‹ Histoire de CharlesChapitre 36 sur 301 · I. Gr. C/iron., VI · texte numérisé non relu

I. Gr. C/iron., VI

a. Reg. Vat.y'iZg, fol. 87(39 mai iSSy). LePape à Edouard 111. — Rymer, 111, i*p., 356 — « Bulla Innocenlii VI, papae, de gaudio propler tractatus nuper Burdegralœ habilos ; et piincta ad pacem spectantia, quasi concordata ; necnon de tanti boni conclusiono arbitrio Régis reservata ».

3. Heg. Vat., aSij, fol. yz" (Denifle, op. cit., i48, n. 1). Le Pape au roi Jean (39 mai même année) : « Instant dies, fili carissime, in quibus expeclata diutius et desiderata per amplius tua et carissimi in Christo filii nostri Edwardi régis Anglie illus- Iris concordia complenda speratur, et ven. fr. Talayrandus, episc. Albanensis, ac dilectus filius nostri Nicolaus, lituli sancti Vitalis presbiter cardinalis, ad hoc ipsum ducunt se in Angliam transfcrendos. » — Rymer, ibid., p. 357. « Pro cardinal ibus (Périgord et Capoccij id tractandum tenendum venturis (1" juin 1857). » Ils devaient venir en Angleterre aux environs de la Saint-Jean. — Cf. ibid. : « De conductu pro cardinalibus prsenotatis. » (3 juin).

4. Lettre précitée à Edouard 111 (29 mai) : « Cœterum cum, dilectus filius noster Pe- Irus, Basilics Duodecim Aposlolorum presbyter cardinalis, qui, pro parte dicti régis Francorum, unus fuit ex tractatoribus pacis hujusmodi (la trêve de Bordeaux et les conférences qui l'avaient précédée/, pro directione et consummatione felici tractatus pacis cjusdem ad partes ipsas ducat se prescntialitcr transferendum, nos screnita-

tcm tuam attente rogamus quatinus eundcm cardinalem.... bénigne recipias et digna honoriflcenlia proscquaris. » — Rymer, ibid., 358 « Pro altcro cardinali super tractatu pra^tacto »(i5juin).

5. Ils étaient attendus vers le a4 juin, comme le prouve la teneur des sauf-conduits. La même date se retrouve dans la lettre du comte d'Armagnac aux consuls de Nîmes (3o mari i357) : « ... et a saber la voluntat de (sic) Rey d'Anglaterra deus (sic/ esf'cr à la Saint Jehan- Baptiêta les dichz cardenals à Londres... » (Arch. commun, de Mme», LL. 2, fol. 2. — Ménard, HisL de Nîmes, 11, 184-186.)

tirer le plus d'avantage possible de sa victoire *. Sur quelles bases s'étaient déjà ouvertes et devaient se poursuivre les négociations ? Evidemment, les conditions de l'accord projeté étaient celles que nous retrouverons plus lard, en parlant du premier traité de Londres. Ceci ne paraît pas douteux, quoique tous les chroniqueurs — les anglais aussi bien que les français — soient muets à cet égard. Mais Knighlon laisse entrevoir, avec une clarté sufTisanle, à quel obstacle insurmontable les médiateurs vinrent se heurter au début de leur mission. Edouard III posa nettement la question dynastique, ce qui équivalait à une fin de non-recevoir. Vainement, les nonces du Pape lui avaient-ils offert d'importantes cessions de territoires, la restitution d'une grande partie des provinces qui avaient appartenu à ses ancêtres. La réponse du roi fut ou aurait été qu'à la vérité ces provinces avaient été enlevées à ses ancêtres, mais qu'il les reconquerrait quand il plairait à Dieu. 11 demandait, non sans hauteur, que l'entretien portât plutôt sur la couronne àe France, car c'est pour la revendiquer qu'il avait fait la guerre. A cela il n'y avait rien à répliquer. Edouard restait dans son rôle, mais en y persistant il se refusait par le fait même à toiit arrangement pacifique. Les cardinaux, un peu décontenancés, se bornèrent à répondre que leurs instructions ne leur permettaient pas de le suivre sur ce terrain, qu'il était nécessaire d'en référer au Pape pour connaître son sentiment. Les négociations furent donc interrompues; mais on convint qu'elles seraient reprises après la fête de la décollation de Sainl-Jean- Baptiste, c'est-à-dire dans les derniers jours du mois d'août i357 -.

Pendant la première année qu'il passa en Angleterre et jusque vers le milieu de l'année suivante, la captivité de Jean II fut très douce '^.

I. Knighlon, Cb.ronicon, 11, y/j-<j5 : a Qui (les trois cardinaux) cum ycnisscnt anlc regcni apud Wcslmonasterimn quasi in apparatu imperiali cl fcro viiltu tanquam Itonis, adoravcrnnt onm proni in Icrram.ct sic muUio allcrutris salutatis, regequc in calhcidra rcsidciitc. nnus corum sumpto Ihemate cœpit .praedicare. Tticma. //onor régis judicium diligit. Et post scrmonem cœpcrunt loqni de ncgolio iliocris siii, vidclicet qnod rcx Kdwardus fiabcrct omnca terras anlcccssorum siiorum, dum lamcii |)ax cl concordia iiilcr rcgcs mediaret. Ilcspondit rc\ brcviler (luod iiccl ^pso perdidcrat terras anlecessorum suorum pro teti\porc, ipso ea [sj recupcrarct ctijtEi Deiis volueril, et dixit cis ut lÔqucrentur de corona Franciaîquam ipso veudicavit. »

a. Knighlon, o/>. cl loc. cit. : « At illi (cardinales) rcspondcriinl commissioneni suani ad tain ardua negolia non extcndcre. El sic dilatum est ncgoliuai usque ad dccoUalionem S. Johannis donec milterclur papa? pro dicte negotio. »

3 V^oy. pour ce qui va sui\rc : Henri d'Orli''ans,duc d'Aumalo, IVoles et documents relatifs à Jean, roi de France, et à sa captivité en Angleterre, in-ia, lyo p. Extrait des Mélanges do la Pliilobiblon Society; Miscellaiiies (1855 t836), II, vi.

I/HÔTEL DE SAVOIK Qn

Eilouard III lui avait assigné pour résidence riiùtcl de Savoie, situé sur le Strand, en dehors de la « Cilé », el qui apparlenail au duc de Lancaslre'. Le roi de France pouvait ne pas s'y sentir trop prisonnier, quoique dès le début, et bien avant le revirement qui se produisit plus lard, la garde de sa personne eut été assurée de façon assez sérieuse pour prévenir une évasion ou un enlèvement-. Quoiqu'il en soit, le vaincu de Poitiers commen(:a par jouir à Londres d'une grande liberté. Jeune encore 3, insouciant, passionné pour la chasse, il avait loute latitude pour donner satisfaction à ses gouls^. H fut pli'iieurs fois l'hôlc d'Edouard \\l à Windsor^. Plus souvent encore, il reçut l'hospitalité au château de llcrlford ^, la dernière résidence de la reine douairière

I. Gr. Cfir., VI, 58 : « Elle dil roy de France cl le prince de Gales s'en alcrent à Londres là où le dit roy de France fu tenu prisonnier si largement comme il vouloit;caril avoilses gens, tels cl tanlcomme il vouloit, ctaloitesbalre et chacier loules foiz que il li plaisoil et estoit en un moult bel hostcl, au dehors de la dicte ville de Londres, qu'cstoit au duc de Lenclastrc, appelle Savoie ». — Cf. Froissarl, Chron., V, 83. — Rymcr, IV, i, Aoi-4o:î : « Ce fn fait en manoir de Savoie, es forboins fforbours) de Londres, lu vu jour de juillet l'an de grâce mil CGGLVIIl... »

L'hôtel ou palais de Savoie avait été construit, au xiir siècle, par Henri III pour son oncle Pierre de Savoie. La reine, Alicnor de Provence, avait pour mère Béalrix de Savoie, et les Savoyards curent un grand crédit à la cour d'Angleterre pendant le règne d'Henri III (F. Mugnier, Les Savoyards en Angleterre au XIII' siècle, Paris, Champion, 189G, in-8»).

Une indemnité fut payée par Edouard 111 au duc de Lancastre pour le séj(n«r de Jean 11 à l'hôtel de Savoie. — Voy. P. R. O., Issue Rolls, 3/i Edward III, Eas- Icr, n° 22li, m. 18; 11 juillet i3Go : « Henrico duci Lancastrie in denariis sibi liboralis, de dono Régis, pro reparacione et emendacionc domorum mancrii ejusdenv ducis de Sauvoie, in quo rex Ffrancic de mandato domini Régis morabatur, pcr brève de magno sigillo in mandatis de hoc tcrmino. . XXX libr. ».

■j. P. R. O., Issue Rolls, 32 Edw. lll, Michaelmas, n' aai, m. 2 (G octobre 1357) : a Waltero Norman pro xvii sociis suis nuper existentibus in bargia domini régis, tam pcr dicm quam pcr noctcm, super Tamisiam, prope le Sauvoye, pvo saha custodia Johannis de Flrancia régis, quolibet corum capienle per dieni m dcnarios... videlicet a secundo die scptcmbris proximo prcteriti usque xv" dicm septennbris proximo sequentem, per xiiii dies, utroque siccomputato etc. ».

Ibid"., membr. 4 (12 octobre); m. i5 (G nov.).

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