n'avait pas /io ans, étant né en i3iy
ft. Voy. le texte déjà cité des Grandes Chroniques. — Même témoignage dans Froissart : « Si aloit voler (chasser au vol), cacicr et déduire et prendre tous ses esbatemcns environ VVindcsorc, ensi que il li plaisoit, et messires Phclippcs ses filz ossi » (V, 8M.
5. II n'y eut jamais de translation proprement dite à Windsor, comme Froissart l'a supposé {Ihid.).
6. llerlford, capitale du comté du même nom, à a/i milles 1/2 au N. de Londres.
d'Angleterre, Isabelle de France, fille de Philippe le Bel et veuve d'Edouard II, qui n'était plus soumise à la captivité rigoureuse où elle avait été longtemps tenue ^ A Ilertford, où furent invités aussi les principaux seigneurs français, venus avec lui de Bordeaux, — Jacques de Bourbon, comte de Ponthieu, le sire d'Aubigny, le maréchal d'Audrehem, le comte de Tancarville, - Jean II rencontrait les comtesses de Pembrokc et de Warren, les amies les plus intimes de la reine, toutes deux apparentées à la famille royale d'Angleterre, et dont l'une, la comtesse de Pembroke, était une Française, de l'illustre maison de Ghâlillon2.
Partout les captifs français paraissent avoir été bien accueillis et avoir lié de nombreuses et agréables relations. « Avec sa réputation de brave et loyal chevalier, avec ses goûts, son caractère, le Roi ne pouvait manquer de plaire aux barons anglais ». Il n'y avait nulle animosité,
1. Elle s'était inslallcc à Heriford, au commencement de mars i357 : elle y devait mourir le 22 août i358. Elle venait, semble-t-il, du château de Rising. On trouve beaucoup de renseignements intéressants sur cette dernière période de son existence dans un manuscrit du Brltish Muséum (Cotlon., Galba, E, xiv), qui. contient le compte des dépenses de l'hôtel de la reine Isabelle, d'octobre iSBy à décembre i358 (il s'arrête peu de jours après ses funérailles, plus de trois mois après son décès). Ce manuscrit, très endommagé par le feu et d'une lecture pénible' à cause de l'ex- Irètno finesse de l'écriture, a été étudié et analysé par'M. Edw, A Bond dans VArcliœologia, t. XXXV, /ioS-ZiGg. Notices of the last days of Isahella, queen of Edward Ihe second, drawn from an account of the expenses of her household.
2. Duc d'Aumalc, op. cit., p. 32-33 et n. 16 : « Bcatrix d'Angleterre, fille de Henri 111, avait épousé Jean 11, duc de Bretagne; leur seconde fille, Marie, épousa Guy m, de Châlillon, comte de Saint-Paul. De ce mariage, était issue la comtesse de Pembroke qui nous occupe. Le mari de cotte dernière était son parent, assez proche, Aymar de Valence, d'une branche de la maison de Lusignan, fixée en Angleterre et aussi alliée à la famille royale. Cet Aymar de V^alence étant mort sans enfants, en i323, son titre de comte de Pembroke passa à son petit-neveu, Laurence Hastings, qui épousa Agnès, fille du célèbre Mortimer (Duchesne, Histoire de la maison de Chastillon; Dugdale, Baronage). Nous sommes entrés dans ces détails, parce que l'oxisterice simultanée de ces deux comtesses de Pembroke a donné lieu parfois à (juelque confusion ». M. Bond a vu dans la comtesse de Pembroke, Agnès, la petilenilc do Mortimer, supplicié au début du règne d'Kdouard III, et rapprochant sa présence à Ilertford des visites qu'y firent dans le même temps Roger Mortimer, le petit fils de l'ancien amant d'Isabelle et le comte de Salisbury, le beau -frère de ce même Roger, il on a conclu que la reine r.c répudiait pas les souvenirs de son passé (op. cit., ti'iù-lib'j). Jeanne, comtesse de Warren, née vers 1295, avait épousé Jean, dernier comte de Warren et de Surrçy , mais ce mariage avait été dissous de bonne heure (Duc d'Aumale, op. cit., p. 32 et n. i5. — Bond, op. cit., p. 450).
NÉGOCIATIONS POUR LA PAIX 5lJ
il y avait presque conformité de langue et d'habitudes entre les gentilshommes des deux nations *.
La présence du roi de France et de tant de prisonniers illustres rehaussait l'éclat de la cour d'Edouard 111. La félc de Noël (i357) et celle du 1" janvier (i358), célébrées la première à Marlborough, la seconde à Bristol, furent très brillantes-. A Bristol, il y eut un tournoi de nuit, dont la splendeur n'avait jamais été égalée. Le Parlement, qui se tint à Londres au mois de février i358, attira beaucoup d'étrangers, — Français et Ecossais, — à ses séances. Depuis des siècles on n'avait vu une assemblée aussi nombreuse, ni aussi solennelle.
111. — Tandis qu'Edouard 111 affichait, par un faste inusité, l'orgueil d'une victoire, plus complète qu'il n'eût osé la rêver, l'œuvre poursuivie par le Pape faisait de grands progrès. Pendant les premiers mois de l'anqée i358, les légats crurent toucher au but, et, peu après Pâques, une nouvelle fête, plus magnifique que les autres, donna le spectacle public et voulu de l'amitié des deux rois, en même temps qu'elle annonçait une paix prochaine'^.
Les négociations, momentanément suspendues au début de l'été ( 1 357) et dont la reprise avait été, d'un commun accord, ajournée à la fin du mois d'août, recommencèrent, en effet, à cette époque, ou du moins on fit le nécessaire pour quelles pussent être renouées. Le 2 1 août, le roi d'Angleterre délivrait des sauf-conduits à trois conseillers de Jean 11 : Etienne de Paris, Jean de Champcaux et Régnant d'Acy, ainsi qu'au secrétaire ou notaire royal qui les accompagnait. Vers le même temps, l'évêque de Thérouanne, Gilles Aycelin de Montaigu,qui avait succédé en qualité de chancelier à Pierre de la Forêt, passait également en An-
1. Duc d'Aumale, op. cit., p. 3i. — On a fait observer très justement qu'à cette époque, « en Angleterre, n'importe quel chevalier français se sentait plus près d'un chevalier anglais que de l'homme du peuple de sa propre race » (Mary Darmestcter, Froissart, dans Les Grands écrivains français, Paris, Haciictte, i8y^i, in- 18, p. aS).
2. Eulogiam historiarum, 111, 327 : « Hoc anno cum miillis captivis rex Angliaî et regina festum Natalis Domini apud*Marleberge solemaizaverunt. Et in circumcisione Domini versus Bristolliam diriguntur, et ibi facta sunt hastiludia nocturna, qualia non sunt ante visa prœ nimio honore et magnificentia. Eodem anno parlia menlum tentum est Londoniis nonas(?) februarii valde magnum cura multis extraneis de Francia et de Scocia, quale non fuit ad annos ducentos ».
Marlborough ; comté de Wills; 24 m. N. de Salisbury, 7/1 m. O. de Londres. — Bristol ; comtés de Gloucester et de Sommersel; 118 m. 0. de Londres.