir la dicte ville, se il ne se runçonnoient à eulx... » (Arch nat., JJ. 8G, fol. i7«»**, n* '181; nov, i358|; — pour plusieurs habitants de Montataire (Arch. naL.JJ.go, rol.2()0"-io7.n*.'io7): pour ceux dePrccy-sur Oise {ibid.,J.l. io5,fol. i(jG"-i 97,11" 363); — pour les religieux de Uovaumonl (ibid., JJ. go, fol. no iio", n° 201) ; pour ceux de Sainl-Lcu d'Essercns, de Tordre de Cluny (même registre, fol. 101" loa, n° iSi). Hémissiuns pour ISIuhieu le Mire, t!:irurgicn, que les ennemis de Creil ont retenu

LES ANGLO-NAVARUAIS A CREII, F 3

VU, l'orl lucrative *. Ceux qui avaient réussi à en obtenir à prix d'argent, pouvaient trafiquer librement de toutes marchandises, mais les brigands, non moins avides d'objets de luxe que de belles armes, confisquaient impitoyablement et retenaient pour eux-mêmes les chapeaux de castor, les plumes d'autruche et les fers de lances -.

Les exactions de la garnison de Greil furent si répétées et si odieuses, que. dans le courant de l'année suivante (iSSg), elles provoqiicrent un soulèvement de la population rurale et un véritable éveil de l'esprit national. Les exploits de Guillaume l'Aloue et du Grand Ferré, contés par Jean de Venette, sont autre chose et plus qu'une diversion aux tristesses et aux humiliations d'une des périodes les plus sombres du xiv^ siècle. N'est-ce point la révolte de victimes, trop longtemps résignées à subir la loi de leurs oppresseurs, qui, en donnant confiance au régent, lui fera braver le péril d'une nouvelle guerre, conduite par Edouard III lui-même.^

Greil est comme un des anneaux d'une qjiaîne tendue autour de la capitale, pour l'affamer, et pour réduire le daupliinà l'impuissance. Le mois d'octobre ne s'est pas écoulé que le blocus de Paris est complet. Meaux, il est vrai, reste au régent et gêne les Anglo-Navarrais ; ils ne sont pas aussi maîtres du cours de la Marne qu'ils le sont de celai de l'Oise ou de la Seine. Mais ils ont réussi à atténuer ce désavantage par une double conquête : la prise de la petite forteresse d'Oissery, à trois lieues de Meaux, et l'occupation, à la Ferté-sous-Jouarre, d'une île, la situation topographique était la môme qu'à Melun et à Greil — oii se trouvait une u bonne tour ». qu'ils travaillèrent à rendre encore

de force au milieu d'eux (JJ. 90, fol. igA^-igS, n° 385), pour Odin le Fèvre, de Precy, qui a ferré leurs chevaux (même registre, fol. 4o'°, n" 82), pour Jean de Béthisy, clerc, qui a du faire les fonctions de scribe ou de secrétaire auprès de Foderynghay (JJ. 91, fol. iGC, n° Sig). La terreur avait naturellement rendu vaines toutes les défenses édictées par le régent : « Et pour ce qu'il a esté deffendu et publiquement crié de par mon dit seigneur et nous que iiulz ne feussenl osé d'eulx raen^onner, ne pour leur rcançon porter ne achninislrer vivres ne autres neccessitez à noz diz ennemis sur pairie d'ancourrc l'indignacion de mon dit seigneur et de nous, et d'estre reputez noz mal vuillanz et du royaume etc. ». (JJ. 90, fol. iio-iio'", n' 201 ; Paris, juin i359).

I. C'est un clerc originaire de Verberie, Jean de Bethisy, qui était obligé d'écrire ces saufs-conduits : « ... prefato Fudrigay in otficio scriptoris seu scribendi salvos conductus et alias litteras servire etc. u (Arcli. nat , JJ. yi, fol. iGG, n" 019).

j. Froissart, V, ia6. « Et cela tenoient il entérinement, excepte trois coses, capiaus de bevenes, plumes d'osterice et fiers de glavc; onques il ne veurent mettre ces trois jolielés ne acorder en leurs sans conduis ».

plus forle *. Ayant ainsi de solides points d'appui dans le bassin de la Marne, ils purent pousser leurs incursions très près de Paris. Le 8 janvier 1359, la garnison de la Ferlé-sous-Jouarre vint piller Lagny-sur- Marne et y faire des prisonniers 2.

Pliilippe de Navarre, homme d'action avant tout, ne s'était pas attardé dans les environs de Paris, où il n'estimait plus sa présence utile. Avec les éléments les plus solides et les plus stables de l'armée navarraisc, il était allé porter la guerre en Basse-Normandie. Il s'empara de Bernay, où il laissa une garnison, et de quelques autres places encore de moindre importance. Ne trouvant personne qui osât lui résister en rase campagne, il remonta vers la Haute-Normandie et parut sous les murs de Rouen avec ses trois mille combattants, recrutés un peu partout comme l'indiquent les noms de ses lieutenants : un Espagnol, Marlin ïïenriquez; un Anglais, Jean Jouel; et des Français, tels que « le jeune comte » d'Harcourt, Friquet de Fricamps et Régnant de Braquemont. Rouen n'était pas à la merci d'un coup #de main ; après quelques escarmouches plutôt heureuses, Philippe de Navarre revint à Mantes pour s'y ravitailler 3.

III. — Le mouvement navarrais s'était propagé avec une extrême rapidité dans tout le Nord de la France, particulièrement en Beauvaisi } et en Picardie. Là auSsri quelques forteresses, habilement choisies,

I. Gr. Chr., Yl, i4i : « Ou moys d'octobre cnsuyvant, chevauchèrent tout le pays de Mucien et pristrent une petite forteresse h deux lieues de Meaulx api)ellée Oissery, et tantost l'elTorcierent (sic : rcnforcierent?) et raençonnereiit le pays. Et pour avoir la rivière de Marne, ilz alercnt à la Ferté-soubz-juerre, et pristrent une isie en la quelle avoit une lx)nne tour, et tantost l'enforcieren t. Et ainsi orenl toutes les rivières qui venoient à Paris, etc. Et ainsy cstoit Paris assegic etc. »

Oissery : Scinc-et-Mame» arr* de Meaux, c°" de Dammarlin. — La Ferté-Sous-Jouarre : Scine-ct-Mamc, arr' de Meaux, ch.-l. de c".

D'après des lettres de rémission données en août iBSq, les Anglais seraient venus à la Kcrlé-sous-Jouarre le mardi avant la Saint-Martin d'hiver (G novembre) i358 (Arch. nat, JJ. «jo, fol. ii3, n' aoy).

2. (ir. Chron,, M, ittCt. A noter ce qui suit : « Et depuis alercnt en la dicte ville graiit nouihn- dd brigansqui csloicnt vcuuz de Milan (des Lombards aux gages du dauphin ot de la ville do Paris), qui gaslcrent la dicte ville par lelc manière que tous les liubilans de la dicte ville s'en partirent et donioura toute gaslée ». Ce .sont ces nicncnaircs rlraiigcrs <iue visent les mêmes Chroniques, en termes également peu llulteurs (VI, i^a-i/|3).

3. Cluun. f/«'.s ijiinlre premiers Valois. yS-8<). Tel me paraît avoir été la succession de> é\énenienls, «ar le récit «lu chronitpieur est assez décousu.

L AFFAIRE DE MAUCONSElL |5

tenaient en respect les habitants des bonnes villes et suffisaient à paralyser la vie d'une province : Mauconseil près de Noyon, la Hérelle au sud de Montdidier, et, à l'embouchure de la Somme, Saint-'Valery, dont l'occupation fut quelque peu postérieure*.

Entouré d'ennemis, n'ayant d'autres soldats que les troupes médiocres, qui suffisaient à peine à protéger Paris 2, incapable de lever une armée, parce que les impositions, consenties par les Parisiens pour obtenir leur pardon, étaient absorbées et au-delà parla défense de la ville 3, le régent se contentait d'encourager ou d'inspirer les résistances locales^. D'après Froissart, à qui il faut laisser la responsabilité de lasser-

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